LE VENDREDI DE LA SEM. DE LA PASS
Ceux qui se retirent de vous seront écrits sur la terre, parole qui est comme la contre-partie de celle de Notre-Seigneur : les noms de ceux qui servent Dieu sont écrits dans le ciel, dans le livre de vie.... Or le livre de vie est étemel, et tout ce qui y est marqué participe à son éternité. Le ciel dans sa signification la plus haute exprime la vie même de Dieu, ou son royaume, la sphère infinie de l'adorable Trinité avec sa toute-puissance, sa splendeur, sa féUcité, à laquelle participent les anges fidèles et les bien- aimés du Père céleste parmi les hommes rachetés, sauvés et glorifiés par le sacrifice de la croix. Être écrit dans le ciel, c'est donc être établi dans la vie divine , y avoir reçu le droit de cité, ou plutôt être devenu membre de la divine famille par l'incorporation au corps glorieux du Christ, et par lui à la nature même de Dieu dans l'Esprit saint : Divinx consortes naturXy dit saint Pierre (2 Pier.,1, 4) ; et un docteur de l'Eglise ajoute Deo incorporati^ ou Dei concorporei.
C'est pourquoi Jésus dit à ses disciples (Jean, XV, 4): ff Je suis le cep, et vous êtes les branches, et vous ne pouvez rien que par moi. » La branche, qui tient au tronc, vit de sa sève, mais elle se dessèche quand elle s'en détache. Ainsi de ceux qui se séparent de Dieu; ils tombent sur la terre, comme *une branche détachée qui va se confondre
avec elle, soit qu'elle se réduise en poussière sur place, soit qu'on la jette au feu qui en fait des cendres. L*âme éloignée de Dieu n'a plus rien en elle qui la tourne vers le ciel. Elle cesse de s'y suspendre pour ainsi dire, et il lui arrive le contraire de ce que dit saint Paul : Conversdtio nostra in cœlis est (Philip., in, 20). Toute sa conversation ou sa manière de vivre est avec la terré, c'est-à-dire dominée et dirigée par les intérêts, les jouissances, ou la gloire du monde. Alors, suivant la parole énergique du prophète , elle s'inscrit sur la terre par tous ses sentiments, ses désirs, ses paroles et ses actions. C'est l'homme de la terre, homo terrenus, qui n'agit plus que par l'impulsion de l'esprit terrestre, esprit charnel dans la nature, esprit mondain dans la société. Le plaisir ou l'éclat du moment sont les mobiles de son existence : et comme le plaisir de la chair passe comme la fleur des champs, et que l'éclat donné par l'opinion est instable comme elle, la confusion arrive promptement par le déclin de la vie du corps , et par l'obscurcissement inévitable de toutes les lumières d'ici-bas. La maladie, la mort, et Tinconstance des hommes ont bientôt détruit cette efflorescence passagère; et ainsi l'existence, qui n'est écrite que sur la terre, c'est-à-dire sur le sable, sur la poussière, sinon dans la boue, est rapidemeiit effacée par tous les vents de ce monde, qui, en en renou-
vêlant sans cesse la surface, n'y laissent subsister que ce qui vient de Dieu. Ce qui rappelle les magnifiques paroles du Psalmiste (Ps. I, 1) : c Heureux celui qui ne s'est point égaré dans le conseil des impies, qui n'a point marché dans la voie des pécheurs et ne s'est point assis dans la chaire du mensonge. Mais sa volonté s'est attachée à la loi du Seigneur et il la méditera jour et nuit. Il sera comme un arbre planté au bord des eaux courantes, qui donnera son fruit en son temps; sa feuille ne tombera point, et tout ce qu'il fera prospérera. Il n'en est point ainsi des impies; non, mais ils sont comme la poussière que le vent chassçide la surface de la terre. C'est pourquoi ils ne ressusciteront pas au jour du jugement; les pécheurs ne paraîtront pas dans l'assemblée des justes, et le chemin des impies périra. » Et en autres paroles sublimes : « J'ai vu l'impie s'exaltant au milieu du monde conmie le cèdre du Liban dans les airs : il semblait comme lui toucher le ciel de sa tête, et il couvrait tous ses alentours de son ombre puissante; je n'ai fait que passer, et il n'était déjà plus. »
