‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 68 sur 103 · LEÇON TIRÉE DE L'APOCALYPSE, XXI · texte numérisé non relu

LEÇON TIRÉE DE L'APOCALYPSE, XXI

Moi, Jean, je vîs la ville sainte, la nouvelle Jérusalem qui, venant de Dieu, descendait du ciel, prête comme une épouse ornée pour son époux. Et j'entendis une grande voix sortant du trône et qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et il habitera avec eux. Ils seront son peuple, et Dieu, demeurant luimême au milieu d'eux, sera leur Dieu. Et il essuiera toutes les larmes de leurs yeux, et la mort ne sera plus. Il n'y aura plus ni pleurs, ni cris, ni afflictions, parce que le premier état sera passé. Et celui qui était sur le trône dit : Je vais faire toutes choses nouvelles.

La fête de la Dédicace est la solennité commémorative du jour où Dieu a daigné poser son tabernacle dans un édifice bâti par la main des hommes, qui depuis ce moment est devenu la maison de Dieu. Auparavant, c'était un amas de

pierres, de bois, de fer, comme les habitations des hommes. Maintenant, c'est le temple du Diea vivant, consacré par sa présence, et où tout devient sacré par la participation à l'esprit divin cpi y règne, La dédicace du temple de pierre doit nous rappeler celle du temple de chair, c'est»b-dire de nos corps et de nos coeurs où Dieu se plaît surtout à habiter ; comme cell^-ci-est l'image de k consécffation de TÉglise universelle, dont Jésus-Gbnâ est la pierre angulaire, dont les apôtres sont les fondements, et tous les fidèles les pierres vivantes, qui, suivant la -parole de saint Pierre (1 Pier., H, 4), doivent se superposer pour former la cité spirituelle déjà en ce monde et pour l' éternité.

Or, pour que cette grande œuvre s'accomplisse, il but, suivant la pensée de saint Augustin, trois choses : I<> le choix des matériaux; â* leur^yréptration; 3^" leur liaison solide {Sermon 256).

Credendo enim quasi de silvis et moniibus ligna et lapides prœciduntur; c'est par la foi que les bois et les pierres sont en quelque sorte tirés des forêts et des montagnes. Bien, l'architecte de la Jérusalem céleste, discerne et choisit au milieu du BKMode les pierres vivantes qu'il empiétera dans l'édifice saint ; et après les avoir extraites, û leB marque du sceau de sa grâce. C'est par la foi qu'il excite les âmes , les attire à loi, se lœ approfrie en 1^ séparant du monde et les prédisposant à etm

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mrtmf&. Tantôt il s'en emparé soudainement et les diaoge en un moment, comme saint Panl snr le (É»min de Damas ; tantôt il les prépare lentement^ peu à pen, et par l'action secrète d'une grâce mystérieuse qui les pousse insensiblement au lieu et an temps où elles doivent être employées, comme les inatériaux tirés de la carrière sont apportés à k place où ils doivent être rais en œuvre. C'est la motion de la grâce qui porte l'âme saisie par la fin où Dieu la veut pour son service ; c'est la vocation.

Cum vero catechizantuVy bàptizantur, formant fur tanqu(xm inter maniis fabrorum et opificum, dolantur, collîneantur^ complanantur. Par l'instruction catéchistique et par le baptême, les âmes Sont façonnées, comme les matériaux dans les nxains des ouvriers sont dégrossis, taillés, polis. CTest la préparation des matériaux qui consiste à retrancher et à ajouter. A retrancher tout ce qui ne ^'accorde pas avec Tidée et le plan de l'architecte ; de là les brisements de Tesprit propre, de la volonté propre et des affections naturelles, par les chocs, les luttes, les tribulations au milieu des hommes, par le joug de la loi et l'obéissance à Tautorité; c'est l'exercice de la discipline chrétienne. Ajouter ce qui est conforme au plan de Tarchitecte par Finstruction religieuse, qui enrichît l'esprit de la science des vérités étemelles et

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façonne la volonté par les dons de rEsprit-Sainjtet les vertus célestes, de manière à la rendre parfaitement conforme à la volonté divine. Que celui qui veut être mon disciple, renonce au monde et à lui-même et me suive. (Luc, IX, 23.)

