PURIFICATION
la présentation de l'Enfant Jésns au temple. Le Dominateur, qn'Israél attend , entre dans son temple, non pas conmie les jnifs charnels l'espéraient, avec la pompe et la puissance du monde et en conquérant qui vient leur soumettre les nations. Il y arrive humblement, sous la forme d*un petit enfant porté par une pauvre femme, pauvre des biens dé la terre, mais riche des dons et des trésors du cieL Aussi, comme dit Malachie, personne ne pense au jour de son avènement, personne ne se tient là pour le voir. H passe inaperçu de la foule au milieu des enfants présentés chaque jour au Seigneur. Seul le vieillard Siméon, qui l'attendait avec désir, averd par TËsprit'Saint qui le conduit au temple, le recon^ nait avec amour, le proclsuoae et l'exalte avec transport. Aujourd'hui encore, quoique le Sauveur habite dans l'Église depuis plus de dix^huit siècles, malgré son Évangile qui a changé la face du monde et illuminé les nations, malgré les admirables bienfaits de sa morale qui a renouvelé et perfectionné la civilisation, l'Ange de la nouvelle alliance est trop souvent délaissé dans son tabernacle, où personne ne s'empresse de le visiter et de l'adorer, sauf quelques âmes pieuses conduites vers lui , comme le vieux Siméon , pour lui offrir l'hommage de leur soumission et de leur reconnaissance. Le prophète annonce ce qu'il vieut
faire. Il vient régner sur les âmes en les purifiant par le feu de TEsprit, et surtout sur les fils de Iiévi ou les hommes consacrés au service des autels, qu'il épurera comme Tor et l'argent, afin ' qu'ils offrent le véritable sacrifice de la justice. C'est le saint ministère de TÉglise, succédant à celui de la synagogue, qui doit immoler la victime par excellence, et non plus les animaux qui en étaient la figure, sacrifice offert dans la justice que le sang de Jésus-Christ a acquise à l'humanité. C'est l'Église, qui n'adore plus à Jérusalem , à Samarie, ni sur telle montagne, mais partout où ce sacrifice peut être offert en esprit et en vérité, parce que ce sont les adorateurs de ce genre que le Père aime. (Jean, IV, 23.) Nous, chrétiens, qui avons le bonheur d'être unis à Dieu par la nouvelle alliance , et de participer à sa nature et k sa vie par la régénération de notre âme dans le sang rédempteur, attirons par toutes les forces de notre désir et de notre prière le feu purificateur du Saint-Esprit, que le Fils de Dieu est venu apporter du ciel à la terre, et qu'il veut faire brûler dans nos cœurs.
Lorsque les jours de la purification de Marie furent accomplis, selon la loi de Moise ils por-
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tarent Jésus à Jérasalem pour le pi^senter an Seigneur, comme il est écrit dans la loi: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, di aussi pour donner ce qui devait être oflfert en sacrifice d'après la loi, deux tourterelles OB deux petits de colombes. Or il y avait alors à Jérusalem un homme juste et craignant Die», nommé Sinoéon, qui attendait la consolatîM d'IsraëU et le Saint^prit était en lui. B avait été averti par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point sans avoir vu le Christ du Seigneur. D vint donc au temple conduit par l'Esprit. Et comme le père et la mère de Jésus l'y portaient, afin d'accomplir pour lui ce qui était ordonsé par la loi, il le prit luinnème dans ses bras et bénit Dieu en disant : maintenant, SeignecEr, laissez partir en paix votre serviteur sdoif votre parole, parce que mes yeux ont vu notre Sauveur, que vous avez préparé devant la face de tous les peuples, comme la lumière qui éclairera les nations et qui fera la gloire de votre peuple Israël.
Ea' première considération qm s'offre à la lectare; de cet ^ évangile, cW l'exeiiqpdb: de sonamia^
skuD à la lai donné par le Sauveur et pat sa mère.
Elle le porte an toupie pour le eomaorerk Dieu,
eonmie le demande la loi de Moïse, eu le racheter
pai^ les offrandes) mdicpiées; et elle qni n'awfe
nul besoin d'^re puri&fe , puisqu'elle n'avait été
scmillée d'aucnne taduey ni dans la conception par
le péché d'origine, ni dans sa eonduite par le pé«
ché actuel, ni dans Tenfantement de son divin
Fïs pmsqu'eèle éloit dervenua mj^ sams cesser
itètte TÎerge , eOe vient cependant comme lee;
mres femmes remplir les observajices imposées
par Mo'ise» Jésos, le Fils* de Dieu, le mûtre oks
cid et de la terre^ a continué pendant txmte sa
m terrestre à obéir à la loi dans ses dâsposin
^UB rriîfienses et civiles, disaiit qu'il n^'était
cpHnt venu pour la détruire, mais peurFaccomK
ffip et la perfeetionner. Et après cela nous ferions
. JN difficultés de nous y soumettro, nous daé^
Jires créatures de Dieu, qui ne pouvons vivre eosK
^l^blement et heureusement que par elle,^ ci»
' |)rte que nous nous dégradons et gâtons notre eaisr
^ l8nce, quand nous violons la loi pour faire notre
t^Wonté propre. Notre orgueil nous pousse à la mé-
Ifriser ou à la combattre, ou si nous n'osomA aUer
|Kque-là , nous teiitons tout ee qui est en notre
Eivoir et profitons de toutes les circonstances^ ' tous les prétextes, pour y échapper en l'éhi- ,^t, en passant k côté, ou lui accorder le- moins
682 PURIFIGATION
qu'il est possible. Nous croyons nous afirancbir en en secouant le joug^ tandis que, au contraire^ nous nous rendons esclaves de nos passions et des choses qui les excitent : esclavage dont Tobservation de la loi nous préserverait; car il n'y a de vraie liberté que pour la volonté qui est dans Tordre, et Tordre est établi et assuré par la loi.
