‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 58 sur 103 · LE ONZIÈME DIMANCHE APRES U PENTECOTE · texte numérisé non relu

LE ONZIÈME DIMANCHE APRES U PENTECOTE

ÉPITRE (1 aux Cor., XV, MO).

• Je VOUS rappelle, mes Frères, TÉvangile que je vous ai prêché, que vous avez reçu, dans lequel vous persistez, etpar.lequel vous serez sauvés si vous le conservez comme je vousTai prêché, autrement ce serait en vain que vous auriez embrassé la foi. Car premièrement je vous ai transmis ce que j'ai moi-même reçu, savoir que Jésus-Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures; qu'il a élé enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, conformément aux mêmes Écritures; qu'il s'est fait voir à Céphas et aux onze apôtres» qu'ensuite il a apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont beaucoup vivent encore aujourd'hui et quelques-uns sont morts. Il s'est encore fait voir à Jacques, puis à tous les apôtres, et enfin, après tous les autres, à moi-même, qui ne suis qu'un avorton ; car je suis le dernier des apôtres, et ne suis pas même digne d'être appelé

apôtre, parce que j'ai . persécuté TÉglise de Dieu. Mais je suis ce que je suis par la grâce de Dieu, qui n*a pas été stérile en moi.

Cette épître peut nous fournir trois points de méditation^ :

P KApôtre y établit nettement la méthode ou le mode d'enseignement usité dans TÊglise, méthode qui sort nécessairement de la manière dont la vérité y est connue. C'est Dieu même qui la révèle par sa parole infaillible, et ainsi il ne reste qa'à constater que Dieu a parlé et ce qu'il a dit. Ces deux points assurés, nous devons recevoir avec foi tout ce qu'il nous a enseigné, quoi qae C6 soit, et quand notre raison ne pourrait le comprendre, n ne s'agit donc point ici d'inventer ou de trouver la vérité k force de génie ou par le labeur de la pensée et les efforts de riinagination. U ne s'agit point non plus, pour rendre la vérité acceptable, de Texpliquei* rationnellement et. de l'abaisser à la portée de notre esprit par des arguments humains^ bien qu'on puisse l'essayer afin d'aider et de justifier la foi par l'intelligence. Mais la parole révélée tire uniquement son autorité delà toute-science de Celui qui la révèle, et elle n'a sa pleine efficacité que par la foi de celui qui ré** coûte, et par scm exactitude à la transmettre comxm il l'a. reçue. C'est pourquoi aaint Paul dit ici : Je

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vons'id «Bseiginé oe que j^airtça moi-même, et tIÉTUigile, tpm je mms ai prédié, vons san? era^ 19 vous gardez ce dmn dépôt tel que je vous Tai confié. Autrement, si vous Taltérez par vos pensées et vtttre esprit pmpre , vous aurez oru en vain , et votre foi deviendra «térik. L'enseignement de ^[Ëj^se est donc fondé sur la tradition. Il redierehe avant tont ce qtie Bien a révélé par Jésns^ (Smty par ses apAtves, par ses disdples, et à c^te fin, en cas de doute, il consulte tontes les Êgikes de tous les pays où TÉvangile a été annoncé, et sa pureté consiste à ne rien afBrmer qoi ne 8«t conforme à la tradition universelle, c'est-àèire qui n^ait été enseigné et cru partout et toujoors: Ce qui est une preuve de plus de la nécessité d'une autorité une dans rÉglise, qui y con« servant inaltérable le dépôt de Tétemelle vérité fïït une eoDStation impartiale et une tradition incerruptible, la proclame à travers les sièciee et la propose à la foi de tous les bonnnes.

Le second point offert à notre méditation «st que sûnt Paul renferme ici toute la religion dans la mort, la sépulture et la résurrection du Sauveur; et dans la suite du chapitre quinzième de la première^ aux Corinthiens, d'où ce texte est tiré , il s'attache d'abord à établir le f aôt de la résurrection par les témoignages de ceux qui ont vu de leurs yeuA Jesw-Ghrist sfxtû du tmnbeau. Puis il imoitve les

conséquences immenses de cette résurrection, qui est le gage de la nôtre^ et sans laquelle nous ne serions ni rachetés ni sauvés. Enfin, il tâche de la faire comprendre ou du moins concevoir par les phénomènes de la nature qui en sont Timagé, comme la transformation de la semence par la germination, la floraison et la fructification. Là se trouve cette magnifique doctrine du corps spiritoalisé , qui doit revôtir l'incorruptibilité comme le corps de Jésus-Ghrist sorti triomphant du tombeau, et dont TApôtre se plaît à décrire les qualités célestes.

