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ACTION DU SÉRUM SUR LES DIFFÉRENTS TYPES DE BACILLE

moindre aux périodes plus avancées de la maladie. C’est qu’il n’en est pas de la dysenterie comme des infections essentiellement toxiques (diphtérie, tétanos) ou rapidement septicémiques (peste) dans lesquelles d’étroites limites sont imposées à la sérothérapie. En matière de dysenterie, le champ laissé à l’action utile du sérum se montre assez large, parce que l’infection demeure localisée au gros intestin ou à l’un de ses segments et que, d’autre part, l’intoxication ne crée pas souvent des dangers immédiats. Nous avons vu des sujets traités au huitième, dixième, seizième jour de leur maladie, éprouver le soulagement habituel de tous les symptômes et guér ir très rapidement (lig. 17 et 19). Mais encore le sérum doit-il arriver à temps, avant la détresse irrémédiable de l'organisme, à cette période où la défense cellulaire peut bénéficier du secours qui lui arrive. Comme on ne peut jamais prévoir la gravité ultérieure d’une dysenterie qui commence, il sera toujours prudent d’injecter le sérum de bonne heure. Encore faut-il aussi que le sérum soit donné en quantité convenable, proportionnée à l’intensité de l’infection. Si les doses faibles (20 centimètres cubes) suffisent habituellement aux cas moyens, elles restent au-dessous des nécessités dans les formes graves, surtout quand leur début date déjà de plusieurs jours. Ces formes dangereuses réclament impérieusement et d’emblée des doses fortes (S0, 80, 100 centimètres cubes), et un traitement intensif : la guérison est à ce prix. Agir autrement, c’est favoriser des insuccès qu’il serait possible d’éviter (voir lig. 17, 18 et 19).

Les formes prolongées ou chroniques delà dysenterie bacillaire ne bénéficient pas moins de la sérothérapie que les formes aiguës : des dysenteries ou diarrhées dysentériformes datant de plusieurs mois ont guéri rapidement sous l’infiuence du sérum, après avoir résisté jusque-là aux moyens médicamenteux.

Action du sérum sur les différents types du bacille dysentérique. — Des différences biologiques d’ordre secondaire ont permis de distinguer, mais non de séparer radicalement, deux types principaux de bacille dysentérique : le type Shiga-Kruse et le type Elexner. L’un et l’autre peuvent donner lieu à des dysenteries cliniquement semblables et pareillement graves ; l’un et l’autre peuvent se rencontrer au même lieu, dans la même épidémie, mais chez des groupes distincts.

Divers auteurs ont pensé qu’un sérum exclusivement préparé avec l’un ou l’autre de ces bacilles pathogènes ne pouvait agir indistinctement sur les deux formes de la maladie. Kraus et Dœrr déduisaient, en effet, de leurs recherches expérimentales qu’un Shigasérum est dénué d'action sur les bacilles de Elexner, comme un

2G0 V AI LL AUD ETD OPTER. SÉROTHÉRAPIE ANÏID Y.SENTÉRIQUE.

Flexner-sérum demeure impuissant contre le bacille de Shiga et -a toxine; d'où la nécessité d'un sérum polyvalent capable d’agir indifféremment sur les deux variétés du bacille dysentérique. De même,

Shiga, après avoir étudié les cinq types de bacille dysentér.que décrits par Hiss, concluait à l'utilité d'immuniser les animaux contre trois d'entre eux, puis de mélanger les sérums ainsi obtenus pour aboutir à une résultante douée d'action sur les causes pathogènes éventuelles. Mais il ne semble pas que la réalisation de ce sérum

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