‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 69 sur 103 · LA CONCEPTION IMMACULÉE · texte numérisé non relu

LA CONCEPTION IMMACULÉE

^ent se manifester par ses œurres, médiaten^nt, mais se révéler personnellement au monde en se faisant homme; quand il a voulu. s'incarner dans le sein de Marie, le Verbe divin ou le Fils de Dieu, en consentant à devenir le fils de la femme, a imprimé en celle qu'il appelle sa mère son éternelle Sagesse, dont elle est devenue ainsi le type humain ou l'image et comme une sagesse créée. La création du monde par le Verbe est donc h . préfiguration de Tincarnation du Fils de Dieu, ^ ainsi la sagesse créée , provenant de rappUcation aux créatures des idées et de la puissance de h Sagesse éternelle, et dans le sein de laquelle tons les êtres ont été faits et subsistent, est le symbole et comme la prophétie de la Vierge sainte, dans le sein de laquelle la Sagesse incréée s'est reprodai^. C'est pourquoi Marie, que TËglisè 2*eprésente,^t la mère de toutes les âmes régénérées en Jésus- Christ, ou des nouvelles créatures qui renaissent par la vie qu'elle a apportée au monde en lui donnant son Fils , et dans le sein de l'Ëglise qui est l'image et la continuation de sa maternité surnaturelle. *

Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils

d'Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Judas et ses frères; Judas engendra de Thamar Phares et Zara; Phares engendra Esron; Esron engendra Aram ; Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra Naasson ; Naasson engendra Salmon ; Salmon engendra de Rahab Booz ; fiooz engendra de Ruth Obed; Obed engendra Jessé ; Jessé engendra David, qui ftit roi ; le roi David engendra. Salomon de celle qui avait été la femme dlJrie; Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abias; Abias engendra Asa; Asa engendra Josaphat; Josaphat engendr^ Joram; Joram engendra Ozias; Ozias engendra Joatham; Joatham engendra Achaz; Achaz engendra Ézéchias ; Ézéchias engendra Manassès; Manassès engendra Amon ; Amon engendra Josias; Josias engendra Jéchonias et ses frères vers le temps où les juifs furent transportés à Babylone ; et depuis l'époque de la transmigration à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel ; Salathiel engendra Zorobabel; Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Éliacim; Éliacim engendra Azor; Azor engendra Sadoc;

606 UL GONGBPTIOM BiUACUîM

Sadoc eitgeiidra Adiim ; Actûm engenâra^ÉlHid; iliâid engendra Éléazar; Ëléazar eiigeiKifaMathan; Matban engendra Jacob; Jaeob engemhrft loseph, réponx de Marie, de laquelle e^ niiéf- $Wy qui est ^pelé Christ.

L*Église ayant décrété que par un privilège spéeial la conception de Marie a ^lé préservée de h tache du péché originel, le dogme de rimmacttlie eoBeeptien de la sainte Yiétge est défini, et aissifl est devenu un objet de foi pour tout catholique fidèle. Mais ici, comme pour tous les dogmes, notre foi peut être éclairée ou fortifiée par des considérations ou des réflexions de la raison qui l'aident à concevoir ce qu'elle ne peut comprendre. Trois feilB noos semblent, non pas prouver, mais rendre aussi vîaîsemyable qu'il est possible la cmi(^ tien immaculée de Marie.

1^ Marie est la mère de Jésus-Christ, le Dieu fait homme, le Verbe incamé, donc elle est la mère de Dieu. Or, Dieu, qui est la pureté même, ne peut s'unir à ce qui est impur^ et c'est pourquoi, dit l'Évangile, personne n'entrera dans te ciel sans avoir payé jusqu'à la dernière obole ^ qu'il devait, c'ést-à-diire sans avoir été coiapiéte* ment purifié. De là la nécessité du pui^afteire entre la terre et le ciel. Donc le corps de Marie devait être aussi pur que son cœur pour recevoir

