‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 49 sur 185 · VII. — L'IMMUNITÉ CONFÉRÉE PAR LE TRAITEMENT ANTIRABIQUE · texte numérisé non relu

VII. — L'IMMUNITÉ CONFÉRÉE PAR LE TRAITEMENT ANTIRABIQUE

Quel est le mécanisme de sa production ?

Alors que le virus rabique chemine vers le système nerveux central en suivant la voie des nerfs périphériques, le vaccin injecté dans le tissu cellulaire du flanc est absorbé par le sang et les lymphatiques, et c'est par leur intermédiaire qu'il immunise les centres nerveux. Dans la grande majorité des cas, le traitement antirabique parait être une lutte de vitesse entre le virus etle vaccin qui doit avoir immunisé les centres avant que le virus n'y parvienne. Nous avons démontré toutefois qu'au cours de la rage expérimentale, les centres nerveux étaient virulents à une époque beaucoup plus précoce qu'il n'était admis. Il est très probable que, chez l'homme mordu, les choses ne se passent pas de façon différente et que, dans certains cas tout au moins, le traitement antirabique agit en neutralisant le virus dans le cerveau môme. Quel est le mécanisme intime de cette immunisation, de cette neutralisation ? Nous devons avouer notre ignorance à peu près complète sur ce point. Des expériences entreprises sur les singes ont conduit Marx à formuler la théorie suivante : Le virus des moelles desséchées serait facilement détruit par l'organisme et le contenu des microbes rabiques se trouverait ainsi mis en liberté; il serait alors capable d'impressionner et d'exciter les organes susceptibles de produire les anticorps spécifiques de la rage. En faveur de la théorie de .Marx, on peut faire valoir que Kraûss et Kreissl ont mis en évidence dans le sang des personnes ayant subi le traitement pastorien, l'existence de substances rabicides. De plus, l'apparition de ces substances a lieu du quinzième au vingtième jour après la fin du traitement, c'est-àdire au moment précis de l'établissement de l'immunité. Cet argument aurait une valeur plus grande s'il existai! un rapport étroit entre les propriétés antirabiques du sang et la résistance d'un animal à la rage. Malheureusement, il n'en est rien. Le sérum de certains oiseaux parfaitement réceptifs renferme des substances rabicides et est capable de neutraliser une émulsion de virus ïixe. Par contre, le sang d'animaux complètement réfractaires, comme la tortue grecque, n'exerce pas la moindre action antirabique. Il n'existe toutefois aucune raison majeure4 qui s'oppose à l'adoption de la théorie de Marx. Elle es! La meilleure de toutes celles qui ont été proposées.

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