V* ÉPITRE DE SAINT PIERRE, IV
Soyez prudents, veillez et priez. Mais avant tout ayez une charité persévérante les uns pour les autres; car la charité couvre la multitude des péchés. Exercez entre vous ITiospitalité sans murmure. Aidez-vous les uns les autres suivant vos moyens, comme des fidèles dispensatwirs des dons de Dieu. Si quelqu'un parle, que ce soit comme si Dieu parlait par sa bouche. Si quelqu'un exerce un ministère, qu'il Texerce comme par la vertu de Dieu, afin que Dieu soit glorifié en toutes choses par Jésus- Christ, auquel appartient la gloire et l'empire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
L'Apôtre veut que nous réparions nos péchés par la charité , c'est-à-dire que nous n'agissions plus que paf la motion de l'esprit des enfants de Dieu, que nous avons reçu au baptême, que nous devons attirer en nous par une prière incessante, et dont rÉglise nous communique les dons par les
sacrements. Alors nous ne ferons plus rien en vue de nous-mêmes, de notre avantage, de notre gloire ou de notre plaisir, mais tout, même les choses qui semblent les moins importantes, pour l'amour de Dieu et le bien du prochain. Notre disposition habituelle envers nos semblables sera comme celle de Dieu envers toutes ses créatures, de contribuer, autant qu*il nous sera possible, à leur être utile ou agréable, ne cherchant point avant tout dans nos rapports avec eux ce qni notis convient, faisant pour les autres ce que nous voudrions qu'on fît pour nous, et même à Texemple de Jésus-Christ qui a réalisé ici-bas la perfection de la charité, nous sacrifiant pour ceux que nous aimons, commô il nous a aimés tous jusqu'à mourir pour nous. Exerçons donc les uns envers les autres l'hospitalité sans murmure, c'est-à-dire sans nous fâcher de la peine , de Tembarras, des dépenses que cela peut nous causer. Ce qui suppose que nous sommes prêts à faire participer le piiochain à ce que nous possédons, à le soutenir, à le réjouir par la communication de nos biens. Et par hospitalité il ne faut pas seulement entendre ici l'asile matériel avec les choses nécessaires à la sustentation du corps , mais encore la protection que nous devons lui accorder dans le monde, au milieu de la société, afin qu'il puisse s'y établir honorablement et s'y faire. une position.
C'est là une sorte d'hospitalité morale souvent plus utile que la première, parce que, au lieu de déni^er les autres par la médisance ou la calomnie , comme il arrive fréquemment dans les conversations mondaines, nous les patronnons, au contraire, dans leur réputation, les défendant contre les attaques malveillantes, et ainsi les couvrant de notre protection .morale , comme si nous leur ouvrions un refuge dans notre propre maison. Enfin, si nous sommes vraiment chrétiens, enfants de Dieu, frères de Jésus-Ghrist, et ainsi animés et conduits par son esprits, tâchons de laisser cet esprit parler et agir par nous, afin ^e nous en soyons en toutes choses les ministres et les instruments. Que la parole de Dieu soit la lumière de nos discours , et n'ouvrons la bouche que pour donner passage à la manifes* tation de sa loi, de sa volonté. Quel que soit le ministère que nous remplissions, les fonctions que nous ayons à exercer , ne soyons jamais que les dispensateurs fidèles de la grâce divine, qui se communique sous des formes si diverses, et qui est accordée à chacun d'une certaine manière, et dans une certaine mesure selon sa position , et pour accomplir les devoirs de son état dans l'intérêt de tous. Alors ce qui vient de Dieu retourne à Dieu, qui tire sa gloire de toutes les bénédictions que sa grâce nous transmet par Jésus-
330 DIMANCHB APRÈS L'ASCENSION.
Christ, auquel appartient seul rhonneur et l'empire dans tous les siècles.
Lorsque le coïisolateur sera venu, l'Esprit de vérité qui procède du Père, et que je vous enverrai de la part de mon Père, il rendra témoignage de moi. Et vous aussi vous en rendrez témoignage , parce que vous êtes avec moi dès le commencement. Je vous ai dit ces choses , afin que vous ne soyez point scandalisés. Ils vous chasseront des synagogues^ et le temps approche où quiconque vous fera mourir croira faire une chose agréable à Dieu. Ils vous traiteront ainsi, parce qu'ils ne connaissent ni mon Père ni moi. Mais je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque ce temps arrivera, vous vous souveniez que je vous les ai dites.