M! ÏA TIRÈfi-SAIITOS VIERGE. 6OT

Geki qmi est la {mrelé même. @le d^ait étire neige* dans k pleioe "extetigion èa mot, on n'ayant jamais ëté souillée dans aucune partie de sa personne par ie péeké m originel ni actuel. Quelques- ^ uns ont pensé qu'elle avait été engendrée comme ks autres femmes, et qu'ensuite la grèce arait e&cé «n elle le pédié et ses suites. Ge qui n*a> Taueerait nullement la qi^stion, puisqu'un mima» sfflrait nécessaire dans ce cas comme dans Taukre, et que le premier agirait Tinconvénient de ternir «àans l'origine la pureté de Marie réparée après eoup. Ge que l'Église a décidé, outre que e'était déjà la croyance généwiie des chrétiens, est éonc vraiment aussi ce qu'il y a ^ plus raisonnable;

^ L'acte de démii^îon complèlîe par lequel k Vmge adkère à la parole de Fange, s'abandonaamt entièrenïent à k volonté divine, qui lui est aamoi»5ée d^u»e nsaoîère si extraordinaire, et à ses mtes qu'elle ne comprend pas, cet acte de foi, teol à &it opposé k l'acte d'Eve tentée par le serpent et me^nt en doute la parole de Dieu, fait de M»ie une nouvelle Eve et semble prouver qu'il n'y avait en elle aucune racine de cet orgueil insensé quia perdu nos premiers parents, et qui depwe ee temps se propage dans leurs descendants par la g^aénation avec les conséquences de leur fa»le. Cette parole : •« Je i^is k servante du Seî-

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gnenr, qu'il me soit fait selon sa volonté, » réparation de la révolte d'Eve, ne pouvait sortir que d'un cœur entièrement libre de l'esprit du mal, qui avait envahi la mère des humains et par elle sa * descendance.

3^ L'assomption de la sainte Vierge au ciel en corps et âme semble impliquer la conception immaculée, dont elle est une conséquence, si en effet rien d'impur ne peut entrer au ciel; et c'est pourquoi les justes n'y entreront avec leur corps qu'à la consommation des siècles, et après que toute chair, séparée de l'âme par la mort, aura été épurée en son lieu comme l'âme elle-même. Or, si le corps de Marie a été enlevé au ciel après sa mort et sans avoir passé par la dissolution, qui est le moyen de purification de la matière, n'est-ce point parce que dans ce corps virginal il n'y avait aucune impureté ni originelle ni actuelle, et que la sainte Vierge n'avait pas plus été atteinte de la souillure du péché 4ans sa conception que dans le reste de sa vie? N'en doit-on pas conclure que, par une grâce spéciale et parce qu'elle devait être la mère de Dieu, elle n'avait point été engendrée dans l'iniquité ni conçue dans le péché comme les autres filles des hommes?

La conception immaculée de Marie se reproduit en quelque sorte dans chaque chrétien spirituellement par la régénération baptismale, qui fait

de son âme une nouvelle créature L'âme, ainsi renouvelée et comme recréée par la vie divine, à laquelle elle participe , doit devenir aussi une vierge, unie à Dieu, remplie de son Esprit et' enfantant spirituellement Jésus -Christ en elle pai* la foi en sa parole et par l'observation de ses commandements. C'est pourquoi à ces mots : « Heureuse la femme qui vous a enfanté ! heureux le sein qui vous a allaité ! » Jésus répond : « Plus heureux encore celui qui écoute la parole de Dieu et qui la garde (Luc, II, 28). » Et ailleurs il dit encore : « Qui est ma mère, qui sont mes frères ? Ceux qui écoutent la parole divine et l'accomplissent (Luc, VIII, 21.)»

Répétons trois fois par jour avec Marie cet acte d'abandon qui l'a rendue la mère ^de Dieu et qui a saayé le monde en lui donnant Jésus-Christ : Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. Disons ces bienheureuses paroles de cœur et de bouche, afin que leur vertu passe dans nos actions, et que nous ayons part au bonheur que Jésus promet à ceux qui écoutent et accomplissent la parole de Dieu.