La loi mosaïque, en ordonnant de consacjrerau Seigneur tout enfant mâle premier-né, iiendait en cela à Dieu Thommage qui lui est dû, parce que tout ce qui a vie lui appartient et ainsi doit lui ètte offert en témoignage de son domaine souverain. Or, Thomme fait à Timage de son auteur et do«é par lui de si hautes facultés lui appartient plus encore que les autres êtres ; mais comme il est raisonnable et libre , Toffrande de lui-même, pour être complète, doit se faire volontairement et avec conscience, C'est à ce devoir qu'Adam a manqué en désobéissant k la parole divine, et c'est pourquoi tout mâle premier-né. devait être offert i Dieu comme une restitution à sa naissance, of« fraude préfigurative de celle de Jésus-Christ, qui seul pouvait ramener l'humanité à Dieu, en la lui rendant pleinement par le sacrifice sans homes de sa personne. Or, le sacrifice se compose de Feblation et de Timmolation. L'oblation s'est faite au temple le jour où Jésus y a été présenté par sa
mère. C'est le genre humain tout entier, dont il est le représentant, qui est* offert en lui et par lui dans la victime se substituant volontairement au pécheur pour l'expiation et la réparation du péché, et cette première partie du sacrifice sera complétée par l'immolation de la croix, dont elle est le prodroûie, et sans laquelle elle n'aurait point de sens ni de valeur.
Ainsi le sacrifice du Rédempteur commence à sa présentation au temple, qui le consacre au Seigneur pour rendre à Dieu tout ce qui lui appartient, et réconcilier au prix de son sang l'humanité avec la divinité. Et le sacrifice de la mère, qni souffrira de toutes les souffrances de son Fils pour le rachat des hommes, s'accomplira en même temps, comme Siméon le lui antionce par ces paroles : Votre cœur sera transpercé comme par un glaive. C'est la compassion de la sainte Vierge, on les sept douleurs dont elle a été torturée dans son martyre non sanglant au pied de la croix. Toutefois le sacrifice du Sauveur ni celui de Marie ne nous servent de rien, si nous n'y prenons part par notre propre immolation, c'est-à-dire en renonçant au monde et k nous-mêmes et en portant avec lui et à sa suite notre croix de chaque jour. (Matth., XIV, 24.) Mais pour nous aussi' Toblation doit précéder le sacrifice, et c'est pourquoi nous devons en ce jour nous offrir à Dieu 'dans
684 Ptm^ïGATWN
son !leoipk «rec l'Ënbot Jésus, pour bous ensacver à son service de toutee nos forces et suivait notre posiikm, et em(do3/«r k sa globe ei à l'ameooBieiit de âon nè^e ici-*bas tout ce qne nous «mus et tout ce que nous sonux^s. Gar œmrà seuls participeronit k la 'splendeur et li la félidié de Jésas-*Glirist cpû auront partagé scn abaissement et ses douleurs. {Rom., VIII, 17.)
La parole prophétique de Siméon s*élè?e audeasus de l'esprit exdusif des jni&, qui massaient les nations et œ s'inquiétaient nnllei^at de leur salut, les reganlœit comme des idolâtras et par conséquent comme les ennemis de Dieu et d'Israël, destinés à subir les effets de sa colère et leur joug, frétait Tinterprétation littérale desfecommandations divines touchant les rapports du peu]^ choisi ayec les gentils. Mais ici Siméon parle par TEsprit de Bieu comme Isaïe et comme Zadiaiie, le père de saint Jean-Baptiste. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a va une grande .darté ; ceux qui habitaient dans ksr^ons de l'ombre de la mort ont vu la lumière se lever sur eux. Le soleil levant nous a visités du hautdes cieux; il vient éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans les ombres de la mort. » Et en d'autres endroits de la sainte Écriture Dieu dit : Celui qui n'était pas mon ^peuple le deviendra, et celui qui Tétait deviendra infidèle et ingrat. C'est
l'accomplissement de la promesse faite k Abraham, qae toutes les nations de la terre seront bénies dans sa race. Jésus a. été., efi<effet, la lumière des nations en les tirant de Terreur, du mensonge et de la dépravation par lîÉvangfle ^es vérités éternelles, principes de la vraie science et de la morale la plus sublime que l'homme puisse concevoir et pratiquer. Il est aussi la gloire d'Israël, puisqu'il en est sorti et qu'il y a pris ses apôtres et sas iNDomecs iUscâpJÎeB, fondeiaents de son
PRATIQUE
Ofi&^ons^nous en ce jour à Dieu avec PEnfant Jésus en esprit et en vérité, c'est-.à-dire pour participer à son sacrifice et à celui de Marie, par le renoncement à nous-mêmes et le portement volontaire de notre croix. A cette condition seulement ^on est un vrai disciple de . Jésus-Chriât.
PHIÈRE.
Seigneur Jésus, qui vous offrez à votre Père éternel, comme la victime seule capable de nous purifier, je m'offre à vous, si imparfait que je sois, mais avec tout Tabandon d'une victime. Immolez-moi vousmême par la mortification qu'il vous plaira de m'imposer, consumez les imperfections de mon âme par le feu de votre charité, aiiBn que je mérite un jour de TOUS ^tre préaenié avec un cœur pur dans le temple de TOtre. gloire. Ainsi soit-il.