Verumtamen domwm Dei non faciunty vm quando caritate compaginantur. Néanmoins les âmes ne forment la maison de Dieu, que quand elles sont unies entre elles par la charité. La charité seule édifie ; ni les goûts, ni les intérêts, ni les circonstances, ni les affections naturelles ne fondent une union indissoluble, une union éternelle. Il n'y a d'immuable que ce qui vient de Dieu, et les âmes ne peuvent s*aimer toujours qu'en Dieu, qui est l'amour infini. L'amour en Jésus-Christ et par Jésus-Christ, voilà le seul d* ment véritable et solide des pierres vivantes, qiii> en s'attachant Tune à l'autre, doivent constituer la maison spirituelle ou la céleste Jérusalem. Sufh portate vosinvicem [Éph.yïV, 2); supportez-vous l'un l'autre, comme les pierres de la voûte, qui se soutiennent mutuellement en gravitant toutes sur celle qui en est la clef , Aller alterius ^onera portate {Gai., IV, 2); portez le fardeau Fun de l'autre, ce qui arrive aussi dans les murs de l'édifice, où chaque pierre porte celle qui la louche, et toutes sont portées par le fondement. Ainsi les âmes chrétiennes , à mesure qu'elles entrent dans

l'Eglise en passant sur la terre, s'appuient l'une sur l'autre à travers les siècles, et toutes sur les fondements des apôtres et sur Jésus- Christ^ la pierre angulaire : pierres vivantes, extraites, taillées et attachées les unes aux autres par le ciment de la charité pour él.ever sur la terre la cité céleste, qui ne sera achevée que dans l'éternité.

Jésus, étant entré dans Jéricho, traversait la ville. Or il y avait un homme, nommé Zachée, chef des publicains et fort riche, qui cherchait à voir Jésus pour le connaître, et il ne le pouvait à cause de la foule, parce qu'il était d'une petite taille. C'est pourquoi il courut en avant et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu*il devait passer par là. Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et, le regardant, il lui dit : Zachée, hâtez-vous de descendrct parce qu'il faut que je loge aujourd'hui dans votre maison. Ce que voyant tous murmuraient, disant qu'il allait demeurer chez un pécheur. Maïs Zachée, se présentant devant le Seigneur, lui dit : Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai fait du tort

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à qnelqu'cm^ en quoi que ce soit, je lui en read» qoatre fois autant. Alors Jésus lui dit : Aujoard'hoi le salut est entré dans cette maison, parce que cet homme est aussi un enfant d'Abraham. Car le Fils de THonuoe est venu diercher et sauver ce qui était perdu.

L'higtoire de Zadiée le publicain, qui a Thonneur de recevoir Jésus-Christ dans sa maison, Douô représente l'action de la grâce sur les âmes, et eonunent elle arrive à les posséder et à en fidre ta deiMure. D'abord elle ne fait point acoqtkn des personnes, et la parole de saint Pierre estid réalisée : vTout homme est agréable à Diea, foi le craint et opère la justice. {Act,, X, a5,)Zachée était païen et de plus publicain, deux choses qoî, aux yeux des juife, devaient l'empêcher d'entrer en communication avec ITIomme-Dâeu. Aussi di- 8aiem*-ils arec mummre : il est aBé loger chez ub péchear. Car aux yeux des }uifs les publicains, on eeux qui prenaient à ferme les impôts pour le compte des Romains, étaient des gens impurs et dignes de mépris. Us ont ici la même pensée qne le pharisien Simon voyant Madeleine baiser les pieds de Jésus et les essuyer de ses cheveux après les avoir mouillés de ses larmes : si cet homme était prophète, il saurait que cette femme est une