Ce qui s'est fait dans les apôtres doit s'opérer proportionnellement dans chaque chrétien. Le Saint-Esprit, qui a été donné à l'Église et qoi l'assiste en toutes choses, y rend perpétuellem^st
4émoignage à la divinité de Jésus-Christ, et dans l6 sacrement de confirmation les fidèles reçoivent pins abondamment les dons de r£^rit-Saint, qui les rendent capables de mieux connaître le Sauveur^ et de le confesser avec plus de courage et de constance. Ce témoignage du Saint-Esprit nous est donné mystérieusement au fond du cœur, et celuilà seul, qui le reçoit» le comprend, parce qu*il oavre en lui le sens des choses divines. Alors la lumière du ciel y entre, qui augmente et consolide la foi et avec la lumière la chaleur d'en haut, ce feu, que le Fils de Dieu est venu apporter à la terre et qu'il veut y faire brûlei* (Luc, XII, 49), qui allume dans les âmes l'amour surnaturel, l'amour de Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, qui les pousse à le servir et à le faire connaître, c'est-àdire k travailler à l'accomplissement de sa volonté «ta l'avancement de son règne ici-bas. Alors aussi, ^mme les apôtres, mais suivant nos forces, nous devenons capables de rendre témoignage à Jésus- Christ devant le monde, et cela dé deux nmnières, par nos paroles et par nos oeuvres. Par la parole nous professons notre foij; nous proclamons que Jésos^Christ est le Fils de Dieu, le Verbe incamé, dôscendu en terre pour nous racheter au prix de son sang, et tous les dogmes qu'il nous a révélés 6t que l'Église enseigne ; vérités qui scandalisent <îeu^ qui n'ont point reçu le témoignage du Saint-
Esprit, parce qu'elles surpassent leur raison et que le sens du divin leur manque. Mais nos actes doivent confirmer le témoignage de nos discours, et les œuvres du vrai chrétien, par lesquelles il confesse principalement Jésus-Christ, c'est Tohéissance à son Église et T observation de ses commandements. Autre scandale pour le monde , qui prétendant à Tindépendance, au moins dans son esprit^ a horreur de l'autorité, refuse la loi divine, et traite de chimères ou d'exagérations les vertus essentielles au christianisme, la soumission, l'humilité, la pureté, l'abnégation de soi-même. Tout cela , dit-il , n'est plus de notre siècle , dont la raison plus éclairée par l'observation des faits a mis chaque chose à sa place , et a trouvé Tart de satisfaire harmoniquement tous les besoins de l'âme et du corps, en sorte qu'aujourd'hui la chair, sacrifiée à l'esprit par la doctrine chrétienne, a été relevée à son niveau et réhabilitée par une philosophie plus savante et plus équitable. Nous atten- ' dons les vertus héroïques que le monde produira par cette voie, pour les opposer à celles des saints de la religion chrétienne! Pour vous, chrétiens fidèles, qui avez reçu le témoignage de l'Esprit, et qui voulez le rendre à votre tour, rappelez-vons la parole du Maître : Ayez confiance, j'ai vaincu le monde. Il y a aussi en vous quelque chose qui est plus fort que le monde , et qui le vaincra si
TOUS le voulez, c'est votre foi en celui qui la vaincu. C'est le témoignage de l'Esprit de vérité qu'il a envoyé à son Église, et dont elle vous transmet les dons, par lequel il lui explique, et à chaque fidèle par elle, tout ce qu'il a enseigné à ses apôtres. Cependant quelles faibles qui ont reçu le témoignage de l'esprit, sans avoir la force de le porter devant le monde, prennent courage. Qu'ils demandent par la prière cette vertu d'en haut qui a transformé en héros de la foi les apôtres d'abord si lâches, afin de ne point contrister l'Esprit en eux par leur faiblesse ; car Jésus ne reconnaîtra devant son Père que ceux qui Tauront reconnu devant les hommes (Luc, IX, 26). Mais que dire à ces chrétiens parjures, qui après avoir reçu le témoignage du Saint-Esprit avec foi , ont ensuite porté témoignage contre lui. Ceux-là ont repoussé le don de Bien. Ils font plus; ils le corrompent et le tournent en poison , de sorte que, comme dit le prophète royal. Dieu lui-même est perverti avec le pervers. {Ps. XVII, 27.) C'est le péché contre le Saint-Esprit , dont Notre-Seigneur a dit qu'il ne sera remis ni en ce monde ni dans l'autre.
