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BACTÉRIOTHÉRAPIE AVEC DES CULTURES DANS DU LAIT

hypothèse, qui est capable de suggérer des recherches fructueuses pour un fait certain et définitivement établi à l'heure actuelle.

Linsuflisancedes arguments de nos critiques ne fait que renforcer la thèse générale sur l'utilité de l'emploi des microbes lactiques dans la lutte contre le mal qui vient de nos intestins.

V. — Bactériothérapie intestinale avec des cultures de microbes lactiques dans du lait.

Les recherches bactériologiques sur les laits ayant subi la fermentation lactique, ne sont venues que bien après la constatation de leur rôle bienfaisant pour l'organisme. Le traitement avec le koumiss, le kéfir, le babeurre et le lait caillé a fait ses preuves à un moment où on ne se doutait pas encore de la présence du petit ferment organisé, découvert par Pasteur en 1857 dans la fermentation lactique.

Pour ce qui nous concerne personnellement, nous avons été très vivement impressionné par la cure merveilleuse d'une anasarque énorme, obtenue exclusivement par le lait aigri. Le fait date d'une trentaine d'années. Lorsque, atteint de troubles gênants du côté du cœur et des organes uropoétiques, nous nous sommes adressé à des spécialistes des plus compétents, l'application rigoureuse de leurs médications n'amena aucun soulagement. Après avoir vainement essayé de la thérapeutique française et allemande, nous nous sommes demandé, si un facteur important des troubles ressentis ne résiderait pas dans la flore intestinale de notre gros intestin, ce récipient inutile qui est devenu une fabrique permanente de virus et de poisons. La tentative pour chasser les mauvais microbes à l'aide de purgations salines n'a amené qu'un résultat momentané. Il restait assez de germes dans l'intestin pour fournir des nouvelles cultures, aussi abondantes que par le passé. La privation de tout aliment cru a fait tarir la source de nouvelles contaminations, mais il fallait trouver moyen pour empêcher la flore une fois établie d'exercer son action malfaisante. Cette idée, poursuivie depuis plus de dix ans, nous a fait franchir les étapes de fromages avec leur flore complexe et variable', de lait caillé spontanément, de lait préparé avec un levain acide et, finalement, nous a fixé sur l'emploi de lait aigriavecdes cultures pures de microbes lactiques. Puisque ce sont ces microbes qui exercent une action favorable, tandis que les autres qui leur sont associés dans les fromages de toutes socles, dans le koumiss, le kéfir et dans tant <le laits aigris, sont inutiles ou même nuisibles, il a été lout à fait naturel d'éliminer tous les levains <■! de réduire la prépa*

32 METCIINIKOFF. — BACTÉRIOTIIÉRAPIE INTESTINALE.

ralion du lait aigri à l'ensemencement des meilleurs microbes lactiques en culture pure. Nous nous sommes arrêté sur une symbiose du bacille bulgare avec un streptobacille du lait aigri, ensemencés dans du lait bouilli pendant quelques minutes.

L'effet de notre régime sur l'organisme nous a prouvé le bien fondé de notre supposition sur le rôle néfaste de la flore intestinale dans des affections variées, et c'est ainsi que nous avons été amené, petit à petit, à approfondir l'étude de ce problème important. Ne pouvant pas faire d'observations cliniques, nous nous sommes borné à suivre l'effet du régime lactique sur quelques-uns de nos amis et nous avons été amené à parler publiquement dans l'intention de rendre service aux autres. D autres que nous se sont mis à étudier l'action des laits aigris avec des cultures pures de microbes lactiques sur des malades, et dans l'espace de peu d'années il s'est accumulé tout un dossier sur la bactériothérapie des maladies intestinales.

Le travail le plus complet sur l'effet thérapeutique du lait aigri dans les maladies des intestins a été publié par le Dc Grekoff (1) qui a fait ses observations dans le service clinique du processeur Ssirotinine à Saint-Pétersbourg. Le lait administré aux malades était préparé d'après notre formule avec des cultures pures du bacille bulgare et d'un streptobacille du lait aigri. Après avoir fait bouillir le lait pendant cinq à dix minutes, on attendait qu'il refroidisse à 40°. Alors on ensemençait les deux microbes lactiques et on maintenait le lait à l'étuve à 37°-38°. Cinq à huit heures après l'ensemencement, le lait devenait épais. On arrêtait alors la fermentation en exposant le lait caillé à la température de 4-6°. Le lait ainsi préparé accusait une acidité de 8 à 10 grammes par litre. Chaque malade en recevait tous les jours une dose de 700 grammes.

Grekoff donne l'histoire détaillée de seize malades, traités par ce lait aigri. Onze d'entre eux en ont profité d'une façon plus ou moins définitive. C'étaient des malades atteints « de diarrhées subaiguës ou chroniques, résultant de l'affection du tube intestinal proprement dit, sans lésion apparente des grands appareils glandulaires \oisins ni des reins ». Dans cette catégorie sont entrés six cas d'entérocolites avec de la diarrhée qui a commencé depuis une période d'un mois à dix ans. « Dans ces cas il a été obtenu un résultai tout à fait favorable, tandis que le traitement pharmaceutique, entrepris auparavant dans plusieurs cas, n'a. pas produit d'effet. » Dans un autre cas il s'est agi d'une colite datant de plus d'un an. avec l'irritation du cœcum cl l'alternance de la diarrhée avec la constipation. A la suite

(1) Observations cliniques sur l'effd du lait aigri de Metchnikoff dans les maladies intesti. nales. Soinl Pélersbourg, 1907 (en russe).

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