PRIÈRE

Daignez, Seigneur, accorder à vos serviteurs le don

eiO LA CONCEPTION DE LA T. S. YIERGE.

précieux de la grâce céleste, afin que cette fftte «(^eonelle de la Conception Immaculée de la sainte Vierg« leur obtienne un accroissement de paix, comme sod enfantement a été pour eux le principe du salut, par notre Seigneur Jésus-Christ, etc.

t« ééeemhre.

SAINT ÉTIEME. DIACRE, PREMIER MAKTm

IXÇON TIRÉE DE ACTBS DBS APOTRES, YI, 8-105 VII, 54-59.

Or Etienne, plein de grâce et de force, faisait de grands prodiges et de grands miracles parmi le peuple, Queîques-UDS de la synagogue, qui est appelée là synagogue des affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et de ceux qui étaient de Cilicie et d'Asie , s'élevèrent contre Etienne et disputaient avec lui; mais ils ne pouvaient résister à la sagesse et à Te^prit qui parlait par sa bouche.... Cependant e» Téomi^t tant, ils avaient le cœur plein de rage et ils grinçaient des dents contre lui. Or Etienne, rempli de TEsprit-Saint et levant les yeux au ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à sa droite» et s'écria : Je voi$ les deux ouverts et le fil» die rHamme debout à k droite de Dietu Alfrs, poussant de grands cris et se bouchant

les oreilles, ils se jetèrent tous ensemble sur lui , et le traînèrent hors de la ville. Ils se mirent à le lapider, après que les témoins eurent déposé leurs habits aux pieds d'un jeune homme nommé Saul. Pendant qu'on lapidait Élienne, il priait et disait : Seigneur Jésus, recevez mon esprit ; et s'étant mis à genoux, il s'écria à haute voix : Seigneur, ne leur imputez point ce péché. Et après avoir dit ces paroles, il s'endormit dans le Seigneur .j

Quel modèle l'Église nous offre en ce jour, et surtout à la jeunesse, dont Etienne était la fleur et comme la couronne, ainsi que son nom semble l'indiquer I modèle de courage pour annoncer Jésus crucifié et soutenir sa foi ; modèle de charité envers ses ennemis, envers ses bourreaux. Il est le premier depuis Timmolation de la croix qui meure comme Jésus, en priant pour ceux qui le tuent. Pardonnez-leur, ô mon Père, car ils ne sar vent ce qu'ils font, s'écrie le Sauveur au milieu de son agonie; et Etienne, sous les pierres qui l'accablent, dit en tombant à genoux : Seigneur ne leur imputez point ce péché.

Et nous, avons-nous seulement un peu de courage, quand il s'agit de parler du Crucifié, de mauifester notre foi au Sauveur des hommes par

quelque acte de religion, ou même seulement par un signe de respect. S'il faut défendre les saintes vérités , les pratiques pieuses, ou même la discipline ou les droits de l'Église, nous restons muets, embarrassés, décontenancés devant les petites persécutions du monde, qui ne vont cependant pas jusqu'au sang, mais seulement au ridicule, et le respect humain, la peur d'être moqués arrêtent le témoignage de notre foi, si encore ils ne nous portent à rien faire contre elle. H' y a même des cas où nous semblons nous mettre du côté des persécuteurs de Jésus, connivant à leur impiété ou à leurs blasphèmes indirectement, en ayant l'air de les approuver par notre présence, notre silence, un demi- sourire, un signe quelconque échappé à notre faiblesse. Nous faisons alors comme Saûl, qui ne jetait point de pierres k Etienne, mais gardait les habits de ceux qui le lapidaient. Aussi est-il écrit que Saul était complice du meurtre du saint par son consentement. Etienne unit la douceur de la charité à la force invincible de la foi. Gomme tout à l'heure l'Esprit- Saint parlait par sa bouche, maintenant la charité de Jésus-Ghrist presse son cœur. Il demande le bien de ceux qui lui font du mal; il meurt comme Jésus après avoir vécu comme lui. Que ferionsnous à sa place, sous le coup d'une mort violente et entouré d'ennemis altérés de notre sang comme

