L- VA 1 LL A RD. — SÉROTHÉRAPIE ANTITÉTANIQUE
tétanos, sc montre à peu près infaillible chez les animaux de laboratoire. Elle constitue le seul moyen de préserver les centres nerveuxsupérieurs encore épargnés par le poison. Il est certain aussi que, chez ' Il0mme> C0I1T»e chez l’animal, un tétanos à marche grave a pu être immédiatement enrayé par l’introduction d’une petite quantité de sérum dans le cerveau : cas de Chauffard; 4 cas de Eedoux ; 2 cas de Maunourv; cas de Nimier dont nous avons été témoin. Cette injection a d’autant plus de chance d’être efficace qu’elle est faite le pluprès possible du début des accidents. Or, suivant la très juste remarque de Maunourv (1), « dans un certain nombre d’observations données comme des échecs, divers moyens ont été essayés pendant plusieurs jours, et c'est devant l’aggravation de la situation que l’on a eu recours à l’injection intracérébrale. Est-il juste en pareil cas de mettre au passif de la méthode ces faits malheureux dans lesquels elle a été employée comme ressource suprême ou simplement trop laid». Axant de renoncer à 1 espoir d'obtenir chez l'homme des résultats comparables à ceux que lioux et Dorrel ont constatés chez les animaux, il serait légitime de poursuivre encore l applicalion de la méthode dans les conditions fax-orables à sa réussite, c'està-dire dès le début même des premiers accidents. Sans doute lechec
sera certain si l’intoxication a été rapide, massive et mortelle d emblée , mais si 1 empoisonnement s’est effectué dune manière plus graduée, les chances de guérison se trouveront accrues par 1 immunisation immédiate des centres nerveux encore indemnes. Il seia nécessaire d ajouter à 1 injection intracérébrale des injections sous-cutanées, afin de neutraliser la toxine circulant dans le san? et les humeurs.
L injection intracérébrale est facile. Elle se pratique à travers une trépanation capillaire faite au moyen du foret à curseur de Borrel ou d un petit perforateur de dentiste. Par ce perluis osseux on introduit une line aiguille, longue de 4 centimètres, avec laquelle le sérum est injecté lentement, à la dose de 5 centimètres cubes, dans la substance de l’hémisphère cérébral, et en dehors de la zone motrice (2).
La sérothérapie n est en aucune façon exclusix'e des dix-ers modes de traitement qui exercent une action sédative ou stupéfiante sur le système nerveux; leur utilisation est donc justifiée. Parmi les agents médicamenteux auquels on a eu successivement recours, un seul,
(1) Maunourv, Congres français de Chirurgie , 190:2, p. CO! .
(2) Maunoury choisit pour la trépanation un point situé h 3 ou 4 centimètres en avant de la suture fronto-pariétale et à 12 centimètres en dehors de la ligne médiane.
TRAITEMENT DU TÉTANOS DÉCLARÉ
le chloral, est resté clans la pratique depuis les travaux de Langenbeck et de Verneuil. Son emploi produit presque toujours un amemten des symptômes tétaniques, mais l’améliorat.on ne pe^ste que dman^ l’action du médicament. L’administration, meme prolongée, du chloral n’enraye pas la maladie; celle-ci continue à évo uer sous une forme moins dramatique, sans rien perdre desagravle A dire, le chloral n’est qu’un palliatif, mais un palliatif dune incon testable utilité. Dans les cas aigus, fatalement mortels, il se diminuer les tortures du patient. Dans les cas a marche en e chronique, il facilite la guérison en procurant au malade le lepos, sommeil, le relâchement des muscles contractures. A ce ULie, chloral est un puissant auxiliaire dans le traitement du tétanos.
Si le tétanos n’a pas bénéficié au même degré que la diphtérie de l’emploi thérapeutique du sérum antitoxique, la raison en doit «'Lie cherchée dans les caractères différents de ces deux infections. La diphtérie évolue d’une manière ostensible à la surface de muqueuses faciles à explorer. Sa lésion spéciale, l’exsudât membraneux, constitue le premier effet et aussi l’indice certain de la culture microbienne qui prépare l’intoxication. Celte culture est donc apparente dès le début de l’infection ; elle attire l’attention et décele a la vue le danger prochain, permettant ainsi d’intervenir avant que 1 empoisonnement soit réalisé. L’infection tétanique, au contraire, évolue silencieusement dans la profondeur des plaies. La culture du virus commence et se poursuit sans signes extérieurs, sans déterminer de lésions spéciales propres à la faire soupçonner; rien ne la traduit a nos sens et lorsqu’éclatent, les symptômes révélateurs de la maladie qui va se dérouler, l’intoxication est déjà effectuée depuis plusieurs jours et trop souvent irrémédiable. Enfin, le poison tétanique est d’une activité incomparablement supérieure à colle du poison diphtérique; et il porte ses atteintes sur les centres nerveux les plus essentiels à la vie. La lutte pour la guérison n’est donc pas égale dans les deux maladies, bien que la puissance du sérum antitétanique dépasse de beaucoup celle du sérum antidiphtérique.
SÉROTHÉRAPIE DE LA DYSENTERIE BACILLAIRE