Cependant l'homme de la terre, l'homme du monde, dans son exaltation du moment, dans soi» triomphe passager, regarde en pitié la voix humble et souvent pénible de l'observateur fidèle de la vérité et de la justice, qui, par cela même qu'il les
préfère aux biens d'ici-bas, se trouve engagé dans les tribulations de la lutte ou des privations. Il lai dit ce qu'on disait au prophète : « Où est doncla parole de ton Dieu ? qu'elle vienne avec Taccomplissement de sa promesse, et alors nous y croirons peut-être 1 Les pharisiens disaient aussi de Jésus sur la croix : Il s'est dit le Fils de Dieu : eh bien! qu'il le prouve maintenant en descendant de sa croix, et nous croirons en lui. On entend tous les jours dans le monde des paroles semblables : Â quoi sert la religion et toutes les privations qu'elle impose? Est-ce que ses fidèles réussissent mieai que les autres, et ne voit-on pas tous les jours ceux qui ne croyent pas prospérer dans leurs voies, tandis que les hommes pieux n'avancent à rien k cause de leur timidité ou de leurs scrupules? Ce n'est pas la piété qui fait faire son chemin dans le monde : elle est plutôt un obstacle, un empêchement, parce que pour y réussir il faut être prêt à tout. Gela est vrai, mais la question n'est pas là. Il ne s agit pas seulement, pour un homme* sérieux, de faire son chemin ici-bas, mais de trouver le chemin qui mène au delà. Quelque brillante que soit la route dans le monde, elle n'ira pas plus loin que la mort. Et après?... C'est ce terrible après qui est devant les yeux du chrétien, et il se demande avec raison à quoi lui serviront les biens de la terre qu'il aura amassés avec tant de peine
et par tous les moyens, et dont il n'emportera pas un atome à son départ. Qu'emportera-t-il donc au sortir de cette vie? Gela seul qui est d'un autre monde : le vrai, le juste, le bien qu'il aura fait entrer dans sa vie, Téternel qu'il aura mêlé à son âme, identifié avec sa volonté, et qui le suivront au delà, ou plutôt qui le porteront en haut, en vertu de leur sublime nature et de leur attraction céleste. Il s'agit donc seulement d'avoir un peu de patience et de savoir attendre. Dieu a son jour et son heure, et chaque voie se justifie par sa fin comme l'arbre par son fruit. La justice de Dieu comme sa vérité doit passer par la filière du temps pour se manifester ici-bas. ta parole divine s'accomplira infailliblement jusqu'au dernier iota et toutes ses promesses seront remplies; mais en temps opportun, et quand elles pourront avoir toute leur portée pour la gloire de Dieu et le salut de» hommes. Les défis des incrédules n'y feront pas plus que les impatiences des croyants.
C'est pourquoi le prophète ajoute pour nous apprendre à éviter les uns et les autres : Pour moi je n'ai point été troublé; ma confiance en votre parole n'a point défailli et mon espérance inébranlable a conservé la paix dans mon âme : In te Domine speravi^nonconfundar in xtemum, dit le Psalmiste (Ps. XXX, 2) : J'ai espéré en vous. Seigneur, je ne serai point confondu pour toujours.
C'est vous seul , ô mon Dieu, que je veux suiyre en toutes choses ^ parce que vous êtes mou vrai pasteur, et que je suis votre brebis qui vous connaît et qui est connue de vous. Je ne désire point le jour de l'homme, c'est-à-dire le moment où il pourra m'aider de sa puissance et me donner part h sa force ou à sa bonne fortune. Je ne compte sur aucun de mes semblables, d'abord parce qu'ils sont tous faibles, faillibles, sujets à mille accidents au dehors et au dedans, et que leur bras, si robuste qu'il paraisse, n'est cependant qu'un bras de chair qui peut être brise ou paralysé à tout moment; et ensuite, parce que leur volonté change avec les événements, et que si bonne qu'elle soit, on ne peut jamais espérer de la trouver la même en des positions diverses. Les. affections humaines varient avec les circonstances, comme elles en naissent le plus souvent , et les circonstances dépendent de tous les vents de l'horizon. Vous seul, 6 mon Dieu, êtes immuable dans votre vérité comme dans votre justice, qui ne cède qu'à votre miséricorde : et c'est pourquoi je ne m'appuie que sur vous, le roc inébranlable de l'éternité.
