‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 46 sur 185 · MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES

Les manifestations pathologiques qu'on peut observer au cours de la vaccination antirabique sont de deux sortes : locales ou générales.

A. — Manifestations locales.

11 nous suffira de signaler brièvement les premiers de ces symptômes. Imputables à une faute d'asepsie au cours des diverses manipulations qui aboutissent à l'injection de l'émulsion vaccinante, ils peuvent toujours être évités. Ils consistent dans des indurations au point d'inoculation et parfois dans de véritables abcès. Pour regrettables et douloureux qu'ils soient, ces accidents ne présentent aucune gravité. Des bains antiseptiques chauds et des compresses de sublimé tiède amènent assez facilement la résolution des placards indurés. Les abcès guérissent très vite dès qu'ils ont été incisés.

B. — Manifestations générales.

Beaucoup plus difficiles à éviter et souvent aussi beaucoup plus graves sont les phénomènes d'ordre général sur lesquels nous devons maintenant attirer l'attention. Ils consistent en éruptions et surtout en paralysies.

Éruptions.— La plus bénigne des éruptions qu'on peut observer au cours du traitement antirabique est Yurticaire. 11 est à peu près constant chez les personnes qui, dans certains Instituts, reçoivent sous la peau, conjointement avec des moelles atténuées par la chaleur ou la dessiccation, du sérum d'animal hyperimmunisé contre la rage ; mais chez des individus doués très probablement d'une idiosyncrasie particulière, il peut s'observer également, indépendamment de toute injection de sérum. Il se réduit du reste à quelques placards à l'endroit où les injections ont été faites; l'éruption n'est que faiblement prurigineuse et son apparition s'accompagne d'une élévation thermique insignifiante; foui disparaît dans l'intervalle de deux à trois jours.

L'éry thème polymorphe purpuriqiœ, ïérythème scarlatinif'orme ont été signalés à titre toul à l'ail exceptionnel. Dans une observation, ce dernier érythème s'est manifesté sous une forme épidémique fort grave. Quarante personnes sont vaccinées à Varsovie le 29 novembre 1901, vingt-deux tombent malades. Elles présentent des symptômes généraux et dans les flancs une rougeur diffuse dont, le

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point de départ est la petite plaie d'inoculation. Chez quatre enfants, l'éruption est généralisée et simule à s'y méprendre la scarlatine. Tous quatre succombèrent. Les autres se remirent peu à peu. L'Institut fut fermé, désinfecté et les vaccinations ne furent reprises que le 20 décembre avec des moelles fraîches, envoyées de Saint- Pétersbourg. Il n'y avait guère de doute en effet que ces accidents n'eussent été produits par une souillure du produit inoculé.

Paralysies. — Les accidents paralytiques sont exceptionnels au cours du traitement antirabique. Nous en avons rassemblé une quarantaine d'observations sur un total de 107 712 personnes inoculées. Ils se présentent le plus souvent sous le masque assez inquiétant de la myélite aigué. Malgré cela, ils sont essentiellement et spontanément curables. Sans importance, en raison de leur rareté, au point de vue de la pratique des vaccinations, ces accidents offrent par contre un grand intérêt scientifique car leur pathogénie prête aux théories les plus opposées. Le tableau clinique peut se schématiser de la façon suivante : entre le huitième et le dernier jour du traitement, ou encore pendant la semaine qui suit sa terminaison, une personne présente un état fébrile léger, de l'anorexie, une courbature intense, des douleurs lombaires violentes. Le lendemain, il existe de la parésie des membres inférieurs caractérisée par une sensation de faiblesse, une démarche hésitante et chancelante. Quelquefois, tout se borne là; après quelques jours, le malade s'améliore et sa guérison est complète au bout d'une semaine ou de deux. Plus souvent la parésie augmente rapidement et devient bientôt une paraplégie absolue. Le moindre mouvement est impossible au malade. Les manifestations du côté de la sensibilité sont variables. On note tantôt de l'hyperesthésie cutanée avec exagération des réflexes tendineux, tantôt de l'anesthésie avec abolition. La vessie et le rectum se paralysent à leur tour et on observe de l'incontinence ou de la rétention des matières. Souvent les phénomènes restent localisés aux membres inférieurs et aux sphincters. Mais d'autres fois, la paralysie suit nettement une marche ascendante et revêt le type classique de la maladie de Landry. On observe — précédée par une phase de douleurs lancinantes — une paralysie ou une parésie des membres supérieurs. On peut observer également une paralysie des muscles de la face et des troubles bulbaires, tels que dyspnée, tachycardie, dysphagie, etc. Après une période très inquiétante où on se demande si ces manifestations bulbaires ne vont pas amener un dénouement fatal, les symptômes s'arrèlent puis s'améliorent. Kn un laps de temps qui varie le plus souvent entre dix cl vingt jours, les phénomènes pai ah tiques se dissipent,

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