des bêtes féroces? La nature livrée à elle-^mfaûe se défendrait jusqu'au dernier moment le uneni qu'elle pourrait, et ce lui serait une consolations périssant de pouvoir se venger par la blessure ou la mort de l'un de ses aggresseurs. La cbarité chrétienne, ou l'amour divin que Jésus^Christ «et venu enseigner et inspirer aux hommes, élève la nature au-dessus d'elle-même, en lui apprenant à renoncer à la vengeance pour la gloire de Dieu et le salut du prochain. En effet, la prière d'Etienne a attiré dans le ceeur de Saul la grâce qui a changé le persécuteur en apôtre, cotfime la prière de Jésus sur la croix a sauvé sans doute quelqu'un de ses bourreaux. Ainsi par la miséricorde et la toutepuissance de Dieu le bien est tiré du mal, et les plus cruels ennemis sont vaincus et transformés par Tamour, tandis qu'ils auraient été perdus ou abandonnés au démon, par les paroles ou les actes de la colère et du ressentiment. Le mal est vaincu ou absorbé par le bien.

Nous osons à peine nous regarder après avoir contemplé cette belle, cette sainte figure d'Etienne, dont le visage ressemblait à la face d*un ange^ pendant qu'il parlait dans le conseil, et que ia gloire du Fils, aperçu à travers le ciel entr'ouvert et debout à la droite du Père, trans%urait déjà d'une splendeur céleste au moment de sa mort; nous qui avons tant de peine à pardonner le naoÎB-

SAINT JÊTISNISE, PHEMŒR iyLâ.RT¥H. 615

'ère tort à notre ég^, mo'ms qme cela, une négligence^ un oubli, une inayttention, que Botre orgueil prend tout de suite pour un dédain, un mépris, ou une injure I Et cependant nous sommes chrétiens conyne Etienne, régénérés par le sang de Jésus-Christ, instruits dans sa doctrine, et nous pouvons comme lui participer par les sacrements de l'Église à tous les dons de'rEsprit-Saint, qui lui a inspiré le cçurage de sa foi et Tardeur de^a charité.

Jésos dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens : Je vous enverrai des prophètes, des sages, et vous tuerez et crucifierez les uns, vous flagellerez les autres dans vos synagogues et vous ]es.poursuivr€2 de vUle en ville, afin que tout ie sang innoocfit, qui a été répandu sur la terre retombe sur vous, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachîe , que vous avez tué entre le temple et l'autel. En vérité, je vous le dis, tout cela retombera sur cette génération. Jérusalem, JérusaleiB, qui tues les prophètes et qui lapides eeux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je

voulu rassembler tes en&nts comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne Tas pas voulu! Le temps approche où votre demeure sera déserte; car, je vous le déclare, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient aa nom du Seigneur.

Nous sommes portés à nous étonner de Tendiuxissement du peuple juif, toujours prêt à se révolter contre Dieu, qui le comble^de ï)ien£sdts, et à se tourner contre ses prophètes et ses envoyés, dont les avertissements et les reproches gênent ses passions et l'importunent, en sorte qu'il va jusqu'à les persécuter de toute manière, et même à les tuer pour s'en débarrasser. Jésus, qui vient dans les versets précédents de représenter aux pharisiens leur injustice et leur hypocrisie, leur annonee ici qu'ils traiteront ses apôtres comme dans tons les temps ils ont traité les serviteurs de Dieu. Et en effet, voici Etienne le premier diacre qui devient aussi le premier martyr, et la parole, Jérusalem qui lapides ceux qui te sont envoyés, s'accomplit en sa personne. Cependant, en revenant sur nousmêmes et en considérant ce qui se passe de nos jours, nous , chrétiens régénérés par le baptême qui nous a infusé l'esprit de toutes les vertus chré-

tiennes, ne sommes-nons pas encore capables d'en faire autant que les juifs, et n'est-ce pas la même histoire dans les temps modernes en ce qui concerne PÉglise et les ministres du royaume du ciel? Dans les affaires publiques du monde, en ce qui touche les rapports de TËglise avec les principautés de la terre, n'a-t-elle pas presque toujours été persécutée ou sacrifiée parce qu'elle disait la vérité qui leur déplaisait? N'y a-t-il pas eu dans tous les siècles, et sous une forme ou xme autre, ime lutte incessante eixtre le sacerdoce et l'empire, dont le sacerdoce a toujours été en définitive le martyr ou la victime , parce que depuis la passion de Jésus- Christ le règne de Dieu ne s'établit ici-bas que par le sacrifice, et la vérité ne triomphe que par la souffrance ou la mort de celui qui l'annonce!