Comme votre prophète, ô mon Dieu, que je ne parle que votre parole, et que tout ce qui sort è mes lèvres soit droit devant vos yeux ! que je n'altère jamais en aucune manière la vérité, même par
divertissement, car la vérité c'est vous-même, et on ne se joue pas de vous. Vous nous l'avez enseigné, nous devons dire simplement : Cela est ou cela n*est pas : est^ est; non, non. Tout le reste vient du mal (Matth., V, 37). Car quand nous contournons et agençons nos discours, c'est la plupart du temps dans un but caché, auquel nous n'osons pas aller directement» et nous disons alors, au moins en partie , autre chose que ce que nous devrions dire. Sans avoir précisément Pintention de tromper les autres, nous les induisons en erreur, les portant à croire de nous ce qui n'est pas, ou à ne pas penser ce qu'il en est. Si nous affirmons avec protestation et serment, c'est que nous nous défions de ceux qui nous écouteàt, et que nous sentons qu'ils se défient de nous. Les âmes honnêtes sont toujours sincères. Elles ne disent pas en tout temps ce qu'elles pensent , parceque la véracité n*exclut pas la prudence, et que la vérité, toujours tonne en soi, n'est pas toujours bonne à dire, à cause de la faiblesse des hommes, à qui elle est parfois insupportable, de leurs passions qui ne veulent pas l'entendre^ de leur cœur non préparé à la recevoir^ et que, comme la lumière fait sur certaines plantes, elle endurcit au lieu de le pénétrer. Il y a, dit le sage, le temps de parler *et le temps de se taire (Eccle., m, 7). Mais en aucun cas, dans le discours* ou dans le silence, on ne doit ni exprimer.
ni laisser entendre ce qai n'est pas conformé à la vérité, ce qui n'est pas droit devant le Seigneur.
Évangile selon saint Jean, XI, 47.
Les princes des prêtres et les pharisiens assemblèrent le conseil et ils disaient :.Oue feronsnous, car cet homme fait beaucoup de miracles? Si nous le laissons aller de la sorte, tous croiront en lui, et les Romains viendront et ruineront notre ville et notre nation. Mais l'un d*eux, nommé Caïphe, qui était le grand prêtre de cette année-là, leur dit : Vous n'y entendez rien, et vous ne penseÈ pas qu'il vous est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse pas. Or, il ne disait point cela de lui-même; mais comme il était grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation, et nonseulement pour la nation juive, mais aussi pour rassembler en unité les enfants de Dieu dispersés. Depuis ce jour donc, ils songèrent au moyen de le faire mourir. C'est pourquoi Jésus ne se montrait plus en public parmi les Juifs; mais il se retira dans une contrée près du dé-
sert, en une ville nommée Éphrem, où il se tint avec ses disciples. Cependant la Pâque des Juifs était proche, et plusieurs de ce pays se rendirent à Jérusalem avant la Pâque pour se purifier. Ils cherchaient donc Jésus, et se disaient les uns aux autres étant daps le temple : Que penséfe-vous de ce qu'il n'est point venu à la fête? Mais les princes des prêtres jet les pharisiens avaient donné Tordre que si quelqu'un savait où il était, il le découvrit, afin qu'ils le saisissent.
