‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 126 sur 185 · MORTS · texte numérisé non relu

MORTS

[ORTALITE

18 novembre, 142 pestiférés sur lesquels 21 seulement sont morts (mortalité 14,78 p. 100), alors qu'en ville on comptait 72 malades qui ne reçurent pas de sérum antipesteux et qui donnèrent une mortalité de 03,72 p. 100.

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Ces résultats remarquables étaient dus à l'application des injections intraveineuses dans le traitement des formes graves de la peste, où les complications pulmonaires sont à redouter.

Métin (i), qui succéda à Calmette et Salimbeni, n'eut à traiter que 6 malades sur lesquels 1 seul succomba.

En Nouvelle-Calédonie, Primet (2) remarque que, dans la période pendant laquelle la thérapeutique a été empirique, la mortalité s'est élevée à 64 p. 100, alors que, dans la période pendant laquelle la méthode sérothérapique a été employée, la mortalité s'est abaissée à 27 p. 100.

A Nouméa (1901), Noc (3) fournit un chiffre plus élevé (46,9 p. 100). En effet, sur 17 cas traités par le sérum, 9 seulement ont guéri, mais la moitié des malades ont été traités à partir du troisième ou quatrième jour de la maladie. Par contre, tous les cas traités à partir du premier ou deuxième jour, même les formes septicémiques ou pulmonaires, ont rétrocédé sous l'influence du sérum.

Dans les épidémies qui se sont succédé à la Réunion de 1899 à 1902, la mortalité, grâce à la sérothérapie, a diminué dans de notables proportions.

Auber (4) traite 8 malades gravement atteints, 1 seul succombe. Vassal (5) injecte 18 malades, sur lesquels 7 meurent. Cinq cas où le sérum ne pouvait pas agir, ayant été donné quelques heures avant la mort, doivent être mis à part, ce qui ramène la mortalité à 15,3 p. 100; 51 cas non traités parle sérum donnent une mortalité do 80,3 p. 100.

A Tamatave, en 1902, Clarac et Mainguy (6) n'ayant pas de sérum à leur disposition commencèrent à traiter par des bains froids et des injections d'eau phéniquée 42 pestiférés dont 31 succombèrent mortalité 73 p. 100). Dès la réception du sérum venant de ïananarive, ils pratiquèrent des injections sous-cutanées sur 43 malades, desquels 25 moururent (mortalité 58 p. 100), tandis que sur les malades traités exclusivement par des injections intraveineuses, il n'y eut que 5 décès, soit 31 p. 400. Douze autres cas traités de mémo, mais avec du sérum plus fraîchement préparé, ne donnèrent que 2 décès, soit 16 p. 100.

fiouffiandis (7), à Fou-Tcheou (1902), traite 67 malados et obtient

(i) Métin, Ann. d'Hyg. et Met. Col., 1000, p. 218.

(2) Primet, Ann. d'Hyg. et Meut. Col., 1901, p. 258.

(3) Noc, Ann. d'Hyg. et Mcd. Col., 1901, p. 439. (i) Aober, Ann. d'Hyg. et Mcd. Col., 1901, p. 436.

(5) Vassal, Ann. d'ffyg. et Mcd. Col., 1902, p. 558.

(6) Claiuc et Maing y. Ann. d'Hyg. et Mcd. Col., 1904, p. 28.

(7) Roi ffiakdis, Ann. d'Hyg. et Mcd. Col., 1904, p. ilT et 190S 609.

33 guérisons. L'année suivante, au ïonkin, il compare la mortalité entre la population civile et l'armée indigène. Alors que, sur 29 militaires injectés, 9 seulement succombent (mortalité 31 p. 100), le chiffre des morts parmi les pestiférés civils s'élève à 42 sur 72 traités (mortalité 58,3 p. 100). Tous les décès, au nombre de 59, survenus moins de 6 heures après l'entrée au lazaret, ont été supprimés. Cet écart entre ces deux statistiques tient à l'application précoce du sérum chez les tirailleurs tonkinois.

Dans les épidémies de peste de la République Argentine, du Chili et du Brésil, la sérothérapie a été employée systématiquement et avec succès.

Dans leur rapport sur l'épidémie de Rosario (1900), Agote et Médina (1) constatent que la mortalité en ville atteint 75 p. 100. A l'hôpital, on traita 52 malades par la médication symptomatique; les autres reçurent du sérum antipesteux. Des 52 premiers sujets, 32 moururent, soit 61,5 p. 100. Des 26 autres, 11 succombèrent, soit 42.3 p. 100.

