ÉPITRE (1 PIERRE, II, 1M
Je VOUS exhorte, mes bien-aimés, à vous abstenir » comme étrangers et voyageurs en ce monde, des désirs charnels qui combattent contre l'âme. Conduisez-vous parmi les gentils d'une manière édifiante, afin que, au lieu de médire de vous, comme si vous faisiez le mal^ils soteirt portés, par les bonnes œuvres qu'ils vous vcf^ ront faire, à rendre gloire à Dieu au jour de sa visite. Soyez donc soumis pour l'amour de Dieu à toutes sortes de personnes, soit au roi comme au souverain, soit aux gouverneurs comme à des hommes envoyés par lui pour punir ceux qui font mal^t récompenser ceux qui font bien. Car la volonté de Dieu est que par votre bonne conduite vous fermiez la bouche aux ignorants et aux insensés, étant libres, non pour vous servir de votre liberté comme d'un voile à votre malice, mais pour agir en serviteurs de Dieu. Rendez à tous l'honneur qui leur
est dû; aimez vos frères; craignez Dieo; respectez le rw. Scnriteurs, soyez soumis à vos mattres avec crainte , non-seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont rudes et fâcheux; car ce qui est agréable à Dieu c'est que y dans la vue de lui plaire , nous supportions patiemment les injustices.
Ce que l'Apfrtre recommandait aux païens con- TMlis de son temps, qui tivaient an miliea des iiAi^as, s'a]^Hqiie tout aussi bien aux chrétiens i» nos jour», mêlés à la multitude des hommes sans foi, sans religion ou sans pratique pieuse d'aucon genre, qui remplissent le monde. Eux Missi sont toujours prêts à nous accuser de toutes sortes de mal , à nous poursuivre de leurs médisances et de leurs calomnies, comme s'ils croyaient se justifier en nous trouvant coupables et que nos bxi9& fassent une ^cuse de leur indifférence ou jk leur impiété. Ils ont au moins le prétexte ^oeux de dire, dans les cas où nous ayons le malheur de nous conduire comme eux : voyez, à quoi sert la religion, puisque ceux qui la pratiquent le ' plus exactement ne valent pas mieux que les autres, et vivent comme ceux qui n'en ont pas! C'est pourquoi l'Apôtre nous recommande de ne point nous abandonner aux désirs de la chair, qui combattent
contre l'âme, d'abord parce qu'étant étrangers en ce monde et le traversant comme des voyageurs, nous ne pouvons que perdre notre vie k nous y arrêter, k nous y attacher : ce qui nous éloigne de la patrie véritable; puis pour ôter tout prétexte à la mauvaise volonté des ennemis de Jésus- Christ, et les disposer au contraire à recevoir la grâce, quand elle les visitera, par l'édification de nos bonnes œuvres. Alors l'Apôtre nous rappelle sommairement à l'observation de tous nos devoirs, envers Dieu d'abord par la crainte et par l'amour; puis envers les hommes et toutes sortes de personnes à cause de Dieu : envers les princes» doAt l'autorité vient d'en haut; envers leurs délégués,, chargés de punir les méchants et de récompenser les bons; envers tous les hommes, parce qu'ils sont nos frères à double titre, par la nature et par la grâce, c'est-à-dire membres du même corps naturel qui est le genre humain, et membres aussi du corps spirituel, qui est l'Église. Que les inférieurs obéissent à leurs supérieurs , les serviteurs et les esclaves à leurs maîtres, même à ceux qui les traitent durement; car la grâce est justement dans le support des puffrances injustes et des peines imméritées.
mOISIÈMB DIMANCHE APRÈS PAQUES. 2^7 EVANGILE SELON SAINT JEAN, XVI, l^Zt.
Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et un peu de temps encore et vous me reverrez, parce que je vais à mon Père. Sur cela quelques-uns de ses disciples se dirent les uns aux autres : Que veut- il nous dire par là : Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et un peu de temps encore et vous me reverrez, parce que je vais à mon Père? Ils éîiatent donc : Que signifie cela : Encore un petride temps? nous ne savons ce qu'il veut dire. Mais Jésus, connaissant qu'ils voulaient l'interroger, leur dit ; Vous vous demandez les uns aux autres ce que j'ai voulu dire par ces paroles : Eocore un peu de temps et vous ne nie verrez plus, et un peu de temps encore et ^ns me reverrez. En vérité, en vérité, je vous te dis, vous pleurerez et vous gémirez, vous, et le monde se réjouira. Vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. Quand une femme enfante, elle est dans la douleur, parce que son heure est venue; Daais après qu'elle a mis au monde un fils, elle
ne se souvient plus de ses souffrances à cause de la joie qu'elle ressent d*avoîr mis un homme au monde. C'est ainsi que vous êtes maintenant dans la tristesse. Mais je vous reverrai; alors votre cœur se réjouira et personne ne vous ravira votre joie.
D'après les interprétations des saints Pères et des Docteurs, le peu de temps dont parle ici Notre- Seigneur s'appliqtie à 3eux époques : d'abord au temps de sa mort, qtii va Tenlever à leurs regards, et alors ils pleuF^t)nt et gémiront , pendant q^e le monde, c'est-k-dire les ennemis de Jésas-Chris% sera dans la jde. Mas^ quelques jours après il reparaîtra au milieu d'eux dans le cénacle, et il passera quarante jours à les instruire el à les fortifier par sa parole, jusqu'au moment où il retournera vers son Père par son ascension. Saint Au-* gustîn entend le peu de temps, où les disciples seront privés de la vue de leur maître, de la durét du inoude jusqu'à la consommation des siècles: durée qui semble longue pendant qu'elle s'écoule^ mais qui ne paraîtra rien qi^and elle sera passée. Or, jusqu'à la fin du monde Jes disciples de Jésus- Christ auront à combattre et à soufirir sur la terre, pendant que les ennemis de Dieu chercheront à s'y réjouir de toutes manières et par tous les
TROISIÈME DOTMAISïCHE APBÈS PAQUES. fi99
moyens. Et pour leur faire comprendre le but de ces tribulations y qui est de les renouveler par Yéfimve et de les enfanter à la vie étemeUe, ce qpif comme tout enfantement, ne peut se faire que dans la douleur, Jésus-Christ emplwe ici la comparaison de la femme qui met an jour un Iiomme au milieu des angoisses, mais dont les tourments sont adoucis par Tespérance d'être mère, et couronnés par son triomphe d'avoir mis un homme au monde. Cette femme toujours dans les douleurs et dans la joie de la maternité, c'est l'Elise ^ qui ^famte à Dieu des efiiknts spirituels au milieu des persécutions sans cesse renaissantes, et dans une tnbulation qui ne cesse point. C'est avec r£glise, la mère féconde des enfants de Dieu, toute âme chrétienne qui a reçu au baptême le germe de la vie divine, lequel doit se développer en elle au milieu des contradictions et des orages de la terre, pour y reproduire et y former l'homme nouveau, l'homme du ciel et de Téternité, Jésus-Christ lui-même,, qui vivra dans la créature régénérée, et dont elle ne pourra plus être séparée, parce que, dès qu'elle a pu le conndtre et le servir, elle s'est donnée à lui librement, avec prédilection, dans toute la plénitude de sa connaissance, de sa volonté et de son amour.
PRATIQUE
N'oublions jamais que les eûxmis et les contradictions de ce monde sont les conditions de l'épreuve par laquelle notre âme doit passer pour se dégager des liens de la terre et retourner vers Dieu. L'espoir de revoir Jésus Christ et de lui être uni nous soutiendra au milieu des ténèbres et des douleurs de la trîbulation, qui n'auront gu'un temps.
PRIÈRE
Seigneur, que votre grâce détache mon oosar de la terre, et qu'elle soumette mon esprit et ma volonté i tout ce qui exige de moi l'obéissance à vos saints commandements !
ÉPITRE (Jacques, I, 17-21).
