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MODE D'ADMINISTRATION DU SÉRUM

interrompu brusquement dès que Fhyperthermie a disparu et fréquemment le malade ainsi abandonné succombe quinze jours et même trente jours après la dernière injection de sérum.

D'autre part, ces statistiques sont basées sur le système alternant. Cette méthode, qui repose sur le hasard des entrées à l'hôpital, ne présente de garantie scientifique que si elle porte sur un nombre suffisamment grand de cas. Aussi Choksy (1), à l'hôpital de Maratha, a choisi comme contrôle des cas aussi semblables que possible à ceux qui recevaient le sérum, tout en éliminant les malades atteints de tares cardio-vasculaires et les semi-convalescents.

Cette « alternation rationnelle » lui a donné, durant l'année 1905, les résultats suivants :

Nombre. Morts.

Groupe « contrôle » 51 42

Groupe « sérum » 51 37

Différence en faveur du groupe « séru

Guéris.

.Mortalité

11 faut ajouter que ces malades n'ont été traités que par la voie hypodermique et il y a tout lieu de penser qu'en pratiquant des injections massives par la voie intraveineuse, les résultats eussent été bien meilleurs que ceux énumérés ci-dessus.

11 est donc à souhaiter que de nouveaux essais soient faits dans les hôpitaux de l'Inde et que le sérum y soit employé d'une manière plus judicieuse pour pouvoir juger de l'efficacité de la sérothérapie antipesteuse chez la race hindoue.

Mode d'administration du sérum antipesteux. — L'action thérapeutique du sérum est variable selon Y époque de la maladie à laquelle on intervient, la quantité injectée et la voie d'introduction qui a été utilisée.

Plus le traitement sérique est appliqué tardivement, et plus les chances de guérison sont minimes. L'expérimentation sur les animaux le démontre bien : lorsqu'on a laissé s'écouler après l'infection expérimentale un certain délai qui oscille entre la moitié ou les deux tiers de la maladie, l'animal succombe quelle que soit la dose de sérum injectée; il en est de même chez l'homme. Chez lui, la peste évolue en cinq et six jours, et s'il n'est traité que le troisième ou le quatrième jour de la maladie, la guérison sera exceptionnelle.

Simond, en 1898, c'est-à-dire à une époque où l'activité du sérum antipesteux était moins grande qu'aujourd'hui, donne à ce sujet des chiffres éloquents. Chez les Hindous traités, il constate que ceux qui

j 1 1 Choksy, Report on the treatment of plague with Yersin-Roux sérum, Bombay, 1908.

328 DUJARDIN-BEAUMETZ. — SÉROTHÉRAPIE ANTTPESTEUSE.

reçoivent le sérum le premier jour de la maladie ne donnent qu'une mortalité de 20 p. 100, les traités au troisième jour 36 p. 100, au quatrième jour 66 p. 100 et enfin au cinquième jour la proportion desmorts s'élève à 100 p. 100.

Or, la sérothérapie est souvent difficilement applicable dès le début de l'affection et les malades, rebelles en général à l'hospitalisation, se tiennent à l'abri des recherches et ce n'est que trop tard et quand l'état s'est aggravé qu'ils reçoivent des soins. Ces cas fréquents se terminent par la mort et, en augmentant la liste nécrologique des statistiques, servent aux détracteurs de cette méthodepour prouver la faillite de la sérothérapie antipesteuse.

Si l'intervention précoce dans le traitement de la peste a donc une influence favorable dans le pronostic de cette maladie, la quantité et le mode d'administration du sérum ne sont pas moins importants.

Les doses de sérum auxquelles il faut recourir sont beaucoup plus considérables que celles employées dans la pratique courante, dans> la diphtérie par exemple. L'infection pesteuse, en effet, ne peut être comparée à l'intoxication diphtérique, dans laquelle le sérum thérapeutique neutralise dans l'organisme le poison sécrété par lebacille de Loffler au niveau d'une lésion bien limitée, la faussemembrane.

Dans la peste, au contraire, dès le début, un ou plusieurs territoires lymphatiques sont envahis, l'adénopathie peut être générale et le: germe pesteux apparaître dans la circulation sanguine.

Pour lutter avec succès contre une pareille invasion, il est donc nécessaire d'injecter des doses de sérum massives et répétées* Duprat, à Rio -Grande (do Sul), a appliqué celte méthode et administrait le sérum à ses malades par la voie sous-cutanée et à la dose de 200 à 300 centimètres cubes, et môme plus dès la première injection. Selon la gravité de la maladie, des injections de 100 à 150 centimètres cubes étaient renouvelées toutes les douze heures. Cette pratique a donné à Duprat d'excellents résultats, puisqu'il a obtenu 38 guérisons sur 45 traité?, ce qui équivaut à une mortalité de 15,5 p. 100.

Cependant on pourrait objecter à cette voie d'introduction du sérum la résorption assez lente dans le tissu cellulaire et aussi les quantités énormes de sérum que l'on devrait avoir à sa disposition si le nombre des pestiférés était un peu important.

Or la voie intraveineuse permet de saturer l'organisme d'antitoxine immédiatement et à doses moindres. Calmetteel Salimbeni, lors de L'épidémie d'Oporto, ont démontré L'efficacité de celte méthode en

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