A la maison d'isolement de Buenos-Aires, les pestiférés traités par Penna (2), exclusivement par la sérothérapie et les injections intraveineuses, forment un total de 204 cas sur lesquels 175 guérissent, soit une mortalité de 14,2 p. 100.

Dans les ports chiliens, la mortalité s'abaisse par suite de l'emploi du sérum antipesteux.

Del Rio et Zegers (3) ont traité à Iquique, lors de l'épidémie de 1903r 85 cas qui n'ont donné que 38 morts, alors que 85 cas n'ayant reçu» en ville aucun soin ont fourni 63 décès.

A Antofagasta, 50 malades furent traités et 3 seulement sont morts (Montero).

A Chanaral, il n'y eut qu'un seul décès sur 18 cas traités (Cruzat).

Au Brésil, à Santos, V. Godinho (4) traite 19 cas sur lesquels 12 guérissent, soit une mortalité de 36,8 p. 100 alors que les non traités meurent dans la proportion de 71,4 p. 100.

Du p rat 5), dans l'épidémie de Rio-Grande(doSul),enne pratiquant que des injections hypodermiques, mais à doses massives, abaisse la mortalité à 15 p. 100 sur 45 malades traités.

Enfin, les chiffres intéressants qui suivent ont été fournis par ('.. Cruz et portent sur un nombre important de cas traités par le

(I) Agote et Medika, La peste bubonique dans la République Argentine et au Paraguay, Buenos-Aires, 1901.

- I'i.nna, Lecciones clinicâs sobre la peste bubonica, Buenos-Aires, 1902.

(3) Del Rio et Zegers, Revista Chilena de Higiene, 1904,

(4) V. Godihho, Rerisla medica de S. -l'an lu, 1902.

(5) Doprat, Ann. Inst. Pasteur, 1903, t. XVII, p. 549

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sérum. \roici le mouvement général des malades de l'hôpital Paula Candido à Rio depuis 1900, époque à laquelle la peste a apparu.

En 1900,410 traités ont donné 138 morts, soit 33,6 p. 100 de mortalité. L'année suivante, le taux de la mortalité est encore assez élevé (35,6). Ouz fait remarquer qu'à cette époque les chevaux fournisseurs du sérum n'étaient pas suffisamment immunisés. En effet, en 1902, on obtient 200 guérisons sur les 268 pesteux en traitement; •en 1903, 124 traités succombent sur 541 (22,9 p. 100), puis, Tannée suivante, la mortalité s'abaisse à 20,4 p. 100 sur 504 malades et n'est plus que de 16,5 p. 100 en 1905.

A l'hôpital de Sào-Sebastiào, Anlonino Ferrari a obtenu, en 1902, 33 guérisons sur 49 cas ; le mouvement général des malades en 1905 porte sur 138 pestiférés dont 30 sont morts (21,7 p. 100) et durant l'année suivante 127 ont guéri sur les 187 traités.

A Campos (1902), le chiffre des morts est de 27 sur 136 traités, soit 19,1 p. 100. Dans cette ville, où un nouveau foyer de peste venait d'éclater en 1906, Tavarès de Macedo (1) a eu l'occasion de traiter 14 malades, sur lesquels 2 seulement sont morts, soit une mortalité de 14,2 p. 100. Tous ces malades avaient reçu le sérum par voie endo-veineuse.

Dans toutes ces statistiques brésiliennes, tous les pestiférés traités qui sont morts moins de vingt-quatre heures après leur entrée à l'hôpital ont été éliminés.

Dans l'Inde, la sérothérapie n'a pas donné les résultats que l'on en attendait. L'extrême réceptivité des Hindous à la peste pourrait expliquer ces insuccès, comme l'avaient déjà remarqué Yersin et Simond.

Cependant entre les mains de Mayr, le sérum possède à son actif de nombreuses guérisons. Une liste d'observations adressée par lui à Roux montre que, chez les traités, le nombre des décès est moitié moindre que chez les non traités pris comme témoins.

Certaines statistiques recueillies dans les hôpitaux de Bombay donnent des chiffres défavorables à la méthode et même déconcertants. On y constate, par exemple, que le nombre des décès est plus ■ considérable chez les pestiférés traités que chez ceux qui n'ont reçu qu'une médication symptomatique et ont servi de contrôle.

Mais l'examen attentif de chacune des observations de ces malades permet d'expliquer une telle différence. Le sérum antipesteux leur est donné soit trop tardivement, soit à doses insuffisantes el rarement par voie intraveineuse. Enfin le traitement sérothérapique est

(i) Tavarès m Macedo, .1 />est" em Campos, Rio-de-Janeiro, 1906.

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