LE DOUZIÈME DIMANCHE APRÈS U PERTBCOTE
ÊPITRE (2 aux Cor., III, 4-9).
C'est par Jésus-Christ que nous avons mae grande confiance en Dieu, non que nous soyons capables de former par nous-mêmes une p^^ quelconque, comme de iio«is-<i»ém6s ; «lais desl Dieu qui nous en donne ia capacité. C'est W aussi qui nous a rendus propres à être les ministres de la nouvelle alliance, non par la lettre, mais par Tesprit; car la lettre tue et l'esprit vivifie. Que si le ministère de la Joi gravée sur des pierres, qui était un ministère de mort, a été dans, une telle gloire, que les enfants d'Israël ne pouvaient arrêter lewrs ce* gards sur le visage de Moïse, à cause de l'éclat passager dont il brillait, combien le ministère de l'esprit ne doit-il pas être plus glorieul? Car si le ministère de la condamnation a eu de la gloire, celui de la justice m aura bm davantage.
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Tout don parfait descend de Celui qui est la per^ fectiaitiûéme^ du Père des lunûères. (Jacq., I, 1 7.)
I Siiûietteet le souveraiu Bien, il est par cela même Jd principe et le complézuent de tout ce qui est ^^i comme il est la source de toute yérité et i»- toute justice^ la source de la vie et de tout ce fii sert à la développer et à la compléter. Donc^ TApôtre a raison de dire que la pensée même ^Q hiea ne vient pas de nous, qu'elle nous est suggérée» inspirée par le Bien souverain avec Jo^oel notre esprit est en rapport, et qui le pé- AèUre de sa lumière ; et que c'est encore la grâce avilie qui nous donne la force de la réaliser : ce qw n'exclut point la part de la liberté humaine. Cette part, très-dif&ciie à déternûner, est cepen- ^t tellement essentielle, que sans elle il n'y aurait dans les actions de l'homme ni moralité ni «omoralité, ni vertu ni vice, ni responsabilité, ni
cidpabilité, c*e8t-à*dire qu'il n'y aurait plus d'acte
C'est cette grâce, dit saint Paul, qui nous a fkits imnistres de la nouvelle alliance, et ici il montre lasï^riorité de la seconde sur la première. C'est la différextce de la mort ii la vie. La première, ea effet, apporte une loi gravée sur la pierre, loi terrible, fu'omulguée au milieu du tonnerre et des? écUàr»^ et qui, sanctionnée par la menace d'ef-^ Payables ohàtimeuts, ne procure cependant ni la
force ni les moyens de Taccomplir. Elle était donc doublement un ministère de mort ; d'un côté parce que^ gravée sur la pierre, elle était une lettre morte ; et de l'autre parce que, indiquant aux juifs tout ce qui était défendu, elle les rendait passibles de la mort, s'ils avaient le malheur de le faire. Voilà tout ce que Moïse a pu enseigner aux juife pour les éclairer dans leur voie terrestre, et les préserver de Tidolâtrie et du mal par la crainte du .châtiment; tandis que la loi nouvelle, apportée par Jésus-Christ, a été écrite par sa parole non sur la pierre ou à l'aide d'instruments matériels, mais directement dans les cœurs ou sur des tables de chair, suivant Texpression de l'Apôtre; et c'est rSsprit divin lui-même qu'elle communique avec sa lumière, sa chaleur, et tous ses dons. Aussi l'Église appelle TEspril-Saint le doigt de Dieu, digitits Deiy parce qu'il imprime sa volonté divine dans les cœurs, comme autrefois elle était écrite sur la pierre par le ministère des anges et de Moïse.
La nouvelle alliance est donc ime loi vivante, parce qu'elle transmet directement la vie divine par Jésus-Christ, le Médiateur et le Rédempteur. Jésus-Christ a donné à ses apôtres et à leurs successeurs dans son Église un ministère vivifiant qui régénère les âmes, les affranchit du mal, les guérit de leurs maladieâ, les fortifie dans leurs fai-
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Uesses, les ressuscite même dans la mort ; et enfin, (][iutDd elles répondent à la grâce et se restituent tout entières à Dieu par la soumission de leur esprit, rhonmiage de leur volonté et la donation de leur amour, les associe à la vie même de Dieu, dont elles partagent en Jésus- Christ la gloire, la puissance et le bonheur. Voilà où mène le ministère de l'Esprit, qui peut seul justifier la créature aux yeux de Dieu. Il surpasse autant celui de Moïse en efficacité et en splendeur, que Fesprit est au-dessus de la lettre, le ciel au-dessus de la terre, l'éternité au-dessus du temps, la vérité audessus de la figure. C'est pourquoi le chrétien fidèle, qui vit de la foi et des sacrements de l'Église, illuminé par l'esprit de Dieu qui l'anime et le conduit, n'a plus sur le cœur ce voile de -chair qui empêchait les juifs de regarder Moïse, et plus tard de le comprendre en le lisant. Il peut contempler la lumière divine à visage découvert, revelata facie, la connaître comme il en est connu, et s'avancer . de clartés en clartés , comme par l'Esprit du Seigneur, jusqu'à ce qu'il soit transformé en son image resplendissante et pure, (2 Cor., m, 18.)
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Jésus, se tournant vers ses disciples, leur dit : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez. Car je vous déclare que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez el ne l'ont point vu, entendre ce que vous entendez, et ne Font point entendu. Alors un docteur de la loi se levant lui dit pour le tenter : Maître, que dois-je faire pour posséder la vie* étemelle? Jésus lui répondit : Qu'est-ce qui est écrit dans la loi ? qu'y lisez-vous ? Celui-ci dit : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même. Jésus lui dit : Vous avez, bien répondu; faites cela et vous vivrez. Mais cet homme, voulant justifier sa question, dît à Jésus : Et qui est mon prochain? Alors Jésus dit : Un homme, allant de Jérusalem à Jéricho tomba entre les mains des voleurs, qui le dépouillèrent, le couvrirent de plaies et s'en allèrent, le laissant à demi-mort. Or, il arriva qu'un prêtre allait par le même chemin; il vit le
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blessé et passa outre. Un lévite, qui vint au même lieu, le vit aussi et ne s'arrêta point. Mais un Samaritain, passant par cette route et près dn blessé, le vit et fut touché de compassion. Il versa de Thuile sur ses plaies et les banda ; puis, le niettant sur son cheval, il le conduisit dans une hôtellerie où il eut soin de lui. Le lendemain, il tira de sa bourse deux deniers, qu'il donna à l'hôte, en lui disant : Ayez soin de cet homme, et tout ce que vous dépenserez déplus je vou$ le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois vous semble avoir été le prochain de celui qui tomba entre les mains des voleurs? Le docteur répondit : Celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Allez donc, lui dit Jésus, et faites de même.
Un docteur de la loi demande à Jésus avec Imtention de le tenter : « Que dois-je faire pour posséder la vie éternelle? » Il le savait, puisqu'il ne l'interrogeait que pour tâcher de le surprendre dans ses paroles. Ne faisons-nous pas quelquefois la même question avec aussi peu de sincérité? Dans nos mécomptes, dans nos moments de découragement, de défaillance, nous nous écrions aussi avec dépit après une faute, une rechute, et en