Dans nos affaires privées, quand les passions nous poussent à les satisfaire contre la justice et la loi, le ministre de Dieu ou l'homme, quel qu'il soit, qui nous arrête ou nous gêne par ses reproches, par ses avis, même par sa seule présence, n'excitet-il pas notre cdère, notre indignation, et ne serions-nous pas disposés à Técarler de notre chemin, qu'il embarrasse, par tous les moyens possibles suivant notre situation? Est-ce qu'alors on ne persécute pas aussi l'envoyé de Dieu, non plus peutêtre comme à Jérusalem ou dans Rome païenne par le fouet^ les chevalets ou les bûchers; mais à

618 SAINT ËTIBimE^ PREMIER MARTYR.

k mamère d^anjourd'hui, paar les calomnies, les inailtes, la moqnerie et toutes les marques as mépris, qaand ob ne peut employer la mlence et le meurtre, comme è Tépoqu» révolutiomiaire^ L'esprit du monde, tel qu'il règne de nos jours dans notre ciyilisatioii à moitié ehrétieime, ne vast pas mieux que eelui des juMis toujours en insmTeotion eoBtre Dieu eA ses prophètes, ni même que l'esprit des païens, esclaves de leur orgueil et de leurs passions grossières. C'est toujours le même égoisme charnel, qui, voulait se satisfaire àtoot prix malgré Dieu et ses commandements, repo!E9se violemment et cherche à détruire tout ce qui ie gène. G*est encore Jérusalem qui tue les ptopb^ eft lapide ceux qui lui sent envoyés. A'iôtHud'h» encore Jésus-Christ veut rassembler ses eniststs sous ses ailes par la charité maternelle de son !%{ise, dont Tamour de lapoulè pour ses petits n'est qu'une faible image, eft aujourd'hui comn» alors elle ne le veuf pas et méconnut h don cH-* vin. Dieu veuille nous préserver dlés calaaaitéfl que le Sauveur dédaigné et repevRsé a préditeffà; l'antique Sion et à sœ peuple ai?eugley bies que nous soyons peut-être encore plus coupables par notre ingratitude, puisque nous avons reçu pbes^ de grâces et de bienfaits!

ÉPITRB (IJean, II, 7-12).

Mes trèSKîhers Fr^s, je ne vous écris point un commandement nouveau, mais le Commandement ancien que vous avez reçu dès le commencement, et le coûomandement ancien est la parole. que vous avez entendue. Et néanmoins je vous dis que le commandement dont je vous parle est nouveau : ce qui est vrai en Jésus- Christ et en vous, parce que les ténèbres sont passées, et que la vraie lumière commence déjà à luire. Celui qui prétend être dans la lumière et qui hait son frère est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et rien ne lui est un sujet de chute eti de scandale. Mais celui qui hait son frère est danS'les ténèbres; il marche dans les ténèbres et ne ssdt oh il va^ parce que les ténèbres Vont aveuglé.

Le premier commandement de la loi était d'aimer Dieu de toute son âme, de tout son esprit, de toutes ses forces, et le second, répond Jésus-Christ aux pharisiens, c'est d'aimer son prochain comme soi-même. C'est pourquoi saint Jean dit ici que Tamour n'est point un commandement nouveau, puisqu'il est écrit dans la loi de Moïse, et enseigné à ceux auxquels il écrit depuis leur enfance. Mais cet ancien commandement est cependant devenu nouveau par la manière dont Jésus-Christ l'a expliqué et pratiqué, le portant à sa perfection * par la plénitude de l'amour descendu du ciel et réalisé dans son immense sacrifice pour le salut deshommes. Il est donc véritablement nouveau en Jéi^us-Ghrist et en ses fidèles disciples, qu'on reconnaîtra à ce signe, qu'ils s'aimeront mutuellement comme leur maître les a aimés, c'est-à-dire jusqu'à donner leur vie les uns pour les aujres, comme il a donné la sienne pour tous. C'est ce que saint Jean exprime nettement aux chapitres XÈI' et XV* de son Évangile en rapportant la parole même du Sauver : Je vous donne un commandement nouveau, c'est que vous vous aimiez l'un l'autre comme >e vous ai aimés, et personne ne peut mieux aimer qu'en donnant sa vie pour celui qu'il aime . La nouveauté du commandement apporté par Jésus-Christ consiste donc en cela, que l'amour y est poussé jusqu'au dévouement complet à son