Le troisième sujet de méditation est Thcmilité avec laquelle saint Paul se place au dernier rang des témoins de la résurrection du Sauveur, -parce qu'il a persécuté l'Église de Dieu ; et c'est pourquoi, dit-il, il ne mérite pas d'être appelé apôtre. Quand on sait par sa propre expérience ce qo'il en coûite d'avouer une faute grave, même ime faute légère, on admire cette noble sincérité, et l'on voudrait pouvoir l'imiter en se rabaissant soimême en toute occasion, ou plutôt en se montrant simplement tel qu'on a été dans sa faiblesse, sans se poser ni se draper en aucune façon, uniquement pour dire la vérité sans retour sur soi, exposant avec, franchise le bien comme le mal, à l'exemple de l'Apôtre qui attribue à la grftce de Dieu, qui n'a point été stérile en loi,

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tont ce qn'il loi a ëté donné de faire plus qne les antres ponr TÉvangile^

Jésus quittant de nouveau le pays de Tyr, traversa la décapole et alla par Sidon vers la mer de Galilée. Alors on lui amena un homme sourd et muet et on le supplia de lui imposer les mains. Jésus, le tirant de la foule et le prenant à part, lui mit ses doigts dans les oreilles et de sa salive sur la langue ; puis, levant les yeux au ciel, il poussa un gémissement, et lui dit : Ephphetha, c'est-à-dire ouvrez- vous. Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue fut déliée, et il paria distinctement. Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne. Mais plus il le leur défendait, plus ils le publiaient, et ils l'en admiraient davantage, disant : Il a bien fait toutes choses ; il a ifait entendre les sourds et parler les muets.

Les miracles opérés par notre Seigneur Jésus- Christ ont toujours une double portée. Ce sont des faits surnaturels, accomplis par sa toute-pnis-

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sanee en ihivear d'une on plusiemrs persenaes; mais ces faits particuliers ont -one vdesr sjriBbo^ lique qui s'applique à Thumanité entière, de tous les lieux et de tous les temps. Ainsi il y a toujours eu dès sourds et muets selon l'esprit, c'est-à-dire des hommes qid n'ont su ni entendre ni comprendre la parole de Dieu, et qui, par conséquent, étaient incapables de la parler; car on ne peut parier au moral comme au physique qu^en raison de ce qu'on entend. ÂvanI la v«iiiÉ6 -da Messie, la parole divine n'était eoBaprise <pie par le peuple choisi, et encore, sauf par quelque» hommes d'élite, dans sa partie la plus extérieurç, dans son sens le plus grossier. Le reste des nations était sourd même au langage de la nature, qui raconte la gloire du. Créateur, et de là l'idolâtrie qui couvrait toute la terre de ses ténèbres en dehors d'Israël. Combien de juife ont été sourds à la voix du ciel, quand le Verbe de Dieu est vesm lui-même leur annoncer les choses éternelles et h royaume du ciell Et maintenant encore dans l'Ê* glise, que de chrétiens sourds et muets par l'es* prit, c'est-à-dire dont l'oreille de l'âme est fermée à la parole divine, dont la bouche est impuissante^ à la parler î Ce sont ceux-là que Jésus-Christ seul peut guérir, et l'Église éprouve une grande joie quand elle les lui présente, et les •soumet à l'ac^ tien toute-puissante de sa grâee , ^i doit «unir

