LA COMPASSION OU LES SEPT DOULEUBS
êtes bénie de votre Dieu dans toute la maison de Jacob, parce que le Dieu d'Israël sera à jamais gloriBé en vous par tous les peuples qui entendront parler de votre nom. »
Nous ne voyons nulle part quelles sont eiacte* ment les sept douleurs de la sainte Vierge. Peutêtre le nombre sept est-il employé ici pour signifier l'abondance de ses peines ; ou bien, si l'on veut les déterminer, on trouve vraiment dans la vie de Marie plus de douleurs qu'il n'en faut pour compléter ce nombre. On est réduit alors à choisir les principales, que désigne en effet la tradition. Ce sont : I** l'affliction que Marie dut ressentir par la prophétie de Siméon, qui lui annonça avec la gloire de son fils les contradictions auxquelles il serait en butte , et tous les déchirements de ccpur qu'elle en éprouverait; 2^ la fuite en Egypte, quand, sur l'avertissement de Tange, la sainte famille fut obligée de quitter Nazareth et la Palestine, afin de sauver l'enfant Jésus de la persécution d'Hérode ; 3° les angoisses qu'elle a ressenties en ne retrouvant pas son fils, qu'elle a cherché vainement à Jérusalem et dans^les environs, la douleur d'une mère qui croit avoir perdu son enfant; 4** la trahison de Judas et l'arrestation de Jésus, conduit garrotté devant le grand prêtre, devant Pilàte, devant Hérode. Quelle douleur pour une mère qui connaît rinnocence de son fils^ mais aussi
la haine et Tiniquité de ses ennemis ! Puis son jugement et sa condamnation à mort avec toutes les violences et toutes les indignités qu'il a subies, souffleté, flagellé, conspué, foulé aux pieds comme un vçr de terre ; toutes ces tortures retentissent dans son cœur maternel, qui en est plus déchiré que le cœur même de son Fils: 5® le portement de la croix sur la voie douloureuse qu'il arrose de ses sueurs et de son sang, et où, suivant la tradition , sa mère le rencontre dans une de ses défaillances ; G*" le crucifiement , dont Marie est le courageux témoin, bien que chaque coup de marteau qui enfonce un clou dans la chair de son Fils lui brise le cœur; puis tout ce qu'elle ressent sous la croix inondée du sang de Jésus, et pendant qu'elle contemple ses plaies béantes et qu'elle entend la dernière parole qu'il lui adresse ainsi qu'à saint Jean , en lui donnant un autre fils; 7"* le côté de Jésus entr'ouvert par la lance du soldat qui perce le cœur de la mère , quand l'âme de son Fils ne la sent plus ; la déposition de la croix du corps de Jésus , qui Tenlève à ses regards maternels et à sa tendresse par l'ensevelissement. Douleur immense, et que Marie seule peut éprouver à ce degré, parce que, Mère de Dieu et ayant Fintuition de ce qu'est son Fils, elle est accablée par le contraste de tant de gloire et de tant d'abaissement, d'un anéantissement si pro-