PRATIQUE
Tâchons de faire au nom et en vue de Dieu tout ce ^e nous avons à faire, et puisque nous avons l'honneur et le bonheur d'être chrétiens, c'est-à-dire,
334 DIMANCHE APRÈS L'ASC
enfants de Dieu et frères de Jésu haut ce titre qui oblige, et rendon nos paroles et par nos œavres à 1 nous avons reçu les dons.
PRIÈRE
Dieu tout-puissant et éternel, fai lonté soit toujours soumise à la vé tout dévoué au service de votre di Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc.
LE DIMJlNCHE de LA PENTECOTE.
ACTES DES APOTBESi U, 141.
Quand les jours de la Pentecôte furent accomplis, les disciples éimt tous dans un même lieu, on entendit tout d'un coup comme le bruit d'un vent violeht qui venait du ciel et ^ui remplit toute la maison où ils se trou- ^aierit. Au même instant ils virent paraître comme des lances de feu, qui se divisèrent et êtèrcnt sur chacun d'eui* Alorâ ils furent [u Saint-Esprit, et Ils comnaeny viTses langues , selon que le les parler. Or il y igîcuî de toutes ieL Dès que le s'assembla^ et chacun entensa langue. Ils isaient dans leur jious parlent ne mment donc les
rj
entendons-nous parler chacun la langue de notre pays? Parthes, Mèdes, Élamites, ceux d'entre nous qui habitent la Mosopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont et l'Asie, la Phrygie et la Pamphylie , FÉgypte et la Libye, autour de Gyrène,. et ceux qui sont venus de Rome, juifs aussi et prosélytes, Cretois et Arabes, nous les entendons raconter chacun dans notre langue les merveilles de Dieu.
H en est du miracle des langues, que les apôtres se mirent à parler aussitôt après avoir recule Saint-Esprit, comme des autres miradés qui devaient suivre et confirmer la prédication de ceux qui croiraient et seraient baptisés. Ces grandes manifestations de la puissance divine par des signes extraordinaires ont été nécessaires dans les commencements de rÉglise pour frapper l'esprit des hommes, et les ouvrir à l'action de la parole apostolique leur annonçant les vérités éternelles et devant conquérir leur foi. Mais cela ne veut point dire qu'il suffise de croire et d'être baptisé pour opérer des miracles; ce qui est le privilège des apôtres et de quelques hommes que Dieu a daigné employer dans la suite pour répandre sa parole, manifester sa volonté, et accomplir ses desseins. De même il ne suffît pas d'avoir reçu le Saint-Esprit
pour parler toutes les langues de la terre. Par le sacrement de confirmation chaque chrétien reçoit anssi les dons du Saint-Esprit, et par l'efficacité de ces dons célestes il est rendu capable de professer avec courage la doctrine de Jésus-Christ, et de combattre avec force pour sa cause. U est afienni, consolidé, confirmé dans la foi par la vertu d'en haut, qu'il reçoit comme les apôtres au jour de la Pestecôte^ mais dans une autre mesure, sous une autre forme, et se manifestant par d'autres effets. On n'entend plus le vent impétueux qui ébranla le cénade ; des langues de feu ne paraissent plus sur la tête des confirmants, et ils n'étonnent plus par le don des langues. La descente du Saint-Esprit est moins sensible, elle s'opère par Timposition des mains du pontife, et par l'onction du saint chrême. Néanmoins il airive encore souvent que le miracle des langues se reproduit, mais d'une manière toute spirituelle : ce qui, au dire du pape samt Grégoire, n'est pas moins merveilleux que les miracles qui s'appliquent aux corps. Ainsi parler toutes les langues du monde signifie avoir le don de se faire entendre de tout le monde, et dans le fait nous ne savons point comment les apôtres se faisaient comprendre des juifs de tous les pays, soit qu'ils parlassent des langues diverses, soit qu'ils n'en parlassent qu'une seule, devenue miraculeusement intelligible à tous. Aujourd'hui en-
