ACTES DES APOTRES, X
Dieu nous a ordonné de prêcher au peuple et d'attester que Jésus a été établi de Dieu juge des vivants et des morts. Tous les prophètes hi rendent ce témoignage, que tous ceux qui croient en lui reçoivent par son nom la rémission des péchés. Comme Pierre parlait encore, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Et les fidèles circoncis, qui étaient venus avec Pierre, furent stupéfaits de ce que la grâce du Saint-Esprit se répandait aussi sur les gentils, car ils les entendaient parler plusieurs langues et glorifier Dieu. Alors Pierre dit : Peut-on refuser l'eau de baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit comme nous? Et il ordonna qu'on les baptisât au nom du Seigneur Jésus-Christ.
Ce qui est rapporté dans cette épître, est une consolation pour les personnes pieuses , qui dé-
sirent vivement la conversion de leurs amis infîdèles ou séparés de TÉglise, les uns ayant sbm* donné toute pratique religieuse, parce qu'ils n*^ point de foi ou croient n'en pas avoir, mais daâl lesquels cependant il reste encore quelque chstê de Tesprit chrétien; les autres appartenant enco» à rÊglise par leur foi en Jésus-Ghrist, mais n'ajtti point de part à ses grâces , parce qu'ils ne part cipent point k ses sacrements. Le centurion Otf* neille, sa famille et ses serviteurs auxquels Pierre est envoyé par un avertissement du bien qu'ils passassent pour être des païens, ai cependant des sentiments de piété, craignant TÂ( le priant et faisant du bien aux pauvres. C'est sans doute ce qui leur a attiré la grâce extraoi naire qui leur a été faite et les miracles pari quels elle a opéré, à savoir la vision de Pierre, celle du centurion et l'effusion de Y~ Saint. Nous pouvons donc espérer une grâce blable pour ceux que nous aimons , l^en qa' soient éloignés de Dieu et de son Église, quaxidil fond il y a dans leur cœur la crainte de Dieu, é l'amour de la justice qui se manifeste par un» conduite honnête et de bonnes œuvres. Leur irréligion ou leur défaut de religion vient souvent d'une erreur de leur esprit, d'un écart d'imagination, des préjugés de leur éducation, ou de prérentions inspirées par de mauvais exemples. Un jour
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OU VxatîQy et ce sera un des moyens secrets de la
oiséncordc divine, nne parole du ciel entrera dans
]nr km atec sa lumière qui dissipera ces fan*
itsesy ayec son feu plus fort que l'ardeur des pas-
Ms chameUeSy et ces hommes , qui semblait
àt ennemis de Jésus-Ghnst, ou au moins très-peu
ësfosés à recevoûf son Esprit , en seront pëné-
[ tih, illuminés tout d'un coup, comme ces gentils
1 ^reçurent les dons de l'Esprit-Saint avant d'avoir
jM régënérés par le baptême. C'est la grâce qui a
jfâ aceordée à saint Paul sur le chemin de Damas
Lu fn l'a rendu soudainement l'apôtre de Celui
wâ allait persécuter, et cet ardent persécuteur est
peTenu le plus puissant des apôtres. Ce qui nous
Mtoontre que l'Esprit souffle où il veut et comme il
i îni plaît (Jean, HI, 8), et que la grâce divine n'est
^H&ehaînée par aucune forme ni par aucun moyen,
^^ même par les sacrements qu'elle a établis et
j-fusont les canaux ordinaires de son effusion et
As bénédictions du ciel. Que si malheureusement
'ttttx dont nous désirons et demandons la conver-
I tioii,ne sont pas dans ces bonnes dispositions, nous
! «fons la ressource , en priant avec persévérance
pottT ces chers infidèles, afin d'attirer le rayon
iivin sur leur âme, d'appliquer à leur profit et
Wfflflje expiation de leur incroyance ou de leurs
bittes, nos bonnes œuvres, nos mortifications, nos
QûDuannions £Edtes à leur intention, en suppléant à
leur manque de foi par Tardeur de la nôtre, en noos substituant en une certaine manière à eux comme victimes de leurs péchés, pour aider à les en détivrerparla grâce de Jésus-Christ, dont l'immola* tion volontaire a affranchi le genre humain. Nooslisons dans TÊvangile de saint Marc (II, 4), qu'un jour on découvrit le toit d'une maison où se trouvait Jésus, pour lui présenter un paralytique qu%ii ne pouvait introduire par la porte obstruée par la foule. Jésus voyant la foi de ceux qui portaient h malade, le guérit. Offrons donc aussi nos pauvre» malades au Sauveur, pour qu'il les guérisse k i cause de notre foi , et cela en toute occasion et par toutes les voies.
Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croît ■ en lui ne périsse point, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour le juger, mais afin que le monde fût sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est pas jugé. Mais celui qui ne croit pas , l'est déjà , parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu. Or, ce qui fait le jugement, c'est que la
lumière est venue dans le monde et que les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car celui qui fait le mal hait la lumière et ne va pas à la lumière , de peur que ses œuvres ne soient découvertes. Mais celui qui agit 8e\(fa la vérité va à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées , parce qu'elles sont faites en Dieu.
Cette fois Jésus ne parle point en parabole. U annonce directement, d'une manière toute spiritaelle, le mystère de la régénération, parce quHl répond aux questions d'un maître en Israël ; et cependant le maître ne le comprend pas, confondant la renaissance spirituelle par Teau et l'Esprit avec la naissance chamelle. Est-ce qu'un komme peut renaître quand il est vieux? dit-il. Est-ce qu'il peut rentrer dans le sein de sa mère, pour en sortir de nouveau? Le Docteur d'Israël, BMlgré sa bonne volonté, a un voile sur le cœur, comme tous les juifs. Il ne connaît que ce qui t^e sous les sens, et il interprète charnellement et pour ce monde les promesses de salut données au peuple de Dieu; tandis que le Sauveur lui annonce une autre vie, la vie même de Dieu, à
laquelle les hommes sont appelés à participer p^ le baptême. Or, la chair n'a plus de part à cette génération. Elle est opérée par l'Esprit, qui par le moyen de Teau introduit le germe de la vie étemelle dans Tâme humaine , après l'avoir purifiée du péché par la vertu du, sai^ de JésHS- Ghrist dont elle est impréfinée, et par TappMcatioD de ses mérites. C'est une génératioD nouvelle, ou une régénération toute spirituelle ; donc une renaissance, et Tâme ainsi régénérée devient membre da corps mystique de Jésus-Christ, qui est rÉglise ; et elle y puise l'aliment de la vie du ciel par les sacrements, dont le premier lui a transmis cette vie, dont les autres la conserve&t, r^iecroissent, la raniment, et particulièfement celui de la confirmation qui Tunit personneUe«i«nt à rEsprit-&dnt et la remplit 4i6 Tabondance de ses dons. C'est ainsi que Dieu, d^ais son amoir pour le monde, y a envoyé son Fils, non pour le juger, mais pour le sauver (Jean, XII, 4), bien qu'il le jugera plus tard après la fin de la grande épreuve, et quand* tous les moyens de sa miséricorde auront été épuisés. Mais alors ce jugement se fera comme de lui-même, par la simple comparution des âmes devant Dieu, ^tre la lumière et les ténèbres. Celles qui ici-bas ont aimé pMHkssuB tout JésuS'Christ, qui est la lumière éteraelle, iront droit à la lumière qui les accueillera à son
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toor; et par leur union spontanée arec la lumière, leurs œuvres, qui ont été faites en Dieu et pour Dieu, seront manifestées. Mais l'âme qui, n'ayant point cru au Fils de Dieu fait homme, n'a point reçu ni pratiqué la parole , celle-là hait la lumière, parce qu'elle lui a préféré les ténèbres à cause du mal qu'elle a fiadi, et elle s'en détoumara en présence de Dieu, de peur qu'elle ne révèle la malice de ses actions. Le ji^ement universel, ou la sépa- I ration définitive des bons et des méchants, des amis de Dieu et de ses ennemis, le triage du bien
iet du mal s'opérera donc à la consommation des siècles par le seul aspect de Jésus-Christ. La lu- . inière étemelle attirera à elle toutes les lumières .- du monde, ou lés âmes illuminées de sa foi et de i son esprit {Éph.,Y, 8), pendant qu'elle repoussera I et précipitera dans les lieux inférieurs les ténèbres j de rhumanité (Jean, I, 5), c'est-k-dire tous les t hommes qui ont haï la lumière divine, descendue : dans le monde pour les sauver, et se sont alliés [ de préférence et par le choix de leur volonté libre à la puissance ténébreuse du mal.
PRATIQUE
Si nous voulons la vérité et la justice avant tout, nous marcherons droit et au grand jour devant Dieu et devant les hommes. Nous ne cherchons à nous
cacher par la dissimulation ou le mensonge, que quand nos œuvres sont mauvaises, c'est-à-dire faites dans notre intérêt propre, au détriment de l'équité, et contre la loi de Dieu.
