‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 84 sur 103 · SAINT MICHEL · texte numérisé non relu

SAINT MICHEL

purcommexin ange, cette personne est unange^ nbus ne sommes point des anges puisque nous avons un corps. Néaumoins quelques Pères deTÊglise, Tertullieu entre autres, ont pensé que ces esprits étaient unis à des corps très-sublils, qui d'un côté les distinguent de l'hcnome revêtu d*un corps grossier, et de l'autre de Dieu, qui, disent-ils, est seul un pnr Esprit. Tout le nûonde est d'accord sur leurs fonctions, d'où ils tirent même leur nom. Ils sont les ministres du Très-Haut dans le gouvernement de l'iiDivers; il les envoie aux hommes sous une forme ou sous une autre pour leur annoncer ses volontés et les aider à l'accomplir. Ils sont donc les instruments de la ProvidoEce divine auprès des créatures, et intermédiaires entre le ciel et la terre, ils transmettent à la terre les paroles et les bénédictions du ciel, et portent au ciel les prières et les louanges de la terre. Ils sont aussi les protecteurs des hommes auprès de Dieu : ce qui est indiqué dans le passage de l'Apocalypse, que l'Église nous fait lire en ce jour. Il y est dit que Dieu a envoyé son ange à son serviteur Jean pour lui manifester les choses qui devaient arriver bientôt, et alors Jean, instruit par l'ange, annonce la Parole divine et rend témoignage de tout ce qu'il a vu de Jésus- Christ. II y est parlé aussi des sept esprits qui sont devant le trône de Dieu, comme sept lampes ardentes. Ce qui était figuré dans le temple de

Jérusalem par le chandelier à sept branches placé devant le tabernacle, et se rapporte aux sept dons du Saint-Eprit, transmis dans l'Église par le sacrement de la confirmation.

En ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus, et lui dirent : Qui pensez-vous qui est le plus grand dans le royaume des cieux? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et leur dit : En vérité, je vous le déclare, si vous ne vous convertissez et ne devenez semblables à des petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. Celui-là donc qui s'humiliera comme cet enfant sera le plus grand dans le royaume du ciel ; et quiconque reçoit en mon nom un enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât au cou une meule de moulin et qu'on le jetât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Il faut qu'il y ait des scandales; mais malheur à l'homme par qui le

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scandale arrive! Si donc votre main ou vtitre pied vous scandalise, coupez-les et les jetez loin de vous. Il vaut mieux pour vous entrer dans la vie éternelle privé d'une main ou d'un pied, que d'avoir deux mains et deux pieds et d'être jeté dans le feu étemel. Et si votre œil vous scandalise, arrachez-le et le jetez loin de vous. Il vaut mieux pour vous entrer dans la vie éternelle avec un seul œil, que d'en avoir deux et d'être précipité dans le feu de l'enfer. Gardez-vous de mépriser un de ces petits enfants; car, je vqus le déclare, leurs anges dans le ciel voient sans cesse la face de mon Père, qui est dans les cieux.

Notre-Seigneur donne ici à ses disciples, toujours prêts à s'exalter dans l'espéraiM^e de sa puissance et de sa gloire futures et de la part qu'ils y prendraient, une leçon vivante et frappante d'humilité. Ils lui demandaient qui sera le plus grand dans le royaume des cieux, comme ailleurs ils se disputaient k qui serait le plus grand parmi eux. Il leur répond en plaçant au milieu d'eux un petit enfant et leur disant : « Si vous ne- devenez comme cet enfant, vous n'entrerez pas au cieL «» SaÎAt Hikire commente ainsi cette parole {in Matth*^ c. XYIII)-

« Le Seigneur enseigne qu'on n'entre au séjour céleste qu'en redevenant enfant, c'est-à-dire par la simplicité enfantine qui détruit les vices de l'âme et du corps. H faut entendre par là les enfants qui reçoivent avec foi ce qu'on leur dit; car ils obéissent à leur père, ils aiment leur mère et ne veulent point de mal au prochain. Us ne s'inquiètent point d'amasser des richesses. Sans insolence et sans malice, ils ne savent point mentir. Us croient ce qu'on leur dit, et tiennent pour vrai tout ce qu'ils entendent. Il faut donc revenir à la simplicité des enfants ; car par elle nous participons en quelque chose à l'humilité du Sauveur. » Ce petit enfant, que les disciples méprisaient sans doute, et que leur maître leur donne en exemple, est quelque chose de tellement grand, que Jésus-Christ semble s'identifier avec lui. Celu qui le recevra en mon nom me recevra moimême. (Marc, IX, 30.) Malheur à Thomme qui scandalisera ce petit qui croit en moi ou qui es uni avec moi par sa foi. Il vaudrait mieux pour lui ^tre jeté au fond de la mer avec une meule au €ou. (Matth., XVin, 6.) Enfin, pour achever de faire comprendre à ses disciples la dignité de l'enfance chrétienne, il ajouté : Je vous le déclare, les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux. (Matth., XVin, 10.)

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