-core une âme pleine de foi, et <iue TEqpirit^SaiQl anime de la charité de Jésus-Ghrist, trouva la moyen de se faire écouter et comprendre par lu hommes de toutes les conditions et de tous ks Iges; par la persuasion d'une éloquence sumata*^ relie, qui souvent n^a rien de commun ayec h pompe de l'éloquence humaine. (1 Cor.y I, 17.) En parlant à une multitude de personnes, qiÂ: réunit momentanément dans un même sentimêili; daas une même pensée, dans une même voloAll^' l'homme de Dieu ne parvient-il pas à faire dib|l propre conviction la conviction de chacun, et aiop de parler en ce moment la langue de tous; et \M ne peuvent-ils pas dire aussi avec étonnement: Gomment celui-là, qui m'est tout à fait étrangeft exprime-t-il si bien ce que je sens et parle«t-il tt nettement mon langage ? Gomme dooic la gr&cejd Dieu peut spirituellement faire voir des aveuglas, entendre des sourds, redresser des boiteux^ et rendre le mouvement aux paralytiques ; comme elle peut guérir et ressujsciter les âmes, elle peut aussi, et cela arrive tous les jours dans l'Église, accorder à ses ministres le don de parler toutes les langues du ciel et de la terre, c'est-à-dire de faire sentir, comprendre et goûter la parole divine aux hoamês de tous les pays, de toutes les conditions et de toos les degrés. G'est le miracle de la propagation de la foi, qui n'a jamais été interrom|>ue dans l'Église,
• DIMANCHE r* LA PiSÏTEGOTB. 339
-«i c'est xme des preuTes les plus frappantes qa'dle "W tmrrerselle on catholique.
' Jésus dit : Si quelqu'un m'aime , il gardera ©a parole et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure, iteiui qui ne m'aime pas ne garde pas mes teoles , et la parole que vous avez entendue TlPèst point ma parole, mais œlle de mon Père %ii m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses, pendant que je demeurais avec vous. Mais le Con- «(iateur, l'Esprit-Saint, que mon Père enverra >(m mon nom, vous enseignera toutes choses et fms expliquera tout ce que je vous ai dit. Je f Tons laisse la paix, je vous donne ma paix; je ^ ne vous la donne point comme le monde la 4onne. Que votre cœur ne se trouble point, qu'il ne craigne point. Vçus m'avez entendu ^e : Je m'en vais et je reviens à vous. Si vous m'aimez , vous vous réjouirez de ce que je vais à mon Père, parce que mon Père est plus grand que moi. Je vous le dis maintenant, avant que cela arrive, afin que vous croyiez quand cela
sera arrivé. Je ne voua parlerai plus longtemps; car le prince de ce monde vient et il n'a rien en moi qui lui appartienne. Mais c'est afin q^ le monde connaisse que j'aime mon Père <t { que je fais ce que mon Père m'a ordonné, .^
Le mystère qui s'est accompli à pareil joiu", oji ] la descente du Saint-Esprit sur les apôtres '6t parmi les hommes, est à la fois le complëmdl j de la mission de Jésus-Christ sur k terre, ei%f commencement* de celle des apôtres : le compfil* f ment, car les promesses divines et lesprophéti» i' sont réahsées; non-seulement TÉglise est foij^ v dée , mais elle a encore reçu la plénitude des àcM • de l'Esprit-Saint : le commencement, car c*é3t v en ce jour que les disciples ont reçu d'en haut» ^ science et la grâce pour annoncer la doctrine ih | leur maître, et être les témoins ou les martyrs de ^ sa divinité.
Ce qui frappe le plus dans la religion chrétiennei c'est Tordre admirable avec lequel tout s'y àévé^ loppe et s'enchaîne. Non-seulement la morale sort du dogme, mais les dogmes sortent les uns dte autres, et tous émanent du dogme fondamental qui nous a révélé la nature de Dieu, l'ineffable Trinité du Père, du Fils et de l'Esprit. Or, si telle est l'essence de Dieu, il suit que
pour se faire connaitre aux hommes, autant que leor faiblesse le comporte, il a dû se mauifei^r de trois manières, et de là les trois grandes rêvé- Iléons qui constituent le plan de la religion chrétienne, ou les mqyens principaux par lesquels rhomanité a pu être reliée ou réconciliée avec la Divinité.
