I. — MÉDICATIONS PRÉVENTIVES (J
L'emploi des vaccinations, dans le but de procurer à l'organisme humain l'immunité active contre la fièvre typhoïde, a pris son point de départ dans les recherches de Chantemesse et Widal en France (1888), de Brieger, Wassermann et Kitasato en Allemagne (1892), Bruschettini en Italie (1892). Ces différents travaux montraient qu'il est possible de vacciner l'animal contre des doses sûrement mortelles de bacille t\ phique, en lui injectant au préalable des cultures de ce même microbe, stérilisées par la chaleur.
En 1800, Pfeiffer et Kolle en Allemagne, Wright en Angleterre étudièrent à nouveau le sujet; Wright tental'expérience chez l'homme, et depuis lors il n'a cessé de s'occuper sans cesse de la méthode; il esi véritablement l'apôtre de la vaccination antityphique, et c'est incontestablement grâce à ses efforts incessants qu'elle a fait son chemin, — au inoins en Angleterre et en Allemagne. De nombreux ailleurs ont d'ailleurs abordé la question; ce sont leurs recherches que nous allons exposer.
ili Consulter pour la bibliographie ou pour les détails complémentaires : N u tan-Laiuuek, Presse médicale, 1904. — Job et Gryskz, Revue d'hygiène, 1906. — Nette», Bulletin Institut Pasteur, \'-<i>'> (revue dès complète).
A l'étranger : Oahky, Kolle, Hetsch et Kutscher, Klinisehes Jahrbuch, t. XIV; Frisd» BH-.'.Hi. I)ic Melhoden der Schutzimpfung gegen Typhus, in Handbuch der Technik une fltethode der Immunit dis for se hung de Khaos et Levaditi, 1908,
298 E. SACQUÊPÊE. — VACCINATION ANTITYPHIQUE.
Procédés d'immunisation active.
Dans tous les procédés, on emploie des cultures de bacille d'Eberth, stérilisées ou non, qu'on injecte ensuite sous la peau (1), après des préparations variables suivant chaque méthode.
Le choix de l'échantillon bacillaire n'est pas indifférent; on sait en effet (Friedberger, Besserer et Jaffé, etc.) que les divers bacilles typhiques ne sont pas absolument identiques entre eux, surtout au point de vue de leur virulence. Malheureusement, comme le remarque Leishman, nous ne savons pas de façon précise quelles qualités sont particulièrement désirables pour la souche vaccinifère, et de notre ignorance à cet, égard résultent les réalisations pratiques les plus disparates. Wright, Leishman, etc., utilisèrent toujours un bacille peu virulent, ne voyant pas d'avantage à faire autrement ; Bassenge et Mayer au contraire n'emploient que des races très virulentes. A la suite de Wassermann, la plupart des auteurs allemands donnent la préférence aux bacilles doués de propriétés de « liaison » particulièrement développées, propriétés qui ne sont aucunement parallèles à la virulence (2). Wassermann recommande également de préparer un vaccin polyvalent, en mélangeant des cultures d'échantillons différents, cela en raison de la variabilité (plus supposée que réelle) du bacille d'Eberth ; mais, d'après Bassenge et Mayer, le vaccin polyvalent serait inférieur au vaccin monovalent.
Quoi qu'il en soit de ces questions de principe, aucunement résolues pour l'instant, de nombreux procédés ont été préconisés. Nous passerons en revue les plus connus d'entre eux.
La plupart emploient des cultures tuées par la chaleur. De ce nombre sont les procédés de Wright et de Pfeiffer-Kolle, de beaucoup les plus intéressants, en raison de ce fait que tous deux ont déjà été appliqués sur une large échelle chez l'homme.
1° Procédé de Wright-Leishman. — Dans la méthode de Wright, suivant la technique modifiée par Leishman, on emploie des cultures en bouillon peptonisé, âgées de vingt-quatre à quarante-huit heures, et largement aérées pendant leur développement; ces cultures son! ensuite stérilisées par un chauffage de 53° pendant une heure, température qui suffit à tuer le bacille d'Eberth, sans diminuer le
(1) Sauf dans le procédé de Friedberger el Moreschi (voir plus loin). — Des essais de vaccination par ingestion (Wright, Brieger) n'ont pas donné de résultats.
(2) Wassermann, Festschrift /". /•'. Kocfïs Geburts., 1903. — Quand on mel en présence d'un sérum antityphique des échantillons différents de bacilles typhiques, ces échantillons « absorbent » plus ou moins tics substances bactéricides du sérum. Cette faculté d'absorption mesure le pouvoir <!<' liaison,