Toute grâce excellente et tout don parfait vientd'en haut et descend du Père des lumières, en qui il n'y a ni changement ni ombre de* variation. Il a bien voulu nous engendrer par la parole de la vérité , afin que nous fussions comme la première de ses créatures. Vous savez toutes ces choses, mes très-chers frères. Que chacun de vous soit donc prompt à écouter, lent à parler, et lent à se mettre en colère. Car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu. C'est pourquoi , rejetant toute impureté et l'excès de la malice , recevez avec soumission la parole qui vous a été annoncée et qui peut sauver vos âmes. ,
Le bat de cette épitre est de noas porter à recevoir la grâce de Dieu implantée dans notre âme comme une greffe du ciel, qui y a inséré la vie ^vine par le sacrement de la régénération^ et qui,
en continuant à la nourrir et à la cultiver par la prédication, opérera notre salut, c'est-à-dire nous unira indissolublement à Dieu par Jésus-Ghrist^ si nous sommes fidèles à l'écouter et à la suivre. Mais pour cela il faut que nous rejetions l'impureté et l'excès de la malice : l'impureté qui vient 'des sens et de leur concupiscence , en sorte que Tâme qui s'y abandonne , envahie par les attraits «eçsuels, par les instincts grossiers du corps, n'a plus de goût pour les choses spirituelles et ne les comprend plus : l'excès de la malice, qui est iem Tégoïsme par lequel le moi humain se préfèi» t tout, parce qu'il s'aime par-dessus iovXy fksBqm Ddeu dont la loi le gêne, plus que toutes les créa* tures qu'il n'aime que pour lui. Sachez donc, dà l'Apôtre, tenir en bride vos sens et leurs instincts, l'imagination, les passions, la raison propre et l'orçueil de la volonté, qui vous poussent à agir sans mesure, à parler beaucoup, à écouter peu, et à vous> niettre en colère contre ce qui vous Choque ou vous résiste. Et en efiiet, en revenant sur nous-mêmes, nous remarquerons combien, soit par légèreté ou imprudence, ,soit par confiance ou vaine complaisance en nous-mêmes, nous nous laissons aller à parler trop souvent sans savoir ce que nous disons, et uniquement pour imposer aux autres nos opinions, no& senti* Boents, ou les occuper de nous,- ^'au Gonfarrire
QUATWÈME DIMANCHE APRÈS PAQDES. 303
nous ayons de la peine à nons taire pour écouter tes antres, ee qui est cependant le seol moyen de fdàë&tàtê ; et enfin qii*il faut bien peu poor nous imter eostf» les komaaes et les choses. Alors BM6 n'agissons {Jus par la direction de la raiscm onde la conscience dans la vue de la vérité , de la JQStiee et du bien, mais sous la pression de la colère, ou de la passion malveillante qui aveugle Fesprit et emporte la volonté. C'est pourquoi FApfttre dit que la colère n'accomplit point la JMtiee de Dieu. Donc, si nous voulons sauver B«Ére âme, fuyons l'impureté^ abjurons l'égoîsme, gaidcms^uoos de la colère^ parlons peu, écoutons volontiers, et surtout la parole de Dieu, qui par la foi nous met en rapport vivant avec le Père des lumières, avec le Principe immuable et indéfecti- Ue de toute perfection.
Jésus dit à ses disciples : Maintenant je vais à Celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande où je vais- Mais parce que je vous ai dit ces choses^ la tristesse a rempli votre cœur. Gepeadant, je vous dis la vérité, il vous est avantageux que je m'ea aille : car, si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra point
à VOUS ; mais si je m'en vais, je vous TenverraL Et lorsqu'il sera venu , il convaincra le moixte du péché, de la justice et du jugement. Da péché, parce qu'ils n'ont pas cru en moi ; de te justice , parce que je vais à mon Père et qi^' vous ne me verrez plus ; du jugement , parce que le prince de ce monde est déjà jugé. J'ai encore beaucoup de choses à vous dire , maifr i vous ne pouvez les porter présentement. Quaad l'Esprit de vérité sera venu, il vous enëeigûeiW i toute vérité ; car il ne parlera point de lui- ; même, mais il dira tout ce qu'il aura entend* ) et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui vient de moi , et il vous l'annoncera. Tout ce qu'a? mon Père est à moi. C'est pourquoi je vous ai ., dit qu il recevra de ce qui est à moi et vous . l'annoncera.