semblable, an point de se sacrifier pour lui, s'il le faut, et ainsi, comme le précepte dé la loi ancienne s exprimait par cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-mêm^, ce qui est justice, le nouveau on plutôt la nouvelle recommandation, car le précepte passe ici à la perfection du conseil évangélique, pourrait être formulée ainsi : Tu aime^ ras ton prochain plv>s que toi. Vérité nouvelle en effet, dans le monde, puisqu'elle y a été apportée avec le feu de l'amour divin que le Fils de Dieu est venu allumer sur la terre et qu'il veut y faire brûler. Le premier il a enseigné aux hommes cette perfection de l'amour et il l'a mis aussi en pratique le premier, en mourant sur la croix pour racheter l'humanité coupable, et la réconcilier avec Dieu par l'effusion de son sang. A coup sûr, cette manière d'aimer était nouvelle ici-bas, et celui qui l'y a inaugurée par sa parole et par son exemple, peut seul aussi par sa grâce, dont la vertu se communique par ses sacrements, inspirer à ses disciples la volonté et la force de l'imiter. Ce règne de l'amour parfait, ou de la charité de Jésus- Christ, est ce que l'apôtre appelle ici la vraie lumière qui a chassé les ténèbres, en sorte que celui qui aime son prochain de la sorte, marche dans la lumière qui est Jésus-Christ. Ego sum lux mundi, (Jean, VIII, 12.) Et au contraire celui qui hait son frère est dans les ténèbres, c'est-à-dire séparé

de Jësns^jhrist qui est Imnière et anurar r Dms est carilas. (1 Jean, lY, 8.) Et quand on marnsm prochain de cet amour célesle, on n'est rebsfé, déçoôté ni effrayé par rien : témoiir la charM chrétienne qui, suiyaiit la parole de' saint Pftolv est patiente, bienTeillamte , souffre tout, enoif tont^ supporte tout et s^onbUe pour les aoltes. (1 Cor., 3ÔII.) N'est-ce pa» ainsi, en elfet, qu^^ se mointre dans le soulagement de toutes les mi' sères, de toutes les infirmités humaines, parle soin des malades et des vieillards, ou dans? Tédii^ cation ^ l'instniction des pauvreB CDluits. Ne faoït-il pas aimer tous ce» malhouronx plus (pis 9oij pomr dévouer ainsi son existence à^ leur ser?ise et s'exposer sans cesse à la mort pour les bim vivre?

Enfin ,. remarquons dans ces belles paroles l'identification de la lumière et de^ Famour, comme en celles qui précèdent en la même Épître Tomté de la sdence et de la pratique. La marque eertniM que nous connaissons Jésus-Ghrifit, c'est qiw Bem observons ses coimnandements. Celui-là seul fpn écoute et garde sa parole aime Dieu d'un amoar parfait, et celui qui den^eure en Jésusf-Ghrist ptf son amour doit vhrre comme il a vécu. On ae marche dans la lumière qu'en aimant comme Jésus a aimé, mais la haine précipite dans les té- ' nèbres, ou dans le royaume de oeini qui ne peut

SAINT JEAN, ÉVANGÉUSTEc 623

pins aimer. L'amcmr est la voie de la lumière, et on apprend à connaître Dieu par raecomplissement de sa lai. Ainsi commence ici^bas la félicité du ciel, ébanchée par la ^ce, et qirî ne sera/ pleine que dans la gloire, par l'union parfaite de la contemplation et de Tamour dd la Vérité infinie' et du Bien sonirerain.