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^échcfresse et il ne se laisserait point toucher par eX^ Ainsi, nous savons par là que de tous les c6t^s, âe tous les degrés et dans toutes les conditions ^ on peut aller à Jésus, qui n'exdue ou ne repousse personne^ pas même les plus coupables ou les pks décades aux yeux des hommes, si Ton Ta à kd aiasc bonne volonté. Sa grâce même nous pré^ tient d'une manière ou de l'autre; car elle est comme le soleil, qui luit pour tous et verse la faxmièfe partout où il trouve accès. Zachée avait le désir de voir Jésus-Christ pour le connaitre, et ce désir ne reste point stérile en lui. H fait tout ce (pL*il peut pour s'approcher de Jésus, mais deux dxfêes s'y opposent : d'un côté la foule qui hii feme le passage, et de l'autre sa petite taille, qui Ifempéche de voir de loin et par-dessus la mullilssk. Ainsi Tâme, que la grîtee a touchée et ^i Mt attirée vers Jésus, ne peut pas toujours aller à lut, à cause du monde où die vit, des affaires, des pUdis ou de Bailles dioses qui la distraient ou l'en éloignent, et enfin, parce qu^étant trop petite 4Hi..tr^ fa^>le^ eiie n'a pas la fonce d'élever sea esprit uu son regard par-dessus la foule des âioses humaines jusqu'aux vérités étemelles. Pluaâfturs en restent là ou reculent, et alors elle n'arrivent p^t au rapport intime avec le Maître. Mais Zadiée neua apprend ce qu'il laut faire dans ce eflis. Iliîaut cherdier un aide k la feiblesse de notre

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raison naturelle, à la petitesse de notre esprit, et monter hardiment sur la hauteur de la foi, figurée ici par Tarbre où il s'exhausse, afin de dominer la foule et les obstacles, et de voir Jésus. Car Zachée a soin de choisir un arbre qui se trouvait sur le chemin par où le Maître devait passer. Ces efforts de la bonne volonté du pablicain, qui sont une réaction à la grâce prévenante, attirent une nouvelle grâce. Zachée a fait tout ce qu'il a pn pour voir Jésus; et son regard, dirigé avec ardeur sur l'objet de son désir, excite et attire le regard de THomme-Dieu, qui s'élève vers lui, se fixe sur lui, et prend directement possession de son âme par ces paroles : Aujourd'hui, il faut que je demeure chez vous. Et Jésus, malgré l'indignité apparente du publicain et les murmures de ceux qui l'appellent un pécheur, établit sa demeure dans sa maison, et lui apporte le salut avec sa présence. Voilà conmaent il s'empare des âmes et les fait siennes, en les transformant par sa grâce, comme il transfigure et glorifie une maison de pierre et de bois quand il daigne y entrer par son' adorable sacrement, qui l'y rend personnellement présent et y établit son tabernacle. Sans doute. Dieu a pitié de ceux auxquels il veut faire miséricorde, etnooB ne pouvons pénétrer tous les secrets de sa justice ni de sa bonté. Les âmes qui semblent les plus éloignées de lui en sont quelquefois les plus pro-

ches^ et il fait de ses ennemis acharnés ses instruments les plus efficaces. Mais, au fond, il y a toujours une raison aux desseins^de la Providence, qui est la Raison infinie , et ce n'est pas sans motif qu'une âme est appelée et choisie, soit que Dieu l'ait marquée d'avance pour être employée à son œuvre, soit que par un heureux exercice de sa liberté elle ait attiré ce choix. Madeleine avait déjà beaucoup aimé Jésus avant d'être pardonnée, et elle ne Ta été qu'à cause de son amour, qu'elle venait de manifester d'une manière si éclatante. Ici aussi nous entravoyons quelques raisons de l'appel du publicain; c'est que, contrairement à ce qui arrivait aux hommes de sa classe, qui étaient durs, avares, injustes, et sacrifiant tout à l'argent, lui avait une justice bien plus grande que celle du juste, mesurée par la loi du talion, puisqu'il rendait au quadruple le tort commis, et une bienfaisance qui surpassait de beaucoup celle de la loi, qui n'exigeait que la dime ou la dixième partie, et lui donnait aux pauvres la moitié de ses biens. C'est pourquoi il a l'honneur d'être mis par Jésus au nombre des enfanta d'Abraham, bien qu'il n'en soit pas par le sang; mais il lui appartient par la filiation divine de la foi et de la charité. Car Dieu peut, ainsi que Jean le disait aux juifs, faire avec des pierres des enfants d'Abraham^ conmie dans la dédicace des églises il change