Le Sauveur, après être retourné par son ascension vers Celui dont il avait reçu sa mission, ssàs an ciel à la droite du Père , a envoyé le Sàint-Es^ prit aux apôtres, comme il le leur avait promis, pour leur enseigner toute vérité, et leur expliquer tout ce qu'il leur avait dit. L'Église a été fondée
par h descente da Saint-Esprit dans le cënacle, oii ieséisetplesi unis dans une même foi et un même ai^fur, se sont mis à parler toutes les langues: sjpiobole d'une Église universelle, une et la même diez tous les peuples, dans toutes les parties de la terre, et sous les formes si diverses de l'humanité . et de la civilisation. Depuis ce temps l'Esprit de vérité parie par TÉglise qu'il inspire ou assiste,. et e'«st par elle qu'il a convaincu le monde tou* dumt le péché, touchant la justice et touchant le jïgement.
. i" Touchant le péché, car avant renseignement de r£glise le monde n'avait point une connaissance exacte et sûre de la nature du mal et par conséquent du péché. Chez les païens le bien et le mal sont confondus dans les spéculations des philosorbes comme dans l'idolâtrie des peuples. Toutes les passions, même les plus grossières, y sont di* riniées, et il n'y a point do crime sur la terre qui n'ait son modèle ou son apologie dans le ciel. L*Eglise a appris au monde que le péché consiste à ne point accepter, à ne point observer la loi de I^iea, laquelle a été révélée par la parole éternelle, P» le Verbe divin, par le Fils de Dieu fait homme, <FÛ est Jésus-Christ. Donc le péché du monde est de ne point croire à Jésus-Christ, le Verbe éter^ ^el» parlant dans l'origine au premier homme, puis par les patriarches, par Moïse, par les pro-
phètes, et enfin immédiatement et personnellemeiÉ aux juifs, q,ni n'ent pas yonlu croire en hd. G'Ml au nom de Jésus-Ghrist et par la foi en sa pamk que rÉglise promet le salut à ses enfants, et les délivre du péché et de la mort. Elle leur demande^ •comme Jésus à Pierre : Que dites-vous que je suis? Et tous ceux qui ne répondent point : « Vw» êtes rÉglise du Dieu vivant et vous avez^Ies pardw de la vie éternelle, » elle les laisse ^tns leurs pé* chés, c'est-à-dire dans les ténèbf es et dans Tombii de la mort.
2« Touchant la justice, parce que je vais à mm Père et que vous ne me verrez plus.
C'est TEsprit-Saint, parlant par l'Église, qui* révélé au monde comment le crime de Thonime envers Dieu a été réparé par le sacrifice du Ré* dempteur, et l'étemelle justice rétablie par la restitution complète de la volonté humaine à la volonté divine; ce qui a été accompli par le sacrifice de Jésus^hrist, qui a daigné revêtir k nature humaine, pour en expier la révolte par l'obéissance jusqu'à la mort et jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi Jésus dit à ses apôtres qu'il va vers son Père. H lui ramène l'humanité régénérée en sa personne par son immolation volontaire. Il va avec elle à son Père, la lui rapportant pure et transfigurée; n&ais il y va en passant par la voie douloureuse, par le Calvaire et par la
OCATWÈME DIMAIÎCHE APRÈS PAQUES. 307
enàz. 0 mystère adorable ! nous avons été jnstifife par Teffosion de son sang^ et Tordre a été tietohensement restauré ^ parce qn'il est retourné kson Père à travers les souffrances de Texpiation, l%Dmo2ation de &*Hrictime, et le triomphe de la mari sur la mort. Nous ne connaissons donc la iMable justice que par le Saint-Esprit, nous ens^ant par TÉglise le sens et la portée du sacri- &e de THomme-Dieu, et nous ne pouvons partidp» à cette justification souveraine qu'en prenant part, selon nos forces, aux douleurs et à la mort ifû Tout effectuée. Aussi on ne devient un vrai £sciple de Jésus- Chnst que par le renoncement à soi-même et le portement de la croix.
