‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 54 sur 185 · CAUSES DES INSUCCÈS RÉELS · texte numérisé non relu

CAUSES DES INSUCCÈS RÉELS

laines morsures de la face, celles par exemple qui sont situées à l'émergence des nerfs maxillaire supérieur ou sus-orbitaire, ou encore au niveau du nez empruntent une gravité toute particulière à l'extrême réduction du trajet que doit parcourir le virus pour arriver aux centres.

4" Le nombre des morsures, leurs dimensions ont également leur importance. On conçoit en effet que la quantité de virus reçue par l'organisme soit directement en proportion de ces différents facteurs L'état d'infection des plaies peut également n'être pas sans influence, étant donné le rôle favorisant que certaines associations microbiennes jouent par rapport au virus.

6 Causes des insuccès réels. — Si nous passons maintenant aux insuccès réels, c'est-à-dire aux cas de mort qui se produisent plus de quinze jours après la fin du traitement, nous retrouvons d'abord très nettement l'influence des facteurs précédents : nature de l'animal mordeur, siège des morsures, nombre et dimensions ies morsures, retard apporté à venir suivre le traitement. Les statistiques apprennent aussi que les insuccès sont un peu plus fréquents l'été que l'hiver. Pendant la saison chaude, les moelles se dessèchent et par conséquent s'atténuent plus vite. 11 y a là un élément dont il est bon de tenir compte au cours des vaccinations.

Les résultats des vaccinations sont un peu moins bons chez les enfants que chez les adultes et celte différence ne s'explique pas uniquement par la plus grande fréquence chez les enfants des morsures de la face et du cuir chevelu. 11 faut invoquer encore une Susceptibilité particulière vis-à-vis du virus. Le sexe par contre est sans influence.

A côté des insuccès dont on peut trouver ou supposer la cause daiiv un des facteurs que nous venons d'énumérer, il en est d'autres dont le motif échappé à peu près complètement ou dont l'explication tout au moins est très délicate.

Certaines observations sont de nature à faire admettre que l'organisme, pendant les mois qui suivent le traitement, se trouve placé entre le virus et le vaccin dans une sorte d'équilibre instable. Celui-ci peut être rompu au profit du virus par un traumatisme, un refroidissement, un choc moral, parfois plusieurs de ces causes réunies. Chante m esse a cité l'observation d'un homme qui, mordu et vacciné au commencement de l'année 188G, fait une chute au mois de juillet 1888 et continue à travailler malgré une pluie battante. Le lendemain, des douleurs se manifestent dans Le membre mordu. Quatre jours plus lard, cet homme succombait à la rage. In enfant, observé par Lemaistre, reçoil un pot d'eau sur

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la figure quelque temps après avoir subi le traitement. Aussitôt la rage se déclare. Six mois après le traitement, un marchand du Caire est violemment frappé à la tête par un indigène; il tombe et se fait une entorse. Le blessé ne tarde pas à présenter les modifications du caractère si souvent notées comme signe prémonitoire de la rage et bientôt il succombe après avoir présenté tous les signes de la. maladie sous sa forme furieuse la plus caractéristique. Au Caire également, un policier était de faction six mois après avoir subi le traitement pastorien. Un gros chien s'élance sur lui sans le mordre et s'éloigne ensuite. L'agent est très effrayé; il perd l'appétit, la bonne humeur, puis il présente tout à coup les symptômes de la rage et succombe. Citons encore cette remarque de Nocard que la plus grande fréquence des refroidissements chez les douaniers expliquerait chez eux la fréquence relative des insuccès du traitement pastorien. Un certain nombre de faits expérimentaux montrent très nettement que si on soumet à l'action du froid des chiens inoculés avec du virus rabique, ils contractent la maladie plus facilement que les témoins.

Cependant on ne peut pas toujours trouver aussi facilement que dans les observations précédentes la cause déterminante des insuccès du traitement antirabique. Bien souvent elle se dérobe aux investigations les plus minutieuses. Kraùss et Kreissl ont émis l'hypothèse que, dans ces cas, il n'y avait eu dans le sang aucune formation de substances antirabiques. Ceci recule la difficulté sans la résoudre. Pourquoi chez certains individus la vaccination pastorienne n'est-elle pas suivie de la formation de substances antirabiques? L'alcoolisme paraît susceptible d'empêcher cette formation. Deléarde a montré que les animaux alcoolisés au cours de la vaccination n'acquéraient aucune immunité, et de fait on a maintes fois constaté que les insuccès du traitement pastorien se rapportaient à des individus nettement alcooliques. Mais d'autres fois, chez les enfants, chez nos musulmans de Gonstantinople, etc., ce facteur ne saurait être invoqué et force est d'avouer que la cause de certains insuccès échappe entièrement. Fait digne de remarque : la rage qui éclate chez les personnes ayant subi te traitement pastorien ne se présente nullement sous une forme atténuée. Elle ne diffère ni par l'acuité des symptômes, ni par la rapidité de révolution, de la maladie qu'on observe chez les mordus non inoculés. Itouhinov a tenté d'exploiter le fait contre le traitement antirabique. Il n'y a rien là du reste qui soit spécial à la rage. Si la variole, la peste, la diphtérie, le tétanos sont moins graves lorsqu'ils surviennent chez cj.es vaccinés. le choléra revél un caractère de gravité absolument

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