MODIFICATIONS PHYSIOLOGIQUES
À. — Phénomènes subjectifs. — Dans la grande majorité des ras, la vaccination antirabique ne détermine chez celui qui la subit aucun phénomène objectif ou subjectif digne d'être noté. La douleur produite par l'injection est très modérée ; elle disparaît complètement après une ou deux minutes. Au point d'inoculation, on ne constate aucune particularité ou tout au plus — surtout chez les personnes obèses — une rougeur diffuse très légère. Dans les premiers temps de la vaccination pastorienne, on avait cru remarquer que cette rougeur augmentait avec le degré de virulence de l'émulsion. Cette opinion n'a nullement été ratifiée par la suite. Chez les personnes en cours de traitement, la constipation est la règle. Elle D'est jamais assez intense pour susciter quelque complication.
Quelquefois, soit que la rougeur locale soit un peu plus vive que d'ordinaire et s'accompagne d'une légère induration, soit indépendamment de toute manifestation au point d'inoculation, les moulus accusent le soir quelques lancées au point où les injections oui été pratiquées le matin; il existe en même temps une fièvre modérée, (37°,5 à 38°), un peu d'agitation et d'insomnie. Ces phénomènes qu'un bain tiède atténue très rapidement durent, en l'absence de toute thérapeutique, de deux à trois heures, puis disparaissent spontanément.
104 P. REMLINGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.
Quelquefois aussi, on note au cours du traitement une tuméfaction des ganglions axillaires. Absolument indolore, elle passe inaperçue de la plupart des malades. Quelques-uns la découvrent par hasard et la signalent alors au médecin. Cette adénite a été attribuée par différents auteurs à la souillure de l'émulsion par des microbes vulgaires. Tel n'est pas notre avis. D'une part, en effet, cet engorgement ganglionnaire s'observe alors que les régions inoculées ne présentent pas la moindre trace d'inflammation. De l'autre, on ne la voit pas apparaître dans les cas heureusement rares où, au niveau de ces mêmes régions, il existe une lymphangite bien caractérisée, voire de véritables abcès. .11 est probable qu'elle est liée à l'absorption du vaccin lui-même. On sait en effet que celui-ci est absorbé par les lymphatiques tandis que le virus est transmis aux centres par les nerfs. Une tuméfaction analogue des ganglions axillaires a été notée par G. Paul chez des neurasthéniques auxquels il injectait des émulsions de substance cérébrale de brebis saines. Ceci ne prouve rien contre l'hypothèse que nous émettons et la confirme plutôt. On conçoit mal en effet qu'intimement fixé sur les éléments nerveux, le vaccin antirabique puisse être absorbé indépendamment d'eux.
B. — Phénomènes objectifs. — Objectivement, on note une augmentation souvent très marquée de la leucocytose totale. Cette hyperleucomjtose s'accroît de façon progressive. Elle atteint son maximum à la fin du traitement, puis disparaît très vite. Elle n'a rien de spécifique et se voit également à la suite de l'injection de moelles normales.
La vaccination antirabique ne produit pas de variations nettes dans le rapport des diverses variétés de globules blancs entre elles.
Il n'existe pas de polynucléose ou de mononucléose constante et typique; on n'observe pas davantage de variations du pourcentage physiologique des divers mononucléaires.
Du côté des urines, on ne note aucun phénomène intéressant. Le rein supporte très bien les injections pastoriennes. La présence de l'albumine n'a jamais été constatée et des analyses très minutieusement faites n'ont jamais montré du côté des échanges nutritifs de moditications tant soit peu importantes. Différents auteurs ont cru devoir s'assurer que le vaccin ne s'éliminait ni par l'urine, ni par la salive et que, par conséquent, ces liquides étaient, chez les personnes en cours de traitement, absolument inoffensil's.