3* Touchant le jugement, parce que le prince de a monde est déjà jugé .
Il est jugé par la vie et la mort de Jésus-Christ qni, comme dit saint Paul (Col., H, 25), a dépooillé de leur domination les puissances de l'air, 6t a passé triomphalement à travers le monde. Satan, qui s'était emparé du monde par ruse en séduisant et subjuguant le cœur de Thomme, a (të vaincu par la parole , la vertu et la mort du libérateur. Il a été jugé par la présence même du Christ, et' précipité par son apparition comme les ténèbres devant la lumière ; aussi Jésus dit à ' ses disciples : Ayez confiance , j'ai vaincu le monde. (Jean, VI, 33.) Et quand il leur communique sa
puissance sur les mauvais esprits, qu'ils chasseront en son nom, il s'écrie : J'ai vu Satan tombant du ciel comme la foudre. (Luc, X, 18.) A l'heure de sa mort son sang divin qui pénètre la terre en fait sortir les puissances des ténèbres, qui en couvrent un moment la surface, et depuis ce temps l'Église et les saints chassent le démon avec empire par le signe de la croix ou les paroles des exorcismes au nom du Dieu fait homme. C'est ainsi que nous serons jugés nous-mêmes, suivant ce qu'il restera de Satan en nous , ou qu'il en sera chassé par Jésus- Christ en vertu de notre foi en sa parole, et surtout si sa vie pénètre et transforme la nôtre par la manr ducation de sa chair et l'absorption de son sang. C'est là le vrai jugement, le jugement définitif qm s'accomplira spontanément, quand les hommes comparaîtront devant Dieu ; car alors par la seule efficacité de la lumière divine, la séparation du bien et du mal se fera comme d'elle-même dans leurs œuvres, dans tout ce qui sera sorti d'eux, dans leur vie entière. Ce qui est venu de Dieu retournera à Dieu, et au démon ce qui lui appartient, ce qui s'est donné à lui. Ainsi au jour solennel de la réparation universelle le Saint-Esprit convaincra le monde et toutes les créatures de la vérité et de la justice du jugement de Dieu.
PRATIQUE
En écoutant toujours la parole de TÉglise , nous Sommes certains de n'agir que par la motion de l*Esprit-Saiot qui la dirige, et alors nous trouverons dans ses décisions la confirmation ou le redressement des dictées de notre conscience.
PRIERE
0 mon Dieu, guidez mes pas dans la voie de vos commandements et de ceux de votre Ég'ise, afin que ma raison n'obscurcisse point en moi les vérités du salut, que ma propre volonté ne s'oppose jamais à la vôtre, et que je ne fasse rien qui puisse éloigner ïotre grâce et contrister le Saint-Esprit. Par Jésus- Christ, etc.
fiPITRE (Jacques, I, 22-2Î).
Ayez soin de mettre en pratique la parole de Dieu, et ne vous contentez pas de l'écouter en vous trompant vous-mêmes. Car celui qui écoute la parole sans la pratiquer, est semblable à un homme qui considère son visage dans m miroir et qui, après s*étre regardé , s'en va et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qé examine sérieusement la loi parfaite, qui est la loi de la liberté, et qui s'y attache, celui-là n'écoutanf pas seulement pour oublier tout de suite, mais faisant ce qu'il écoute, trouvera son bonheur dans ce qu'il fait. Si quelqu'un croit avoir de la religion et ne met pas un frein à sa langue, et se laisse aller aux séductions de son cœur, sa religion est vaine. La religion pure et sans tache aux yeux de Dieu , notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans» leur affliction et à se préserver de la corruption du siècle.