La résurrection de Lazare était le plus grand miracle que Jésus eût encore opéré, bien qu'il eût déjà ressuscité deux morts : la fille d'un chef de la synagogue, et le fils de la veuve de Naïm ; car Lazare étant depuis quatre jours an tombeau , son corps était déjà en dissolution. Il était aussi le plus éclatant, parce qu'il avait été accompli devant une foule de témoins qui en avaient rapporté le bruit à Jérusalem. Ce miracle, qu'ils sont obligés d'avouer, loin d'ouvrir les yeux des pharisiens et de toucher leurs cœurs, ne fait que les aveugler davantage et les endurcir dans leur haine contre le Sauveur. Ils auraient dû dire : c Qui peut ressusciter un cadavre déjà corrompu, sinon la puissance du
maître de la vie? donc celui qui vieat d'opérer ce prodige et de triompher aiosi de la mort est on homme de Diea, sinon Dieu lui*même. » Ils auraient dû dire comme Tavengle-né après sa guérison : « Est-ce que celui qui rend la vue aux ayengles est un méchant homme? Dieu accorde-t-il une telle puissance à ses ennemis (Jean, IX, 31)? • Mais, aveugles eux-mêmes, ils repoussent la lumière divine qui luit au milieu des ténèbres; tout pleins d'eux-mêmes, exaltés par leur orgueil et craignant pour leur pouvoir et leurs intérêts, ils' ne regardent que de ce côté, et songent dans leur étonnement, car ils ne peuvent nier le miracle, non pas à la main qui l'a produit ou à ses causes, mais uniquement k la position fausse où cet événement les place, et aux conséquences fâcheuses qui vont en sortir pour eux. Cette fois, la chose devient inquiétante; et alors ils assemblent le conseil pour prendre une résolution, non plus vague comme auparavant, mais bien déterminée, ratifiée, officielle, et qui les force d'agir contre ce perturbateur de leur repos.
Ils avaient déjà dit : « Nous ne pouvons laisser aller les choses ainsi, car tout le monde court après lui (Jean, XII, 19). » Aujourd'hui, wprhs une sérieuse délibération, ils disent : « Il iaxii nous en débarrasser par la mort. «Mais entre eux, et dans le sein du conseil, ils cherchent encore à se trom-
per les uns les autres par un semblant d'intérêt pubb'c, par le prétexte du salut du peuple : ce que nous avons vu d'ailleurs, il n'y a pas longtemps, parmi nous/ où les plus horribles crimes, excités au fond par de basses yengeances ou d'ignobles intérêts, étaient colorés par Taffranchissement de la nation; Aucun des princes des prêtres ni des docteurs de la loi n'osait avouer le vrai motif qui les poussait k faire mourir Jésus. Peut-être ne se l'avouaient-ils pas k eux-mêmes, car alors ils auraient dû dire nettement : « Nous voulons lé tuer parce' qu'il nous gêne; et il nous gêne parce qu'il noue démasque devant le peuple, ruine notre autorité , et démolit notre position. Il veut sô substituer k nous dans la domination du peuple, et si nous le laissons aller jusqu'au bout, il nous perdra. Or, nous sommes les chefs du peuple, donc nous le représentons: et nous détruire, c'est le détruire. Notre intérêt est donc le sien, et c'est lui que nous sauvons en nous sauvant. Périsse donc cet homme, quel qu'il soit, plutôt que le peuple, c'est-à-dire nous! » Mais il fallait donner une couleur k ce prétexte caché, qui le rendît acceptable k la multitude, et c'est Gaïphe qui fournit le motif de l'arrêt par une parole, humaine d'un côté,, parce qu'elle exprime un intérêt humain, sacrifiant un individu au salut conmiun ; prophétique de Pautre, comme l'affirme l'évangéliste, car il
prédit sans le savoir l'efficacité de la mort de Je* sus, non-seulement pour le salut des Juifs, mais pour celui de toutes les nations où étaient dispersés les enfants de Dieu. C'est là ce qui- donne de la valeur à la parole de Gaïphe ; car, sous le rapport humain, elle était insensée, comme l'événement Ta prouvé; puisque après la mort de Jésus-Ghrist les Romains ont pris Jérusalem, l'ont saccagée, ont renversé le temple et dispersé le peuple, et à coup sûr, dans les desseins providentiels, leur ruine a été la conséquence de leur lâche assassinat. Ainsi a commencé à retomber sur leurs têtes Fanathème qu'ils ont prononcé sur eux-mêmes par cet effroyable cri : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants I »
Origène, commentant ce passage, dit : « Les paroles des prêtres et des pharisiens montrent leur folie et leur aveuglement : leur folie, puisque tout en avouant que Jésus avait fait beaucoup de miracles, ils s'imaginaient cependant pouvoir lutter contre lui, comme s'il n'avait pas en main la même puissance pour soutenir la lutte; leur aveuglement, car ils ne voyaient pas que sa puissance le préserverait de leurs embûches, et ils croyaient qu'en le . condamnant ils empêcheraient le peuple de croire en lui . C'est pourquoi ils disent : « Si nous le laissons aller, tous croiront en lui. »• (Tract, in Joan,)
« Ils veulent donc, dit saint Chrysostome, émou-
voir le peuple en lai faisant soupçonner un danger de la part des Romains, qui, voyant Jésus ameuter la multitude et la conduire k son gré, penseraient qu'il veut la soulever contre leur tyrannie, et alors détruiraient la ville et le temple. Pure fiction dont ils couvraient leurs mauvaises passions, car rien ne montrait ce dessein dans la conduite de Jésus, n n'avait autour de lui ni soldats ni cavaliers, et il aimait surtout les lieux déserts. Mais ils mettaient en avant le danger de la nation, pour ne pas paraître parler d'après leurs passions. » (HomiL 63 in Joan.)
