‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 78 sur 185 · ACTION DU SÉRUM SUR LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

ACTION DU SÉRUM SUR LA TEMPÉRATURE

modifications des principaux symptômes. René Petit (1) a très bien étudié les effets physiologiques et cliniques du sérum ; nous lui ferons de nombreux emprunts.

Action du sérum sur les symptômes généraux. — A la suite d'une injection de sérum, très souvent les malades n'éprouvent aucune réaction; cependant les grandes personnes signalent assez fréquemment de la céphalalgie, des douleurs musculaires et articulaires, de l'engourdissement des membres inférieurs. Chez les adultes comme chez l'enfant, on observe dans les douze heures qui suivent l'injection, une période d'excitation, de l'insomnie, et très souvent cet état s'accompagne d'un mouvement fébrile.

Cette période d'excitation se termine vers la quinzième ou vingtième heure et dès lors, si le sérum agit bien, l'état général s'améliore très vite, l'aspect du malade est tout à fait différent de celui décrit a^ant la sérothérapie; on ne voit plus de figures pâles et plombées, mais des enfants rosés; leur attitude est vive ; rapidement l'anorexie disparaît et si le sérum a été injecté au début de la maladie, la santé revient sans convalescence.

Dans le cas d'injection tardive, la convalescence est longue, et souvent vers le quinzième jour, ou à la fin de la troisième semaine, il survient de la faiblesse, de l'anémie, de l'anorexie, le malade se rétablit péniblement et tous ces symptômes généraux s'accompagnent de troubles nerveux, cardiaques et rénaux. Quelques auteurs ont attribué au sérum ces accidents, purement toxiques, ils sont d'autant plus atténués qu'on a pratiqué une sérothérapie plus précoce, ou plus intensive si elle a été tardive.

Action du sérum sur la température. — Le sérum peut amener une élévation de la température vers la huitième ou douzième heure après l'injection; quelquefois elle peut se produire dès la cinquième heure. Cette élévation se maintient 4, 6 ou 10 heures et se termine [«ai- une chute immédiate ou par une descente en lysis; sur ('>') malades, René Petit n'a observé la fièvre que sept fois.

Lorsque la période fébrile du début est terminée, on constate toujoUrs une baisse <!•' température quand l'état du malade s'améliore. Quand la température ne se rapproche pas rapidement de la normale, il faut renouveler l'injection de sérum.

Dans les diphtéries qui évoluent vers la guérison, la température peut présenter une chute brusque, ou se rapprocher de la normale par une descente en l\>i<. Dans les jours qui suivent, il importe d'étudier la température j car soin eut elle reste voisine de 36° et

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178 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.

peut descendre au-dessous dans Ja convalescence de certaines diphtéries graves. Dans quelques cas, on a signalé des chutes brusques à environ 35°; c'est généralement le signal du début des accidents d'intoxication tardive. Dans d'autres cas, les complications s'annoncent par une élévation brusque de la température ; le plus ordinairement cette fièvre annonce des accidents infectieux et non plus des accidents toxiques.

Dans le croup la température est en général assez élevée; il est rare qu'elle tombe brusquement. Le plus souvent elle descend progressivement; mais ce n'est que vers le quatrième ou cinquième jour qu'elle se rapproche de la normale. Dans le croup plus que dans les angines, toute complication est annoncée par une élévation de la courbe thermométrique.

Action du sérum sur le pouls. — Dans les premiers jours qui suivent l'injection, le pouls est presque toujours accéléré et il reste tel après la chute de la température pendant deux à quatre jours. Plus tard, si les complications surviennent, le pouls s'accélère avant l'élévation de la température, quelquefois il devient irrégulier : c'est toujours le présage d'une complication. Souvent dans les intoxications, on note une température basse et un pouls élevé; mais le pronostic est encore plus grave lorsqu'on constate une chute de la température et un pouls à 40 ou 50.

Chez les enfants il est difficile d'étudier la tension artérielle; chez l'adulte on note de l'hypotension dans la convalescence des angines graves.

Action du sérum sur la respiration. — La respiration s'accélère au moment de la période fébrile qui succède à l'injection sérique ; puis, en général, il n'y a pas de modification pour les angines. Poulies croups, il importe de bien suivre les variations de la respiration ; lorsque tout va bien, la respiration diminue de fréquence; au contraire toute complication est annoncée par une respiration plus rapide. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à renouveler l'injection de sérum antidiphtérique et aussi, comme nous l'avons déjà dit, l'injection du sérum antistreptococcique sera indiquée chez les infectés.

Action du sérum sur les symptômes locaux. — Dysphagie. — Chez les malades qui ont de la douleur au moment delà déglutition, on note la diminution de ladysphagie deux à trois heuresaprès l'injection.

Engorgement ganglionnaire. — Dans les diphtéries bénignes OU moyennes, lorsque les ganglions sont durs, isolés, on noie une diminution du volume, dès le lendemain de l'injection ; après quatre ou cinq jours, les ganglions sont à peine un peu plus gros qu'à l'état normal

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