CINQUIÈME BIMANCHË APRÈS PAQU£S« 311
L'apôtre saint Jacques, qui affirme dans le chapitre suivant de son Épître que la foi est morte sans les œuvres, qu'elle est comme un corps sans âme, et qu'elle ne peut se prouver que par les actes qui la réalisent, nous rappelle ici qu'il ne suffit point d'écouter et de goûter la parole divine pour être un disciple de Jésus-Christ, mais qu'il iiaat encore la mettre en pratique dans sa vie de tous les jours , parce qu'alors la parole ne restant pis dans la tête ou dans l'imagination , s'infuse dans la volonté, dans le cœur, dans toute la pers«me oà elle répand ses vertus. C'est pourquoi cdoi qui fait ce qui lui est enseigné et ce qu'il éeoute trouve son bonheur dans son action. La hi parfaite de liberté, c'est-à-dire la loi mosaïque perfectionnée par l'Évangile, et dont le but est de délivrer complètement l'homme du mal, est comme on miroir où nous voyons, à l'aide de la lumière divine, nos misères et nos imperfections. Si nous n'y jetons qu'un coup d'œil en passant, sans réfléchir à ce que nous avons aperçu, nous l'oublions bieur tôt, et ainsi cela ne sert aucunement à nous amender. Mais celui qui y arrête ses regards, et les fixe longtemps sur ce qui lui est présenté, est porté par sa raison et par sa conscience à mettre sa conduite, en harmonie avec ce que la loi recommande. Comi>iea de personnes se croient pieuses et même avancées dans la piété, parce qu'elles trouvent du
plaisir à lire la parole sainte.et à la glorifier, préférant aussi les livres de spiritualité à tous les autres, mais s'inquiétant peu, pourvu qu'elles en jouissent dans leur esprit, de les appliquer à leur conduite. Illusion fatale, qui s'attache à leur perfection spéculative ou imaginaire , qui est presque tout entière dans les pensées , dans les images et j dan§ les mots ! On se croit très -affermi dans la dé- | votion, parce qu'on en accomplit exactement les | observances extérieures et qu'on fréquente assi- ! dûment l'Église, et Ton ne sait pas retenir sa lan- i gue. On parle sans cesse de charité, de l'amour de \ Dieu et du prochain, et l'on dénigre, on rabaisse , les autres en mainte occasion par la médisance <m même par la calomnie. On voudrait en paroles trouver des remèdes à tous les maux du 'genre humain, afin qu'il n'y eût plus de souffrance ni de misère sur là terre, et, en attendant, on ne voit pas ou on délaisse les afflictions de la veuve et de l'orphelin qui sont à la porte. On vante, on exalte dans le discours la pureté des saints, qui vivant en ce monde comme les anges, élevant leur cœur au-dessus de la corruption du siècle, et avec ces belles paroles on reste dans la vie du monde, dominé par son esprit, préoccupé de ses vanités. On cherche k servir les deux maîtres k la fois, et; comme dit le Sauveur, on ne réussit qu'à déplaire à l'un et à l'autre. (Matth., VI, 24.) C'est la reli-
gion stérile des gens du monde qui veulent parsQtre chrétiens, ou des chrétiens qui ne veulent point renoncer à être des hommes du monde.
En vérité, en vérité , je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez , alBn que votre joie soit complète. Je TOUS ai dit ces choses en paraboles. Le temps vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais je vous parlerai ouvertement de mon Père. En ce jour-là vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis point que je prierai mon Père pour vous. Car mon Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti de mon Père et je suis venu dans le monde ; maintenant je laisse le monde et je retourne à mon Père. Ses disciples lui dirent : maintenant vous parlez ouvertement et vous ne vous servez plus de paraboles. Nous voyons bien à présent <lae vous savez toutes choses et qu'il n'est pas
.314 CINQUIÈME DIMANCHE APRÈS PAQUfiS.
besoin qu'on vous interroge; c'est pour cela que nous croyons que tous êtes sorti de Dieu.
