‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 55 sur 185 · APPRÉCIATION DES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION DES RÉSULTATS

identique suivant qu'il apparaît chez des personnes vaccinées ou

non.

Appréciation impartiale des services rendus par la vaccination antirabique.

1° Dans la rage du chien. — L'étude détaillée des insuccès de la méthode pastorienne doit nous conduire à l'appréciation impartiale des résultats qu'elle fournit etdes services qu'elle rend. Laqueslion revient naturellement à comparer la mortalité pour rage avant la découverte de Pasteur et à l'époque actuelle.

On sait qu'au début du fonctionnement des Instituts antirabiques, la surprise fut grande de constater un nombre aussi considérable de cas de morsures par des animaux enragés. Les Instituts furent accusés d'inoculer nombre de personnes chez qui le traitement n'était nullement indiqué. A cela il fut répondu que si, avant les découvertes pastoriennes, le chiffre des individus mordus paraissait beaucoup moins élevé, la raison en était dans le silence que l'on faisait autour d'une maladie incurable. Au désir de ne pas effrayer les mordus s'ajoutait la peur de leur nuire. Souvent en effet on refusait le travail à des personnes qu'on supposait pouvoir être dangereuses parce que mordues par un animal enragé. Ces explications furent très critiquées. Peter essaya même de les tourner en ridicule. Elles étaient cependant l'exacte vérité. De nombreuses statistiques l'ont établi surabondamment. Avant l'ère pastorienne, les morsures n'étaient pas plus rares que de nos jours et la mortalité chez les personnes mordues par des animaux enragés s'élevait de 12 à 58 p. 100.

Des chiffres précédents, il est intéressant de rapprocher ceux que fournissent à l'époque actuelle les personnes qui, mordues par des animaux enragés, recourent aux soins des empiriques ou même négligent tout traitement. De 1887 à 1889, dans le département de la Seine, 180 personnes mordues par des animaux enragés ont fourni ■l'i- cas de mort (12,69 p. 100). En cinq années, Ilogyes a rassemblé patiemment 85:; observations de personnes mordues par des animaux enragés et qui n'ont pas été soumises aux inoculations. La mortalité s'est élevée chez elles à 13,91 p. 100. A cela, il faul ajouter que chaque année et dans tous les pays, il meurl dans ces conditions un nombre d'individus considérable. Du mois d'août 1894 au mois de décembre 1897, K) personnes meurent de rage en C.rèce après avoir été soignées par des empiriques (Pampoukis). En Turquie, nous avons eu en quatre années connaissance de 28 cas de page chez des personnes qui n'avaient pas subi le traitemenl

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pastorien. En Roumanie, pendant la seule année 1905, 42 personnes au moins succombent à la rage. En Allemagne en 1905, 11 personnes meurent de rage; 3 seulement avaient été soumises au traitement. Le pourcentage de la mortalité des sujets mordus par des animaux enragés était de 0,93 p. 100 chez les traités contre 17,8 p. 100 chez les non traités. Pour des raisons multiples qui découlent des considérations développées aux chapitres précédents, un certain nombre de sujets admis à la cure parce que mordus par un animal suspect de rage, ont en réalité été mordus par un animal atteint d'une autre maladie, voire même par un chien sain. Quelle est l'importance de cette cause d'erreur dans l'appréciation des statistiques? D'après le résultat de l'inoculation au lapin du bulbe des animaux mordeurs, Rodet à Montpellier estime que le traitement s'est trouvé justitié dans 25 p. 100 des cas; Murât à Alger donne un chiffre un peu plus faible, 41,0p. 100. La majorité des auteurs estd'avis qu'en fixant à 50 p. 100 la proportion des mordus par des animaux non enragés qui suivent le traitement antirabique, on est au-dessus de la vérité... Mais admettons ce chiffre. Si d'une part 85 p. 100 des personnes mordues par un animal enragé échappent à la rage bien que ne suivant aucun traitement; si d'autre part 50 p. 100 des personnes inoculées dans les Instituts antirabiques sont mordues par des animaux non enragés et si enfin on observe, malgré le traitement pastorien, une mortalité globale de 0,50 p. 100, il s'ensuit que sur 1 000 personnes inoculées dans un Institut antirabique, 70 échappent à la mort par le seul fait des inoculations.

En faisant l'application de ces données à la statistique de Bernstein, on voit que, sur 10^437 personnes, 7793 doivent au traitement antirabique d'avoir échappé à la mort. Dans la statistique que nous avons publiée d'autre part et qui porte sur 131 579 personnes, ce sont 9 819 individus qui ont été sauvés. Ces chiffres se passent d'autant plus de commentaires qu'en fixant à 50 p. 100 le nombre des personnes mordues par des chiens non enragés et à 85 p. 100 celui des individus qui échapperaient à la rage tout en ne suivant aucun traitement, on est certainement au-dessus de la vérité.

2° Dans la rage du loup. — Cependant moins sujets encore à contestation, si possible, sontles résultats fournis parles vaccinations pastoriennes dans le traitement de la rage du loup. De nom-* breuses statistiques prouvent que la mortalité par rage à la suite de ces morsures s'élève à plus de 60 p, 100. Elle atteint même 90 p. 100 chez les personnes mordues à la tète. 11 faut faire remarquer aussi que si, sur 100 personnes mordues par des chiens, 50 environ n'ont pas été mordues par un animal enragé, les morsures par des loups

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