Jésus dit à Pierre : Suivez-moL Pierre, se retournant, vit venir après lui le disciple que Jésus aimait, et qui pendant la cène s'était reposé sur son s€in et lui avait dit : Seigneur, quel est celui qui doit vous trahir y Pierre done l'ayant vu dit à Jésus : Et celui-ci, Seigneur, qae dcviendra-t-il ? Si je veux qu'il démeure jusqu'à ce que je vienne, que vx)us» importe? Pour vous, suivez-moi. Le bruit se répandit alors parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Jésus néanmoins n'avait point dit : H ne mourra point; mais :Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que voua imi* p«)rte? C'est ce même disciple qui rend témoi*^ gnage de ces choses et qui les a écrites,* et'â^us savons que son témoignage es^véritable.

624 SAINT JEAN, ÉVANGÉUSTE.

Ce passage du saint Évaiigile est tellemmit mystérieux^ que nous nous bornerons à citer l'interprétation qu'en donne saint Augustin {tract. 124, in Joan.) et que l'Église paraît ayoir adoptée, puisqu'elle Ta insérée dans l'office de saint Jean TÉvangéliste.

« L'Église connaît deux vies, qui lui ont été annoncées et recommandées d'une manière divine» la vie de la foi et celle de la contemplation. La première se passe dans le temps du voyage , la seconde a lieu dans la demeure éternelle. L'une consiste dans le travail; l'autre dans le repos; celle-ci est sur la roule et dans l'œuvre de l'action, celle-là dans la patrie et dans le bonheur de la contemplation. L'une évite le mal et fait le bien, l'autre n'a plus de mal à éviter et jouit d'un grand bien; pendant que la première combat avec l'ennemi, elle règne sans ennemi. L'une secourt l'indigent; là où est l'autre personne ne manque de rien. L'une pardonne au prochain ses fautes, pour qu'on lui pardonne les siennes ; l'autre n'a plus de pardon à accorder ni à demander. L'une est tribulée par l'amour afin qu'elle ne s'exalte point dans ses biens : l'autre est exempte de tout mal et dans une si grande plénitude de giéce, qu'èllô est unie au souverain Bien sans aucune tentation d'orteil. »

c La première est bonne, mais encore misérable ;

la seconde est meilleure et bienheureuse. Celle-là est représentée par Tapfttre Pierre et celle-ci par l'apôtre Jean. L'une va jusqu'à la fin des siècles et s'y termine, l'autre s'étend au delà, devant se compléter dans le siècle futur et n'ayant point de fin. C'est pourquoi il est dit au représentant de la première : Suis-moi; au représentant de la seconde : Si je Yeux qu'il reste , jusqu'à ce que je vienne, que vous importe? Que voulaient dire ces paroles? Autant que je les puis comprendre, que signifient-elles sinon : Toi, suis moi en m'imitant dans la manière de supporter les peines de ce monde, mais que celui-là reste, jusqu'à ce que je vienne apporter les biens éternels. »

Ces paroles du Sauveur seraient donc à la fois allégoriques et prophétiques. Elles désigneraient la vie active et la vie contemplative , dont Pierre et Jean seraient les représentants, et ce qui est dit à chacun, annoncerait la mission propre que le Seigneur lui donne dans son Église et en ce inonde.

PRATIQUE

Puisque la vie active doit mener à la vie contemplative, comme le temps à fétemité, commençons dès maintenant à les mêler l'une à Tautre, tâchant de joindre à la pratique assidue des bonnes œuvres le recueillement de la prière intérieure et la méditation des vérités éternelles.

^fi' SAINT' JEAN, ÉVANGÉIiSTfi:

Daignez, Seigneur, dans totre bonté, répandre sur TCître Église les rayons dé voftre céleste lumtère,a&i qoe, écUirée par le? ditines paroles dtr disciple biciraimé, voira apdtre «tYotre évangelist», eUe piumeofl» aa bonheur éWffntL Pan Notre^^B«igiie«ï!, eta

9 février.

LA PUKmCATION DE LA SAINTE YIBRGE.

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