‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 102 sur 185 · AI · texte numérisé non relu

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il. — Dysenterie ^rave deux injections de sérum.

jour- ou plus encore pour Lee formes graves ; la convalescence est,

en outre, souvent longue et difficile. Or, 'liez Les sujets soumis au

248 VAILLARDETDOPTER.SÊROTH-ÈRAVIE ANTIDYSENTÉRIQUE.

sérum, la guérison est survenue dans un laps de temps qui n'excède guère deux à trois jours pour les cas moyens, trois à quatre jours pour les cas sévères et quatre à six jours dans les cas graves. Dans les formes qui imposent le présage d'une issue fatale, la guérison, quand elle se produit, se fait plus longtemps attendre; certains sujets entrent en convalescence du dixième au douzième jour, d'autres du quinzième au vingtième jour.

La durée de l'affection se trouve donc très réduite. Dans maints cas pris au début, la dysenterie est réellement jugulée. D'autre part la convalescence est rendue plus courte et plus facile. Dès que les troubles intestinaux ont pris fin, beaucoup de malades rentrent, pour ainsi dire, de plain-pied dans l'état normal et supportent impatiemment le régime prudent qu'on leur impose ; chez la plupart des autres, le rétablissement définitif est complet en huit ou dix jours.

Les rechutes sont rares; elles surviennent du dixième au quinzième jour après la dernière injection de sérum, c'est-à-dire au moment où l'action de celui-ci est épuisée.

L'expérimentation montre, en effet, que, chez le lapin, la propriété préservatrice du sérum ne persiste guère au delà de huit à dix jours.

Plusieurs circonstances intentionnelles ou fortuites ont permis de comparer sur le même sujetla valeur des médications traditionnelles et celle du sérum spécifique. 11 s'agissait de dysentériques soumis depuis six, huit et dix jours déjà au traitement par les purgatifs (calomel ou sulfate de soude), par les lavages intestinaux au permanganate de potasse ou à l'eau chaude. La maladie n'était pas amendée ; les coliques, le ténesme et les épreintes avaient persisté au même degré, les selles conservaient leur caractère muco-sanglant. Le sérum est injecté et aussitôt le tableau change : détente brusque ut guérison en deux ou trois jours. Le contraste a été frappant.

On conçoit sans peine que le sérum agisse mieux et plus vile que tous les moyens médicamenteux. Ceux-ci n'ont rien de spécifique; ils ne peuvent atteindre le bacille dans l'épaisseur des tissus et n'exercent aucun effet sur ses sécrétions. Le sérum, au contraire immunise l'organisme contre l'agent pathogène etses produits toxiques : par son action phagocytaire, il arrête la pullulation du bacille dans l'intestin et son antitoxine annihile le poison circulant.

Les effets du sérum se manifesteront d'autant plus rapides et décisifs que l'administration en sera plus rapprochée du début de la maladie, c'est-à-dire lorsque la culture du bacille est restreinte à un segment limité du côlon et L'intoxication encore nulle ; L'infection peut être alors immédiatement enrayée. De là l'indication d'intervenir le plus rapidement possible après L'apparition des symptômes

TRAITEMENT DE L.V DYSF^NTEItlE (TIKZVL'IIOMME.

initiaux. Les faits établissent cependant que son efficacité n'est, guère moindre aux périodes plus avancées de la maladie. C'est qu'il n'en est pas de la dysenterie comme des infections essentiellement toxiques (diphtérie, tétanos) ou rapidement septieémiques (peste) dans lesquelles d'étroites limites sont imposées à la sérothérapie. En

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