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PROCÉDÉ DE PFEIFFER-KOLLE

pouvoir vaccinant du produit; au contraire, le chauffage à des températures plus élevées, employé antérieurement (chauffage à 60°), fait baisser sensiblement la valeur du vaccin, au moins vis-à-vis des animaux de laboratoire (Harrison). La culture tuée est ensuite additionnée de 2,5 p. 100 de lysol, destiné à maintenir la stérilité au cours des manipulations ultérieures. La vaccination se fait en deux temps; les doses optima (1) sont de cinq cent millions de bactéries (soit 0,5 centimètre cube) pour la première inoculation, et 1000 millions pour la seconde, faite neuf à dix jours après.

Celte technique est celle qui est recommandée à l'heure actuelle; il est bon de rappeler qu'elle diffère dans certains détails des procédés* antérieurement préconisés par Wright. Au début, on employait des cultures âgées de dix à onze jours, stérilisées à 60°; l'activité du vaccin était calculée d'après sa virulence pour l'animal, la dose d'inoculation (0,5 centimètre cube) représentant le 1/3 de la dose mortelle pour 250 grammes de cobaye.

La technique indiquée plus tard se rapproche beaucoup de celle qui a été décrite plus haut, mais la culture était stérilisée à 60°, et le nombre de bacilles inoculés était sensiblement plus fort (750 à 1000 millions de germes pour la première inoculation).

Les doses d'inoculation données par les auteurs doivent être scrupuleusement respectées. Des inoculations plus faibles seraient insuffisantes; des inoculations plus fortes risqueraient de provoquer des réactions trop vives, et de plus, chose assez curieuse, elles pourraient n'être pas vaccinantes. Ainsi Paladino-Blandini, confirmant une observation de Wright, constate que chez les cobayes on obtient l'immunisation en injectant 0,1 à 2 centimètres cubes de vaccin, mais qu'on ne l'obtient plus en injectant 4 centimètres cubes.

2° Procédé de Pfeiffer-Kolle. — Aux cultures en bouillon, qui renferment une certaine proportion de substances toxiques inutiles à l'immunisation et qui sont en outre difficiles à doser rigoureusement, Pfeiffer et Kolle préfèrent les cultures sur gélose. On émulsionne des cultures de vingt-quatre heures dans l'eau physiologique (45 centimètres cubes pour 10 tubes) ; le mélange est chauffé à 00° pendant une heure et demie à deux heures, additionné de 3 p. 100 d'acide phénique, réparti en flacons et de nouveau chauffé à 00° pendant une

(i) F.a force du vaccin est calculée d'après le nombre de bacilles qu'il contient. Pour Hier ce chiffre, on mélange il parties égales le vaccin avec une dilution de sang à un titre connu (Wright); on examine ensuite au microscope quel esl le nombre respectif des bacilles ci des globules rouges par champ. Connaissant le chiffre de globules par centimètre cube, il esl alors facile <le calculer le nombre des bacilles. Antérieurement, la concentration du vaccin était calculée d'après son degré de transparence. L'estimation de la force du vaccin essayé, par rapport à un vaccin d'activité déjà connue, porte le nom de standardisation,

300 E. SACQUÉ PÊE. — VACCINATION ANTITYPHIQUE

demi-heure. Chaque tube donne 10 anses de culture; une anse correspond à i milligrammes de microbes, soit 0cmc,5 d1émulsion. Kolle recommande, quand c'est possible, trois inoculations de doses croissantes. Dans la pratique on se contente presque toujours de deux inoculations, espacées de huit à dix jours, la première de une anse, la seconde de trois anses. Une troisième inoculation (cinq anses) est parliculièrement désirable si les deux premières n'ont amené qu'une réaction faible. Depuis mai 1903, à la suite de quelques réactions particulièrement violentes, les trois doses ont été réduites respectivement à 0,3, 0,8 et 1 centimètre cube.

3° Autres procédés. — La plupart des autres procédés sont inspirés des précédents dans leurs grandes lignes. Bassenge et Rimpau préconisent comme Pfeiffer et Kolle les émulsions de cultures sur gélose tuées à 60°, mais à doses sensiblement moindres : 1/3 à l/5e d'anse, en deux inoculations. Friedberger et Moreschi, utilisant une remarque antérieure de Lôffler, stérilisent leurs cultures à 120°; ils inoculent ensuite dans les veines (c'est le seul procédé qui emploie l'inoculation intraveineuse) la quantité correspondant à l/50c ou jusque 1/4000 d'anse. Lèvxj et Blumcnthal obtiennent expérimentalement de bons effets en inoculant des émulsions bactériennes en solutions sucrées (glucose ou galactose) ou en solutions d'urée très concentrées.

Dans les méthodes qui précèdent, on inocule à la fois les corps mêmes des microbes et les produits toxiques des cultures; il y a certainement dans ces mélanges, à côté de produits immunisants, d'autres substances inutiles et peut-être toxiques. La toxicité n'est peut-être pas nécessaire à l'immunisation, au moins peut-on le supposer par analogie avec les faits mis en évidence par Ehrlich à propos des toxines et des toxoïdes; malheureusement, nous ne sommes aucunement fixés sur la séparation stricte des substances nécessaires à la production de l'immunité.

Les procédés dont il reste à parler ont tous pour but de laisser de côté les corps microbiens, après leur avoir enlevé autant que possible les substances supposées indispensables à la vaccination. On peut le* désigner en bloc sous le nom de procédés par extraction.

Dans ce but, Wassermann utilise des émulsions dans l'eau distillée (5 centimètres cubes par tube) de cultures de vingt-quatre heures sur gélose ; l'émulsion est chauffée vingt-quatre heures à 00°, abandonnée ensuite à l'antolyse à 37° pendant cinq jours, filtrée sur bougie, et finalement concentrée dans le vide jusqu'à dessiccation complète. On obtient ainsi une poudre, qu'on dilue au moment de l'usage dans La sérum physiologique phéniqué. La dose d'inoculation est de o-1 ,001 7

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