IX. — TRAITEMENT DE LA RAGE DÉCLARÉE
11 n'existe pas de maladie contre laquelle le médecin soit plus impuissant que contre la rage et il n'y a nulle exagération à dire que son traitement curatif n'existe pas. 11 nous paraît inutile d'énumérer ici tous les prétendus spécifiques de la rage, vantés tour à tour, d'âge en âge, les uns plus ou moins rationnels, la plupart simplement bizarres ; ils ont tous joui d'une vogue plus ou moins éphémère et tous aussi se sont montrés à l'usage radicalement insuffisants. Nous n'en citerons que deux exemples.
En 1824, le médecin français liuisson voulant mettre un terme aux souffrances d'une personne qu'il croyait atteinte de rage, la plaça dans un bain russe à 42° Kéaumur: elle en sortit, parait-il, guérie. Ce fut le point d<>, départ d'une « méthode » (bains de vapeur à 38-48° Héaumur) quelque temps en usage pour le trailement préventif et curatif de la rage. Ayanl trouvé dansun pamphlef
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tout récent contre la méthode pastorienne (1905) cette méthode préconisée comme donnant une sécurité absolue et devant, dans tous les cas, être préférée aux injections, il nous a paru intéressant de rechercher quelle était in vivo Faction de la chaleur sur le virus rabique. Des lapins et des cobayes, inoculés sous la dure-mère, sous la peau et dans les muscles, étaient enfermés les uns tous les jours depuis l'inoculation jusqu'à l'apparition des phénomènesparalytiques, les autres à dater seulement du début de la paralysie, dans une étuve de Schribaux réglée à 50-52°. Les séances étaient de trois quarts d'heure, ce qui permettait de maintenir à 43° pendant quinze à vingt minutes la température des animaux en expérience. Tous sans exception ont succombé avant les témoins.
Dans une deuxième série de recherches, des lapins ont été trépanés avec du virus lixe, puis au quatrième jour (nous avons démontré que le cerveau était virulent dès le deuxième), nous avons mis ces animaux à l'étuve sèche réglée à 58-60°. La température rectale n'a pas tardé à atteindre 45-46°. La mort suivit rapidement. Le bulbe de ces lapins a servi à faire des passages sous la dure-mère d'autres lapins. Ceux-ci ont tous succombé dans le délai classique de dix jours. Du fait d'une température sûrement mortelle pour les animaux en expérience, le virus rabique n'avait donc pas subi la moindre atténuation. Les résultats plus ou moins favorables obtenus par Buisson dans le traitement préventif de la rage s'expliquent par d'heureuses coïncidences, les résultats obtenus dans le traitement curatif par des erreurs de diagnostic.
Dans ces derniers temps, le radium a fait naître de nouvelles espérances, bientôt déçues également. ïizzoni et Bongiovanni ont avancé que si on inoculait des animaux, des lapins ou des chiens en particulier, avec du virus rabique sous la dure-mère et si on dirigeait ensuite des rayons de radium dans l'œil de l'animal, il échappait à la rage. Le traitement réussissait alors même que la paralysie du train postérieur avait déjà commencé. La paraplégie rétrocédait et les animaux guérissaient alors que tous les témoins succombaient. On était dès lors en droit de se demander si le traitement prophylactique de la rage n'avait pas vécu et si désormais on n'attendrait pas l'éclosion de la maladie pour la traiter par le radium au môme titre qu'un lupus ou un épithélioma. Gel espoir, hélas! fut de courte durée. Aucun des auteurs qui cherchèrent à reproduire les expériences de Tizzoni ne put y parvenir. Il fut démontré, par contre, que l'application du radium au niveau de l'œil était loin d'être inouensive et qu'elle était susceptible de produire du côté «les paupières et delà cornée les lésions les pins graves<