ACTION DU SÉRUM SUR LES COMPLICATIONS
Voyons d'abord ce qui se passait avant la sérothérapie.
Tous les auteurs, et en particulier Barbier, qui a étudié spécialement la question, admettent que l'albuminurie peut être précoce ou tardive.
Pour l'albuminurie précoce, symplomatique d'une lésion toxique déjà avancée, il n'y a pas de doute : le sérum l'atténue et si l'on intervient assez tôt, le sérum l'évite. Quand elle existe, il faut augmenter les doses de sérum et les renouveler; de ce fait, l'albuminurie précoce est moins fréquente après la sérothérapie qu'avant la sérothérapie.
L'albuminurie tardive, pour la même raison devrait être moins fréquente, caria sérothérapie, évitant l'intoxication générale, devrait éviter la néphrite. En réalité c'est ce qui se passe; mais il y a des malades atteints de diphtéries graves qui guérissent et qui presque toujours ont des albuminuries tardives. Comme ils mouraient avant la sérothérapie, le pourcentage s'en trouve augmenté. L'albuminurie se trouve aussi accrue par suite des accidents sériques qui souvent s'accompagnent d'albuminurie.
Ces deux causes font que les chiiFres des malades atteints d'albuminuries précoces ou tardives sont encore très élevés. Mais tout compte fait, il y a certainement diminution et des albuminuries précoces et des albuminuries tardives.
Ainsi les statistiques de Barbier donnaient 75 p. 100 d'albuminuries, la statistique de Bené Petit ne donne plus que 60 p. 100. Avant la sérothérapie, Chaillou et Martin avaient trouvé 66 p. 100 d'albuminuries précoces ou tardives, et, sur 120 enfants traités par le sérum, 54 n'ont pas d'albumine, 12 ont été albuminuriques un seul jour, 54 avaient les urines albumineuses : soit 55 p. 400. Presque toujours l'albumine a rapidement disparu; sa persistance et son abondance ont été notées seulement dans quelques cas des plus graves.
En résumé, le sérum, par son action antitoxique, diminue le oombre des albuminuries. Cette diminution serait encore plus marquée, si elle n'était pas en partie masquée par l'existence des accidents sériques. Heureusement, ils sont en général bénins et passagers, comme nous allons le voir dans la suite.
Action du sérum sur les complications de la diphtérie. - Depuis la sérothérapie, on guérit nombre de diphtéries graves; mais dans ces cas, la convalescence est longue, et il survient de multiples complications. Certains auteurs ont môme affirmé que le sérum en favorisait le développement. 11 est bien certain que, dans Les premiers temps de la sérothérapie, on lui a attribué les accidents
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de la convalescence; mais on peut actuellement différencier les complications de la diphtérie simple ou associée d'avec les accidents sériques. Nous allons étudier séparément : les symptômes dus à l'intoxication diphtérique, ceux qui sont d'origine infectieuse et enfin ceux qui sont causés par le sérum lui-même.
Influence du sérum sur les complications toxiques. — Paralysies. — On peut dire que les paralysies seront d'autant moins fréquentes que le sérum a été donné plus près du début de la maladie. Au contraire, lorsqu'on intervient alors que les fausses membranes ont envahi les piliers, la luette, le voile du palais, on n'évite pas les paralysies.
Elles seront précoces et intéresseront surtout le voile du palais; elles pourront être tardives et porter sur le voile du palais, sur les muscles du pharynx, sur les muscles des yeux ou des paupières, sur les intercostaux, le diaphragme, ou prendre le type paraplégique.
Tant que ces paralysies sont localisées, elles ne mettent pas la vie en danger; mais il en est qui sont plus ou moins généralisées et s'accompagnent de troubles respiratoires ou de troubles cardiaques, qui se traduisent soit par le ralentissement du pouls, soit par sa plus grande fréquence, ou par son inégalité; on sait que ces symptômes sont souvent suivis de mort subite.
Presque tous les auteurs admettent que ces troubles sont dus à l'imprégnation des cellules nerveuses par la toxine diphtérique ; au début de la sérothérapie, on regardait comme impossible la guérison de ces accidents tardifs par le sérum antidiphtérique. Comby ot Barbier, et à leur suite de nombreux auteurs, ont au contraire démontré l'efficacité de la sérothérapie contre ces paralysies tardives; aussi faut-il se hâter d'injecter du sérum aux malades qui présentent des symptômes tardifs d'intoxication; le plus souvent on les guérira plus rapidement et en tout cas on évitera presque toujours la mort subite.
Influence du sérum sur les complications d'origine infectieuse. — Ces accidents se voient surtout chez les malades infectés qui ont des angines associées, et le microbe associé le plus fréquent est le streptocoque. On sait que ces angines, croups ou bronchites pseudo-membraneuses se présentent avec un ensemble de symptômes qui les font reconnaître aussitôt. Les fausses membranes sont grisâtres, presque purulentes, il y a du jetage, souvent des hémorragies, les ganglions sont 1res engorgés cou proconsulaire), la fièvre est très vive. Dans ces cas, on doil donner du sérum à haute dose et renouveler l'injection jusqu'à la disparition des fausses membranes; or chez les malades infectés, après la disparition