‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 38 sur 185 · A. — EXAMEN DE LA PERSONNE MORDUE · texte numérisé non relu

A. — EXAMEN DE LA PERSONNE MORDUE

L'examen dune personne qui a été mordue ou qui croit avoir été mordue par un animal enragé ou suspect a une grande importance. Bien souvent, le praticien pourra la rassurer d'un mol el lui épargner, en même temps que des angoisses parfaitement compréhensiblesi l'ennui d'un voyage au siège d'un institut antirabique»

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Y a-t-il eu vraiment morsure ?

La première question à résoudre est la suivante : Y' a-t-il ou non eu morsure?

Diagnostic différentiel avec une contusion simple. — Il

faut distinguer deux cas suivant que le traumatisme a porté sur des parties nues ou recouvertes par les vêtements.

Dans le premier cas, il s'agitparfois d'une simple contusion produite par le museau de l'animal. Il est impossible de découvrir non seulement la moindre plaie, mais même la plus petite solution de continuité des téguments ayant pu servir de porte d'entrée au virus. Ces personnes seront rassurées et renvoyées. Par contre, la moindre érosion épidermique mettant le derme à nu commande le traitement antirabique.

Diagnostic différentiel avec une plaie par ratissage. — Lorsque l'agression a eu lieu par-dessus les habits, le diagnostic différentiel se pose entre une morsure et une plaie par ratissage ou par tiraillement. L'examen des vêtements tranchera la difficulté. Ceux-ci ont-ils été déchirés ou simplement troués, perforés par les dents de l'animal? 11 y a eu vraiment morsure et bien que le virus ait été en partie absorbé par les étoffes, la plaie a pu en recevoir une quantité suffisante pour que l'apparition de la rage puisse s'ensuivre. Les mordus de cette catégorie doivent être dirigés vers un Institut.

Fréquemment, par contre, on observe une plaie qui peut même être large, profonde et saigner beaucoup. Mais elle a été faite pardessus une robe et un jupon, par-dessus un pantalon et un caleçon, par-dessus une veste et une chemise et l'un au moins de ces deux vêtements, souvent l'un et l'autre n'ont pas subi la moindre solution de continuité. 11 est évident qu'alors il n'y a morsure qu'au sens vulgaire que le public attache à ce terme. 11 s'agit en réalité d'une plaie par ratissage, produite par le tiraillement des dents de l'animal sur les vêtements de la victime et celle-ci ne court aucun danger. Les caractères de la plaie corroborent souvent le renseignement fourni par l'intégrité des habits. Au lieu des deux traces de crocs qui d'ordinaire caractérisent une morsure, on trouve une plaie linéaire, le plus souvent superficielle et entourée d'une zone ecchymotique. Ces caractères sont toutefois accessoires et c'esl à l'état des vêlements qu'il Convienl d'accorder la plus grande importance.

Celle règle que l'absence de toute solution de continuité contreindique l<i traitement antirabique ne va pas sans quelques excep-

tions. La morsure est faite parfois à travers un tissu lâche, celui d'un bas de fil par exemple. 11 n'est pas impossible à la dent pointue d'un chien ou d'un chat de passer entre les mailles de l'étoffe qui se referment ensuite. Le traitement antirabique peut être indiqué. D'autres fois, les morsures sont faites à travers une seule épaisseur d'un tissu fin : gant de fil, pantalon de toile, etc., le tissu ne subit aucune solution de continuité, mais il est humidifié parla bave qui peut médiatement venir au contact de la plaie. Ici encore, le traitement sera conseillé. D'autres fois, la morsure a lieu dans une région du corps qui, comme le poignet, est à la limite des parties nues et recouvertes par des vêtements. 11 est difficile de savoir si la morsure a été faite à nu ou à travers les habits qui n'auraient été nullement lésés. Dans le doute, on conseillera au mordu de suivre ïe traitement.

Lavage et cautérisation des plaies.

Lorsque le médecin s'est assuré qu'il se trouve bien en présence d'une morsure et non d'une contusion ou d'une plaie par ratissage, il doit procéder au lavage des plaies et à leur cautérisation. Le lavage, dont l'action est surtout mécanique, peut se pratiquer avec une solution de sublimé ou d'un antiseptique quelconque ou tout simplement avec de l'eau propre. La cautérisation sera réalisée à à l'aide du thermocautère ou, à défaut, d'un fer rouge ordinaire. Hien que les caustiques physiques soient préférables, on peuf recourir aussi aux caustiques chimiques (nitrate d'argent, sulfate de cuivre, acide sulfurique, acide azotique, etc.). Cependant, les mordus viennent bien souvent trouver le médecin une demi-heure, une heure et davantage après la morsure et les faits démontrent que, dans ces conditions, les cautérisations même énergiques demeurent inefficaces, il y a lieu de se demander si ce n'est pas imposer alors une souffrance inutile que de pratiquer une opération <|iii,<lans aucun cas, ne dispense de suivre le traitement antirabique et qui en outre amoindrit la vitalité des éléments cellulaires dont l'intervention dans la lutte contre l'infection peut avoir son utilité. Passé le terme d'une heure, n©us conseillons l'abstention. Celle-ci est également indiquée dans les délabrements atroces, comme Ceux qui résultent de certaines morsures de loups. Dans ces cas, la cautérisation, extrêmement douloureuse, est forcément incomplète. On se contentera de Javages abondants. Les plaies aseptisées et cautérisées sont recouvertes d'un pansement occlusif. I n pansement sec, simplement destiné à protéger la plaie contre les pous- Médic. microbiens. G

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sières de l'air et le frottement des habits, suffit dans la grande majorité des cas. Il n'y a rien là du reste qui soit spécial à la rage et nous n'insistons pas. Dans des cas exceptionnels, quelques points de suture pourront être pratiqués. Ce serait une faute lourde que de faire subir à un mordu une autoplastie en règle, retardant ainsi de quinze jours — comme nous l'avons vu une fois — son envoi à Tlnstitut antirabique.

Conduite à tenir vis-à-vis des personnes léchées ou griffées.

Il arrive que le médecin soit consulté non pas pour une morsure mais pour des plaies accidentelles que de la bave aura contaminées ou aura pu contaminer, pour des écorchures qu'un chien enragé ou suspectaura léchées. Le danger est le même que pour les morsures. Les léchements sur des excoriations même fort minimes comme les gerçures des lèvres ou les petites plaies du pourtour unguéal connues vulgairement sous le nom d' « envies » sont fort dangereux en raison du grand nombre des terminaisons nerveuses dans ces régions. La rage est également susceptible de se transmettre par coup de griife. Le chien et le chat contaminent leurs pattes et leurs griffes soit directement en les léchant, soit indirectement par l'intermédiaire de la litière sur laquelle la bave se répand. En griffant, ils mettent à nu de nombreux filets nerveux sur lesquels le virus s'ensemence. 11 faut donc se comporter vis-à-vis des personnes léchées ou griffées par un animal enragé ou suspect absolument comme vis-à-vis des personnes mordues.

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