j^ésus, au moment de quitter ses disciples, leur donne une nouvelle preuve de son amour et de sa sollicitude. Il leur apprend comment ils doivent prier pour être exaucés , et afin que leur joie soit complète : « Demandez et vous recevrez. » (Matlh., Vn, 7.) Toute demande sera-t-elle exaucée? N'y en a*t*il point d'indiscrètes, dliBpmdenteSy d'inconvenantes? Et le plus souvent leur succès ne serait*41 pas un malheur pour coo^ qui les forment? De là les mécomptes de ceux qui prient avec une foi faible, mais avec un désir vif et très-humain d'obtenir ce qu'ils demandent. S'ilsne réussissent point, ils se découragent de la prière, ils la calomnient et la délaissent. L'incrédulité ou l'indifférence est le résultat le plus ordinaire de cette mauvaise manière de prier. C'est pourquoi le Seigneur nous a dit comment il faut prier pour êU« exaucés. C'est en son nom que nous devons noos adresser à Dieu^ ce qui suppose la foi en ce nom sacré, la foi en celui qu'il représente, en Jésus- Christ comme Fils de Dieu. « Mon Père vous aime, dit-il à ses disciples, parce que vous croyez que je suis sorti de Dieu. » La foi au Verbe incamé, an Dieu fait homme pour êtro le miédiateur entre la divinité et l'humunité, le EéddmptearderhDnui»
CINQUIÈME DMANCHB APRÈS PAQUES. 3l^
liéchii M tombé dans l'escliitage du prince dn malt CMoi qui a le Fils a la Vie. La vie étemelle d« Père est dans son Fils. » (1 Jean, I, 11.) D ftttt demander avec nne foi ferme. < Demandez wm une foi qui n'hésite pas, dit l'apôtre saint Jaques. (Jacq., I, 6.) Car celui qui hésite est semilaÛe au flot de la mer ballottée par le vent. » Atissi Jésus disait-il à ceux qui se présentai^it à M pour être fuéris : « Pouvez-vous croire? ^ et «teaite : « Qu'il vous soit fait selon votre foil »
deux -^ là seuls peuvent prier avec assurance «û ^n nom, c'est-à-dire en union d'esprit et de cœur avec lui et pour obtenir par lui, ce qui implique qu'on ne demande rien qui ne lui soit agréable ou qu'il n'approuve. Ainsi l'explique l'apôtre saint Jean par ces paroles: « Nous recevrons de lui tout ce que nous demanderons, parce que mous gardons ses commandements et faisons ce qui lui plaît. » ( 1 Jean, III, 22.) Donc la première condition pour prier au non de Jésus- Christ, c*est d'observer ses préceptes et de faire ce qui est conforme à sa volonté. Dieu fera ce que nous demandons de lui , si nous faisons ce yiTl demande de nous. Jésus a dit : « Si vous i^meurez en moi et que mes paroles demeurât en vous, demandez tout ce que vous vou* 4rei, et cela vous sera accordé. » (Jean, XV, 7.) Alors uni à Jésus-Ghrist par votre foi, et par lui à
son Père, demandant en son nom et seulement ce qui est conforme à ses commandements, c'est-àdire ce qui se rapporte au salut, vous serez infailliblement exaucé d'une manière ou de l'autre, im jour ou l'autre, en raison de votre foi. Vous recevrez ce qui peut seul donner au cœur une joie pleine et parfaite, à savoir les gr^s nécessaires à l'avancement, au perfectionnement des âmesi, ou les prémices de la vie éternelle, qui vient du Pèrç par le Fils et l'Esprit, et que vous goûterez déjà ici-bas par la foi, l'espérance et la charité, jusqu'à ce que vous en possédiez plus tard la substance et la plénitude dans la gloire du ciel.
PRAIÏQUE.
Prions avec foi, avec assurance, avec persistance; sans jamais nous lasser ni nous décourager au nom de notre seigneur Jésus-Christ, ne demandant que ce qui est conforme à sa loi, et sous la condition que sa volonté soit faite et non pas la nôtre.
PRIÈRE
0 Dieu, qui êtes Fauteur de tout bien, nous vous supplions humblement de nous inspirer de saintes pensées, et de nous les faire exécuter par le secours de votre grâce. Que votre Esprit daigne penser dan» notre esprit, agir par notre volonté, et prier en nous par des gémissements ineffables. Par Jésus-Christ, etc.
UASCENSIOiN DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.