PRIÈRE
0 Dieu, qui avez donné le Saint-Eprit à. vos Apôtres, daignez exavcei: les pieuses demandes de votte peuple, afin que vous accordiez la paix du cœur à ceux qui ont déjà reçu la foi. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc. '
. ÊPITRE (aux Rom., XI, 33-36).
0 profondeur du trésor de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont incompréhensibles et ses voies impénétrables ! Car qui a .connu les desseins de Dieu? Ou qui est entré dans le secret de ses conseils? Ou qui lui a donné quelque chose le premier, pour en attendre la récompense, puisque tout est de lui, tout est par lui et tout est en lui. A lui soit la gloire dans tous les siècles. Ainsi soit-il.
A ces paroles de saint Paul nous ajoutons celles de saint Jean au chapitre v de sa I" Épître, qui rendent le témoignage le plus éclatant au mystère de la Sainte-Trinité, dans le ciel et sur la terre ; dans l'étemelle génération de la divinité, et dans le sacrement de la régénération humaine.
« C'est ce même Jésus-Christ qui est venu avec l'eau et avec le sang, non seulement avec Veau, mais avec l'eau et avec le sang. Et c'est
l'Esprit qui rend témoignage cpie le Christ est la vérité. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : te Père, le Verbe, et le Saint-Esprit, et ces trois sont une même chose. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'esprit, Teau et le sang, et ces trois sont une même chose.-.. Celui qui croit au Fils de Dieu a en soi-même le témoignage de Dieu. Celui qui ne croit pas au Fils fait Dieu menteur, parce qu'il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et ce témoignage est que Dieu nous a donné la vie éternelle et que c'est en soii Fils que se trouve cette vie. Celui qui a le Fils a la vie : celui qui n*a point le Fils n'a point la vie. »
L*honime naît de Dieu, quand il reçoit en 4uila vie divine, qui le fait participer par la grâce à la lumière, à la puissance, à l'amour de Dieu. C'est ce qui s'opère dans le baptême par la vertu du sang de Jésus-Christ, et la condition essentielle du baptême pour l'homme adulte est la foi à la rédemption par le sacrifice du Fils de Dieu fait homme pour expier en notre place et nous sauver. Celui qui croira en moi et qui sera baptisé, a dît Jésus- Christ, s^a sauvé. C'est po^quoi saint Jeiui dit:
Cdoi qui croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu. On ne peut ain^er Dieu sans aimer les esifisints de Dieu, c'est-à-dire que Tamonr de I^u implique Tamour du prochain. L'amour de Dieu consiste surtout à garder les c(Hnmandements, suiwnt la parole du Sauveur (Jean, XV, 14). Si vous m'aimez, vous observerez mes préceptes; vcms serez mes amis , si vous fûtes ce que je vous ai commandé, et cela n'est ipcàni pénible à celui qui aime. Or, ce qui est né db Dieu est fins fort q\he le monde, puisqu'il participe à la puissance divine par la foi qui runit à Dieu en Jésus-Christ et lui en rend témoignage, non-seulement par l'eau du baptême, mais aussi par le sang divin dont cette ean est imprégnée, et par l'esprit qui transmet la vie divine, suivant la parole de Jésus-Christ : si vous ne renaissez de l'eau et de l'esprit, vous n'aurez point la vie en vous (Jean, III, 6). En sorte qae la vie de Dieu se manifeste sur la terre dans l'humanité régénérée par trois choses qui lui rendent témoignage, l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois choses n'en sont qu'une dans leur essence, bien que diverses par leur forme, comme le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ou les trois personnes par lesquelles se déploie la vie de Dieu au ciel, distinctes par leurs propriétés, sont une par leur substance et identiques par l&u divinité. Nous ne connaissons ces mystères que par la parole divine
qui les a révélés, et cette révélation est le témoignage de Dieu lui-même . touchant ce qu'il est dans sa nature ^ et sur rincamation du Verbe et sur la descente du Saint-Esprit dans Thumanité témoignage qui n'a de valeur et d'efficacité pour nous que par notre foi, laquelle nous atteste que Dieu nous a donné la vie éternelle en nous donnant son Fils, et que celui qui posséda le Fils par safm^ a la vie en lui. C'est pourquoi celui qui ne croit pas au Fils de Dieu déclare Dieu menteur, puisqu'il n'admet pas le témoignage qu'il a rendu de son Fils. , •