5M DÉOIGACfi DES ÉOUSBS.

aussi par sa présence un amas do pierres ea un tabernacle vivant, en une demeure céleste.

PRicTiaUE.

Que nous sommes loin» nous chrétiens, de la justifie de Zachée, qui réparait au quadruple le tort qu'il a?ait pu faire aux autres ! Hélas î nous avons bien de la peine à égaler la réparation au dommage , et quant àht charité envers les pauvres, domoans-nous seuiement le dixième de nos bleus? et lui en donnait la aoitiél

PHIÉBX.

0 Dieu, qui renouvelez chaque année en notre br veur les jours où ce saint temple vous a été coosar cré, et qui nous permettez d'assister à vos saints mystères, eiancet nos prières, et accordez à tons cem qni viendront vous y demander les gr&ees dont ils ont beeoin la joie de les obtenir, par Notre-Seigneor, eto.

ï^TES PRINCIPALES

EN BEBDOBS DU BIMANCmi.

La crainte de grossir démesurément oe Tolume nous a «iiligéà fttirc un choix parmi ces fêtes.

• âéceinbre.

U GONGBPTiœi IMMACULÉE DE U T. S. VIERGE.

I^ÇON TIBâEI BU LIYKK DES PROVERBES,

Le Seigneur m'a possédée au commencement de ses voies, avant qu'il formât aucune créature. J'ai été établie de toute éternité, et avant que la terre fût. Les abimes n'étaient pas encore, et déjà j'étais conçue. Les fontaines n'étaient point encore sorties de la terre, les montagnes ne reposaient point encore sur leur masse, j'étais enfantée avant les collines.

600 LA CÇNCEPTION IMMACULÉE

Il n'avait encore créé ni la terre ni les fleuves, ni affermi le monde sur ses pôles. Quand il préparait les deux, j'étais là. Lorsqu'il envir(mnait les abîmes de leurs bornes et leur prescrivait une loi inviolable ; lorsqu'il affermissait l'air au-dessus de la terre, et mettait en équilibre les eaux des fontaines; lorsqu'il renfermait la mer dans ses limites et imposait une loi aux eaux , afin qu'elles ne passassent point leurs bornes; lorsqu'il posait les fondements de la terre, j'étais avec lui, réglant toutes choses. J'étais chaque jour dans les délices, me jouant sans cesse devant lui, me jouant dans le monde, et mes délices sont d'être avec les enfants des hommes. Écoutez-moi donc maintenant, mes enfants : heureux ceux qui gardent mes voies I Écoutez mon enseignement, soyez sages et ne le rejetez point. Heureux celui quî m'écoute, qui veille tous les jours à l'entrée de ma maison et se* tient à ma porte! Celui qui m'aura trouvée, trouvera la vie, et il puisera le salut dans le Seigneur.