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Toisedie de kur cœur, et rompre le lien de leur ImgQt. Of .qaaad œ miracle s'iteooBiplit spirîta^lementy il se fait dans las méoies conditions, et dee oirconstaaGes seinl)lables se reproAusent. Jésus prend le malade à part, réloignant de la fmde; ce qui meut dire que Thomme du monde qui seat h besoin de rei^nir à Dâtea pour écouter sa parole doit ayant tout se Obettre un ipm. à l'écart, loin du brait <lu monde et des agitations des hommds, pcMstr que f oreille de son e^rit, n'étant plus «ns cesse frappée et enrahie par les sons et le discours du dehors, puisse s'^Miyrir «a souffle de la voiiL de Dieu et la percevoir phis aisément, mifime dans ses accents les plus délics^s et les plus secrets. De là Tutilil^ de quelques jours de retrake pour se retrouver en paix devant Dieu, calme dans son intérieur, et di^>osé à écouter la voix du ciel, qui cherche à s'y feire entendre. Alçrs Jésus met les doigts dans les oreflles du sourd ; ce qui âgmfie d'ai>ord qu'un mirade ne s'opère que par la loain de Dieu , emblème et instrument de sa puissance, et^ssuite que par les dmgts Ae lamam dirigée par la volonté rayonne surtout la vertu ^fioace qui part de Tâme et va à l'âme. Par là est &i&ite figurée la discipline à laquelle l'Église soumet le dirétien qui veut revenir à Dieu, lui metrtantses doigts dans les oreilles, c'est-àHiire lui {usant entendre eontijKiell^aent des; avis salwta^

reSy des prescriptions utiles, qui ie ramènent à Tordre et le maintiennent sons la règle de l'antorité. Puis Jésns applique sur la langue du mtiet un peu de sa salive^ laquelle ei^ ici la figure 4e l'onction spirituelle, qui, en effet, rend capablede parler de l'abondance du coeur. L'Église communique cette onction par une grâce infuse dani$ le baptême , quand le prêtre dépose aussi un peu de salive sur la langue du nouveau^n^, afin de ki ouvrir les lèvres à Texpression des choses spirituelles et rendre sa bouche capable de parler tes choses du ciel : Dowwwe, labia tnea aperies^ êtes meum annwntiabit laudem tuam, Seigneir, ouvrez mes lèvres, et ma bouche annoncera vos louanges. {Ps. L, 17.) Ainsi, quand un chrétien,, dont l'incrédulité avait fermé l'oreille spirituelle et paralyséla langue pour les choses célestes, reçoit par unegrfice divine, qui lui arrive d'une manière ou de l'autre, un peu de cette onction d'en haut représentée ici par la salive de Jésus-Christ, de l'action réunie de ces deux instruments de la grâce, Tattouchement du doigt de Dieu et l'impression de son esprit, résulte le bienheureux ephphetha^ qui ouvre l'oreille de l'âme ou délie la langue, en sorte qu'il redevient capable d'entendre et de parler le langage de l'éternité. En un mot, le miracle qui s'opère au baptême où par la vertu libératrice du sang du Sauveur l'âme est régénérée, son intelligence et ses

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sess étant rouverts à l'influence surnaturelle de la m divine et c'est pourquoi Vephphetha y est pro- BOBcéy se reproduit tout aussi merveilleusement dans diaque chrétien redevenu sourd et muet par sa faute, et dont Jésus-Ghrist dans sa miséricorde rouvre l'esprit à la voix de Dieu et délie spirituellement la langue par les bienfaits de l'Église , comme aussi il ressuscite l'âme morte par le péché ou la guérit du mal qui mène à la mort, ou encore la relève et la réconforte par le pain du ciel au moyen des sacr^nents, dont elle dispense les grâces : ce qui constitue autant de miracles ^irituels.

PRATIQUE

Le pire sourd est celui qui ne veut pas entendre et nous ne voulons pas entendre la parole de Dieu, quand elle contrarie nos désirs et gêne notre volonté. Tibhons donc de ne désirer, de ne vouloir que ce qui lui est conforme, et alors nous Técouterons volontiers et l'annoncerons avec joie. Notre âme ne sera plus ni sourde ni muette.

PRIÈRE

Dieu toutrpuissant et étemel, dont l'infinie bonté surpasse les mérites et les désirs de ceux qui vous prient, répandez sur nous les richesses de vos miséricordes, en nous pardonnant des péchés dont le souvenir nous eflfraye. Accordez-nous les grâces que nous n'oserions attendre de la faiblesse de nos prières, par mire Seigneur Jésus-Christ, etc.

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