‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 137 sur 185 · PAU · texte numérisé non relu

PAU

Le D AT SALIMBENI.

Chef de laboratoire de l'Institut Pasteur.

Le choléra est une maladie infectieuse exclusive à l'homme, due à la localisation et à la pullulation dans l'intestin d'un microbe spécial, le vibrion cholérique, découvert par Koch en 1883.

Les différents remèdes préconisés en vue de prévenir et de combattre le choléra nécessitant l'emploi de cultures pures de vibrions cholériques, nous devons, avant, tout passer rapidement en revue les moyens par lesquels on peut arriver à caractériser un vibrion et reconnaître sa nature cholérique.

Diagnostic bactériologique des vibrions cholériques. — Ce fut en se plaçant sur le terrain d'un monomorphisme étroit, que koch crut pouvoir affirmer la spécificité du vibrion dont il avait remarqué la présence exclusive et constante dans les déjections des cholériques.

Pour Koch, le vibrion cholérique représentait en effet une espèce tout à fait particulière, très différente et toujours nettement distincte des autres bactéries.

D'après les caractères fixés, dès le début, par son auteur, la distinction du vibrion cholérique semblait donc chose facile et simple.

Plus tard cependant, avec le perfectionnement des méthodes, la grande analogie du vibrion de Koch avec beaucoup d'autres vibrions, amena toutes sortes de complications et de discussions.

Convaincu lui-même du peu d'importance des caractères différentiels signalés, Koch spécifia plus tard qu'une virulence déterminée et la réaction indol nitreuse suffisentà distinguer le vibrion cholérique. On reconnut bientôt le peu de valeur de ces caractères.

De toute façon la difficulté du diagnostic ne se présentait à celle époque qu'à propos des vibrions des eaux, caria plupart des auteurs étant convaincus du rôle étiologique du vibrion de Koch, la spécificité des vibrions provenanl des malades atteints de choléra ne faisait de doute pour personne.

La valeur cholérique d'un certain nombre de vibrions provenanl

348 SALIMBENI. - VACCINATION ANTICHOLÉRIQUE .

des cas typiques de choléra, ne commença à être contestée qu'après l'application d'un nouveau moyen d'investigation préconisé par Pfeiffer et Issaeff fi). D'après ces auteurs, le caractère le plus sûr pour distinguer un vibrion cholérique devait être fourni par la propriété préventive du sérum des animaux vaccinés. Si le sérum fourni par un animal vacciné contre un vibrion cholérique est capable de préserver un animal neuf contre le vibrion mis à l'étude, celui-ci appartient certainement à l'espèce cholérique ; dans le cas contraire il doit être considéré comme non cholérique.

C'est ainsi que Pfeiffer et Issaeff séparèrent des vrais cholériques, un certain nombre de vibrions que Pfeiffer lui-même avait auparavant reconnus comme étant des cholériques authentiques.

Peu après, en poursuivant ses recherches sur l'immunité antivibrionienne, Pfeiffer (2) fut amené à constater la transformation en granules sphériques que subissent les vibrions injectés dans la cavité périt onéale de cobayes activement ou passivement immunisés.

Cette transformation, connue dans la science sous le nom de phénomène de Pfeiffer, a reçu, grâce à sa spécificité, une large application dans le diagnostic bactériologique des vibrions.

Gruber et Durham (3) enfin, en se basant sur la spécificité du pouvoir agglutinant du sérum des animaux immunisés, découverte par Bordet (4), proposèrent l'agglutination comme moyen de diagnostic non seulement pour le choléra, mais aussi pour le b. typhique et le b. coll.

Depuis l'application, au diagnostic, de l'agglutination et du phénomène de Pfeiffer, le nombre des vibrions, isolés de cas typiques de choléra au cours de différentes épidémies et non reconnus comme cholériques, a considérablement augmenté. On explique ce fait, à première vue paradoxal, en admettant que, dans l'intestin des cholériques, à côté du vibrion qui a causé la maladie, peuvent se trouver d'autres vibrions non cholérigènes, et que c'est sur une colonie de ces derniers qu'on est tombé en faisant l'isolement.

Nous ne pouvons pas discuter ici la valeur de cette hypothèse que nous accepterons jusqu'à nouvel ordre. 11 faudra, par conséquent, toutes les fois qu'il s'agira de préparer un vaccin ou un sérum contre le choléra, s'assurer avant tout que le vibrion choisi esl aggutinë et donne le phénomène <le Pfeiffer en présence du sérum spécifique. L'une des deux réactions serait à la rigueur suffisante : car

(1) Deutsche medic. Wochensekr., 1894, n° 13.

(2) Zeitschr.f. Hygiène, 1894, t. XVI, p. 287.

(3) Munchner medic. Wochensekr., 1896, p. 285

(4) Ann. del'Jnst. Pasteur, juin 1895,

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