Quand l'Église parle delà sainte Vierge^ elle lui applique presque toujours des paroles des livres sa{»entiaux qui se rapportent à la sagesse divine, comme si ces paroles étaient une préfiguration de l'existence de Marie et de la sublime mission qu elle a reçue de mettre au monde le Fils de Dieu, le Verbe incamé dans son sein, ou de manifester par la nature humaine et dans les conditions de Thumanité la divinité en la personne adorable de Je- SQS-Ghrlst. Les saints Pères enseignent que tout ce qui est dit dans l'Ancien Testament de la sagesse de Dieu a ime double signification. La première se rapporte au Verbe divin, à la seconde personne de la sainte Trinité, qui est la splendeur du Père, le caractère de sa substance (Héb., I, 3) engendré de toute éternité par la connaissance que Dieu a da lui-même et qui constitue son étemelle vie, en sorte que le Père ne peut être sans engendrer le Fils et sans lui être uni par le rapport vivant de l'amour ou de TEsprit-Saint. Le Fils, coéternel au Père, puisqu'il est consubstantiel avec lui, possède et exprime toute la nature divine , et rien n'est et ne se fait au sein de la divinité comme dans la création que par lui. C'est pourquoi il est appelé la sagesse ineréée, et c'est d'elle qu'il est écrit : Ex are altissimi prodivi, primogenita ante omnem creaturam; je suis sortie de la bouche du Très-Haut, et j'ai été engendrée avant toute créa-

602 LA OONQfiPTION IMMAGUUte

tore (EccUs^f XXIV) ; et dans le texte de oe jQQr : le Seigneur m'a possédée au conuneneemeot de ses voies ^ j'étais avant qu'il créât aucune chose. J[*ai été établie dès Téternité et dès le p^iampi avant que la terre fût créée*

Mais il est dit aussi que Dieu a tout créé im sa sagesse avec nombre, poids et mesure, c'e$l4Mdire que, tout ayant été £axt par le Verbe de Siea et plus ou moins à son image et à sa remiar blance suivant le degré des créatures,. la Sagews éternelle, en créant d'après ses idée£^ et ses lois, a imprimé dans ses produitale t^pe d'elle^mêne o& son sceau, comme Tesprit de l'homme le m^tà tout ce qu'il fait. De là dans l'univers une sagesse divine, niais créée, parce qu'elle s'établit et subsiste dans les créatures pour les mettre en ardre, les gouverner, et les maintenir par son actioff Wr cessante, qu'on ^pelle la Providence. Elle est le poincipei û source, la mère de tout ce qu'il j a de bien, de vrai et de beau dans la. création,, seit dans la nature, soit dans l'homme. C'est pourqiu» il est écrit dans le livre des Proverbes A|ue la sa* gesse était avec le Seigneur, quand il créait et or* donnait le monde, et qu'elle réglait tout avectei» se jouant devant lui et se jouant dans le mimis^ o'est-*^dire lui fournissant le modèle dd tout $• qu'il cré9iXp et subsistant dans les créatures €ùmm type^ empreinte, ou exemplaire 4q6 idéâs dirâss.

DE LA TRÈS-SAINTE VIER^iHB. 603

Et eUe «joute : Mes délices sont d'être avec les •nfuits des hommes, parce qne^ en effet, l'homme setil ici^bas est capable de comprendre les roîeâ de la sagesse par son intelligence, et de laisuivre avQc conscienee et amour par sa liberté. C'est pourquoi lui seul est en ce monde l'image de Dieu ; et il ne peut être dans Tordre de sa création, et ainsi dans le bonheur, ou répondre h k teiute destination que Dieu lui a <ionnée, c[u*en f«c0rtnt les instruoticms de k sagesse, en garéant SSB v^s, en la reproduisant, autant qu'il est en iui, dans sa conduite par Texercice bien réglé de sa liaison et de sa volonté, comme le reste de la création la nuinifeste sans intelligence et sans U* berté.

Maiirtenant comment ces «onsidéwitions sur la Sagesse incréée et la sagesse oréée s'apj^quenteâos h la sainte Vierge ? Oh ! d'une manière admiraUe^ et cette allusion mystérieuse est au fond de Kmtes les paroles de TÉglise sur la mère de Jésus*- Ghrist tirées de TAncien Teâtament. Quand Dieu a créé le monde, la Sagesse éternelle ou le Fils, par qui tout a été fait, s'est imprimée dans toutes les créatures et exprimée par elles, ce qui a produit la sagesse créée, qui maintient les créatures dans l'ordre, ou tout subsiste avec nombre, poids et mesure. Mais lorsque Dieu a daigné, "pour Haettre le comble à son amour, non plus seule-

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