‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 50 sur 185 · IMMUNITÉ CONFÉRÉE PAR LE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ CONFÉRÉE PAR LE TRAITEMENT

Quand apparaît-elle?

Des expériences entreprises par Pasteur lui-même sur des chiens vacciné.-; au moyen de moelles desséchées ont montré que la vaccination n'avait son plein effet que quinze jours environ après la dem ière injection. Un grand nombre de faits cliniques sont de nature à prouver que chez l'homme les choses ne se passent pas de façon différente. Nous venons de voir que c'était à une époque sensiblement identique que Krauss et Kreissl étaient parvenus à déceler dans le sang de l'homme des substances antirabiques. Les résultats toutefois diffèrent un peu suivant les individus et ce n'est guère qu'au vingt-deuxième jour qu'on rencontre avec certitude dans le sans des substances immunisantes.

Combien de temps dure-t-elle?

La durée de l'immunité est facile à calculer chez le chien. Pasteur, H ôgy es se sont appliqués à le faire sur un très grand nombre d'animaux. Leur conclusion est que l'immunité a une durée assez variable suivant les individus. Chez 21 p. 100 des chiens, elle disparaît au bout d'un an; chez 33 p. 100 après deux ans. Chez d'autres, elle persiste pendant cinq ans au moins. Chez l'homme, la durée de l'immunité est difficile à établir avec certitude et le hasard permet seul d'acquérir quelques données à ce sujet. Une personne mordue par un chien suit le traitement antirabique. Un laps de temps quelconque, un an, deux ans par exemple après avoir subi les inoculations, elle est mordue à nouveau par un animal enragé ; les injections ne sont pas répétées et, malgré cela, cette personne ne contracte pas la rage. Cette observation — il en est un certain nombre de semblables dans la littérature médicale — est de liés peu de valeur au point de vue de l'appréciation de la durée de L'immunité et il est superflu d'insister sur les causes d'erreur auxquelles sciait exposé un calcul effectué sur une pareille base. Le l'ail suivant a une tout autre importance. Le gardien des chiens de l'abattoir de Palerme est mordu le 17 décembre 1891 et suit le traitement antirabique du 19 décembre 1891 au 2 janvier 1892. Il est mordu à nouveau le 7 septembre \X'X\, ne se fait pas revacciner el succombe à la râpe furieuse le 10 décembre 1895. L'immunité est donc inférieure à quatre années. 11 n'existe, à notre connaissance, aucune observation qui permette de -errer la question de plus près. On agiradonc sagement en raisonnant provisoirement pour Ihomme

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par analogie avec ce qui se passe chez le chien et en faisant subir un nouveau traitement aux personnes mordues plus d'un an et demi après la première série dess inoculations.

Transmission héréditaire.

L'immunité contre la rage parait, dans certains cas tout au moins, pouvoir se transmettre héréditairement. Chez le lapin, le rôle du père est nul, mais celui de la mère est réel, surtout lorsque l'immunisation a pu être poursuivie pendant la gestation et de façon intensive. Toutefois, môme dans ces conditions, l'immunité est inconstante et peu solide; elle ne s'étend qu'à la portée qui suit immédiatement la vaccination. Chez le lapin l'allaitement ne joue aucun rôle dans la transmission de l'immunité. Ces expériences présentent des difficultés d'exécution considérables ; elles n'ont pas encore été réalisées chez le chien. 11 n'est pas impossible que cet animal se comporte d'une façon différente du lapin et que l'immunité héréditaire se montre chez lui d'une solidité plus grande et d'une durée plus longue. On sait en effet qu'il existe suivant les espèces animales d'assez grandes différences dans la façon dont s'effectue la transmission héréditaire de l'immunité vis-à-vis des maladies infectieuses.

Comparaison de l'immunité contre la rage, la variole et la clavelée.

Nous ferons remarquer en terminant que l'imperfection de nos connaissances sur l'immunité antirabique et en particulier sur son mécanisme intime tient — tout au moins dans une certaine mesure — à ce que, de môme que pour la variole et la clavelée, nous ne connaissons pas son microorganisme ou du moins nous ne pouvons pas le voir. Il y a toutefois entre la vaccination antirabique et la vaccination antivariolique ou anticlaveleuse cette différence carentielle que ces dernières, appliquées pendant la période d'incubation de la variole ou de la clavelée, sonl totalement inefficaces el les infections continuent de suivre leur cours normal. Lorsqu'on vaccine au contraire un homme mordu par un animal enragé, il est aussi eu incubation de la maladie et cependant, dans l'immense majorité des cas tout au moins, la vaccination empêche t'éclosiofl de la rage. Ce fait heureux est dû à la longueur de la période d'incubation de la maladie. C'est cette longueur de l'incubation que la vaccination meta profil et qui lui permet d'arriver à temps en

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