Et l'on peut ajouter ; Jésus avait dit : « Rendez à César ce qui appartient k César, et k Dieu ce qui est k Dieu (Matth., XXII, 4) : mon royaume n'est pas de ce monde (Jean, XVIII , 36). » Et quand la multitude était venue le chercher sur la montagne, il s'était dérobé k son empressement. Il avait dit k ses disciples : « Les princes, de la terre se font gloire de commander aux nations. Vous, k l'exemple de votre maître, qui est venu pour servir et non pour régner, vous vous servirez les uns les autres, et le plus grand d'entre vous sera le plus petit, car celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé (Luc, XIV, 15). Les disciples ne seront pas traités mieux que le maître, et le maître est venu ici-bas souffrir' et mourir pour ses frères (Luc, VI, 40). » H est vrai
que quand on demande à Jésus : « Êtathvons le roi des Juifs? Il répond : « Je le suis. » H est le rei en effet des Juifs et de toutes les nations, mais selon l'esprit et non selon la chair; il est le roi des esprits par la Tenté, le roi des vobntés par la justice^ le roi des âmes par la charité , le roi non d'un royaume terrestre, comme la Judée ou l'empire romain, périssables l'un et l'autre comme tout ce qui est de ce monde, mais d'un royaume spirituel, et par cela universel et indestructible, qu'il a établi sur la terre et dans son Ëglise, et qui subsistera au ciel dans l'éternité. Voilà le royaume du Christ «nnoncé d'abord aux Juifs, qui ne l'ont-pas compris, prêché ensuite aux nations sauvées par l'incrédulité d'Iâraêl, et dans lequel tous ceux qui étaient destinés à devenir les enfants de Dieu, par la grftce du Rédempteur et la vertu de son sang, ont été rassemblés ensuite des quatre coins du monde pour être les citoyens de cet em« pire universel, ou plutôt les fil» bien-aimés de l'étemelle famille.
PRATIQUE
Que Pendurcissement des ennemis de Jésus-Christ nous serve de leçon. Leur intérêt propre les préoccupe tellement, que la vérité la plus évidente les aveugle au lieu de les éclairer, et que les bienfaits du Sauveur les rendent furieux. Prenons donc garde de -nous
laisser envahir par la passion qui rend incapable de recevoir la lumière et peut entraîner à l'injustice, même au crime. Ne jugeons pas les autres à travers nos intérêts, et selon ce qui nous nuit et nous profite dans leurs actions et dans nos relations avec eux. Avant ce qui nous est utile ou agréable, cherchons ce que demande l'équité, ce que conseille la charité, dussions-nous en souffrir un dommage dans notre fortune, ou un abaissement dans notre orgueil. Car celui-là seul est un vrai disciple de Jésus-Christ, qui sait faire l'abnégatioi^de lui-môme devant la justice, et imrno^ 1er son intérêt privé au bien de tous.
PRIÈRE
Seigneur, nous vous en supplions, faites que ce peuple qui vous est consacré avance chaque jour dans les sentiments d'une piété affectueuse, afin que, instruit par vos exemples sacrés, à mesure qu'il deviendra plus agréable à votre Majesté, il soit enrichi de dons plus excellents qui le rapprochent de vous.