La première a été faite aux patriarches et à Moïse par le ministère des anges. Elle manifeste le Sien créateur, le maître, le roi, le juge. Elle a préparé, préfiguré et annoncé la seconde par la Ifomesse du Messie faite à Adam, à Abraham, sox patriarches, à Mo'ise, et par les prophéties. Quand les temps sont accomplis. Dieu lui-même Tient en personne, sur la terre, le Verbe divin, le Fils de Dieu s*est fait chair et a habité parmi les hommes. La révélation du Fils se fait par sa parole, parles merveilles de sa vie et par le sacrifice de si mort, qui, en expiant les iniquités du genre humain, institue le baptême du sang et de TEsprit. Jean a baptisé dans Teau, disait le Christ à ses disciples; mais vous, vous serez baptisés par TEsprit- Saint. {Act.^ I, 5.) Mais pour que le Saint-Esprit vienne sanctifier Thumanité, il faut d'abord qu'elle «oit réunie au Père par le Fils, puisque l'Esprit- Saint procède des deux, et c'est ce qui s'est opéré par Tascension du Fils, qui est retourné vers son Père, comme il l'avait annoncé k ses disciples, leur di-
saut : En vérité, il vous tôt avantageux que je m'es aille ; car si. je vak à mon Père, je vous enveim le Paraclet, l'Esprit de vérité qui vous enseignm toutes choses et vous expliquera tout ce que jevoii ai ^soigné (Jean, XIY, 26). \d est le nœud Ai mystère. Le Verbe était desœndu du eiel cmam . Dieu, il y est remonté Dieu-Homme. C'est zm la nature humaine assumée par la nature diviot qu'il retourne à son Père, «t û la fait asseoir aM lui, en sa personne, à la droite du Père. O gloke 4e l'homme, conséquence heureuse de sa £aute oi plut^ de la miséricorde divine 1 Le voilà éhfJ^ plus qu'il n'était déchu, et supérieur à tous lé anges. Uni intimement au Père en JésiiS-€lhiil| il participe à la vie, à la splendeur, au honhttff de l'adorable Trinité ; car par son union avec fc Père par le Fils, il est uni à TEsprit-Saint qui procède des deux et est le lien de leur éterad amour. Alors aussi, comme dit saint Jean (VII, 29), le Saint-Esprit est donné aux Apôtres , parce q» Jésus est glorifié, et suivant les paroles de saûlt Pierre (Act. H, 33), c'est Jésus ex^dté àla droite àl Dieu quia envoyé le Saint-Esprit, dont les eSM merveilleux paraissent. Les Apôtres le reçoivent 4'abord, parce qu'ils sont un avec Ûieu en Jésu»- Ghrist, et unis entre eux de cœur et d'âme. Membres principaux du corps dont il est le chef, l'Église, ils doivent participer^ eu tant que.mem-
BQCAKGHE DE lA PENTECOTE. 343
bies vivants, à sa vie divine et à la gloire de Thnmanitë régénérée et divinisée en sa personne. Et eonmie rhnmanité en Jésns-C!hrist reçoit au ciel le» prémices de l'Esprit-Saint, les Apôtres et les disciples assemblés au Cénacle en reçoivent aussi les prémices $ur la terre. Il répand en eux ses dons sortons les hommes qui écouteront leur parole. {Ps, LXVn, 19.) C'est l'eau vivante.qui jaillira de leur sein jusqu'à la vie éternelle (Jean, IV, 14). Ainsi s'est opérée la troisième révélation, préprée par la seconde, comme la seconde l'avait été par la première afin que l'homme pût connaître Dieu danç la plénitude de sa nature, dans l'unité de sa substance et dans la trinité des personnes, Dieu Père, Dieu Fils et Dieu Esprit-Saint.
PRATIQUE
Ne laissons point stériles en nous les dons de l'Es- Jrit-Saint, qui nous ont été transmis par le sacrement de confirmation. Ils nous ont rendus capables de tout faire , môme de mourir pour la cause de l^angile, comme il convient à un soldat de Jésus- Christ. Invoquons donc avec confiance le Saint-£&- Iffit en toute occasion importante, et soyons prêts à liaire sous la conduite de TÉglise tout ce qu'il nous
PRIÈRE
0 Dieu, qui avez instruit en ce jour les cœurs de
vos fidèles par l'illumination du Saint-Esprit, accordez-nous la grâce de connaître et de goûter la justice dans ce môme Esprit , et de nous réjouir de ses consolations divines. Par Notre-Seigneur Jésus- Christ, etc.