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SÉROTHÉRAPIE DANS LES MALADIES ASSOCIÉES

tics fausses membranes, la gorge reste rouge, et souvent, vers le septième jour, quelques points grisâtres apparaissent sur les amygdales, quelquefois même une fausse membrane se forme qui peut ne contenir que des streptocoques. Cette streptococcie, qui évolue après ia diphtérie, n'était pas connue avant la sérothérapie; car, les malades dont nous parlons, mouraient rapidement. Depuis la sérothérapie elle est fréquente dans certaines épidémies et alors elle s'accompagne d'adénopathies, quelquefois même les ganglions suppurent. On note aussi des troubles rénaux (albuminurie, anurie), de la broncho-pneumonie, des troubles à distance, des arthralgies, des érythèmes à types infectieux, c'est-à-dire des placards scarlati- D-iformes, se localisant surtout aux jointures du côté de l'extension et -accompagnant toujours de fièvre. Ces complications ne cèdent DUS au sérum antidiphtérique; elles sont souvent très améliorées par le sérum anlistreptococcique.

Parmi tous les accidents que nous venons de signaler, nous verrons que l'albuminurie, les arthralgies, les érythèmes se rencontrent aussi dans les troubles sériques; mais ils ont des caractères spéciaux que nous indiquerons. On comprendra sans peine que dans les années qui ont suivi la sérothérapie, on n'ait pas fait ces distinctions, et, suivant les cas, les uns attribuaient trop aux accidents infectieux, d'autres aux accidents sériques.

Sérothérapie dans les maladies associées. — Rougeole. — 11 est très rare de guérir un enfant qui a une diphtérie, secondaire à la rougeole, surtout lorsque le larynx est envahi; ce qui est le cas le plus fréquent. Presque toujours les enfants meurent de broncho-pneumonie; aussi est-il préférable de pratiquer des injections préventives à tous les rougeoleux qui sont soignés dans les hôpitaux.

La rougeole, survenant pendant la convalescence de la diphtérie, ne comporte un pronostic grave que si l'enfant est infecté.

Scarlatine. — Lorsqu'il y a scarlatine et diphtérie, le pronostic est toujours sérieux, car on a souvent des complications dues au streptocoque; mais l'association scarlatine et diphtérie est loin d'être aussi grave que l'association rougeole et diphtérie. Dans la thèse de René Petit, nous trouvons, pour la scarlatine associée à la diphtérie, 3 (\0rvs sur 15 malades, tandis que dans la rougeole associée à la diphtérie, il si gnaTe 12<lérès sur 14 malades. U faut dans l'association scarlatine et diphtérie une sérothérapie intensive, comme dans toute association ; mais, en plus, il ne faut pas craindre d'injecter du sérum dès que l'on voil un exsudai pseudo-membraneux; car, s'il est diphtérique, on aura un succès thérapeutique presque certain, s'il

186 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.

n'est pas diphtérique, le malade n'aura pas en général d'aggravation de la maladie et les accidents sériques ne seront pas plus fréquents ni plus intenses.

La diphtérie secondaire à la varicelle, à la coqueluche est généralement sérieuse; mais elle cède à une sérothérapie un peu plus active que dans les cas ordinaires. •

Tuberculose. — Le sérum, injecté aux tuberculeux, donne parfois un coup de fouet à la maladie, surtout si le .malade est un tuberculeux pulmonaire en période d'activité. Chez les tuberculeux osseux ou ganglionnaires, l'injection produit une élévation de température; mais il n'y a pas de réveil de la tuberculose. Faut-il, comme on l'a conseillé, éviter d'injecter les tuberculeux qui ont une diphtérie déclarée? Nous ne le pensons pas ; car alors ils mourraient de diphtérie. Peut-être dans ces cas, si la diphtérie est bénigne, peut-on, avant l'injection, assurer son diagnostic par un examen bactériologique? Cette thèse peut se défendre, en tout cas on peut la discuter, et le médecin doit choisir après une étude spéciale de chaque cas.

Broncho-pneumonie. — Nous avons signalé cette association en étudiant le croup. 11 est certain que depuis la sérothérapie elle a diminué; d'abord parce que les croups sont moins fréquents et que les opérations sont plus rares, et surtout parce que le tubage ayant remplacé la trachéotomie, les infections pulmonaires surviennent moins souvent. Répétons que lorsqu'on prévoit la broncho-pneumonie, il faut donner du sérum à haute dose, et renouveler l'injection de sérum antidiphtérique pendant plusieurs jours comme dans les diphtéries très graves. On se trouvera souvent très bien d'associer au traitement le sérum antistreptococcique et les bains tièdes.

Traitement local et sérothérapie. — Avant la sérothérapie, le traitement local était regardé comme très important ; depuis qu'on l'applique, toute angine, traitée assez tôt, guérit sans aucun traitement local.

Les angines graves, les angines gangreneuses peuvent bénéficier d'une désinfection de la cavité buccale ; mais on doit éviter tout caustique. Actuellement nous estimons que le meilleur désinfectant est l'eau oxygénée neutre, en solution au dixième pour les simples ri nçages de la bouche, en solution au centième pour les grandes irriga t ions.

En plus, pour détruire les toxines qui se forment au niveau des fausses membranes, nous conseillons de toucher la fausse membrane plusieurs fois par jour avec du sérum antidiphtérique. Dans le même but on peut user de pastilles antidiphtériques qu'on laisse fondre dans la bouche. Chaque pastille contient un décigramme de sérum sec antidiphtérique.

Complications sériques. — Pour suivre noire plan, nous devrions ici étudier les complications dues au sérum lui-même ; mais il est préférable de faire une étude complète et séparée de ce qu'on appelle souvent la maladie sériquc. Cette étude devant s'appuyer sur des faits étudiés à propos de la sérothérapie préventive, nous allons présenter d'abord les résultats de la sérothérapie; puis nous donnerons les indications de la sérothérapie préventive et nous tinirons par les accidents sériques.

Pour juger la valeur d'un médicament, on se sert généralement des statistiques ; mais trop souvent les chiffres mis en présence ne sont pas comparables. Fort heureusement pour la sérothérapie antidiphtérique, nous pouvons citer des statistiques qui se passent de tout commentaire et affirment l'absolue efficacité de la méthode.

Mortalité globale. — Statistiques du pavillon de la diphtérie à l'hôpital des Enfants-Malades. — Nous choisissons de préférence les chiffres fournis par cet hôpital, pour la simple raison que c'est dans ce même service que MM. Roux, Yersin, Martin et Chaillou ont étudié la diphtérie avant la sérothérapie, et que nous pouvons comparer la mortalité antérieure avec les chiffres obtenus après la sérothérapie par MM. Roux, Martin, Chaillou, Sevestre et Marfan. Voici du reste le pourcentage obtenu :

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