EMPLOI PRÉVENTIF DIT SÉRUM
polyvalent ait été pratiquement poursuivie parles auteurs précités,, du moins n’est-il pas fait mention de leur application a 1 homme.
Covne et Auché (l)se sont également posé la question de savon si un immun-sérum préparé avec les bacilles de Shiga-Kruse possédai vis-à-vis des bacilles du type Flexner la même action préventive et curative que vis-à-vis des bacilles homologues. Admettant comme valable la différenciation entre les deux principaux groupes « e bacilles dysentériques, influencés aussi par les insuccès de la sérothérapie en Amérique dans les diarrhées dysentériques ces enfants dues le plus souvent au bacille de Flexner, ces auteurs ont pensé « que cette action n’était vraisemblablement pas la meme ». Dès lors, ils ont poursuivi la réalisation d’un immun-sérum polyvalent préparé par l’immunisation d’un même animal au moyen des bacilles du type Shiga et du type Flexner. Employé au traitement de 13 cas de dysenterie infantile, parmi lesquels 11 étaient dus au bacille de Flexner, le sérum a donné de bons résultats. Mais rien ne prouve que le sérum antidysentérique ordinaire n’eût pu produire
des effets identiques.
La nécessité d’un sérum polyvalent ne semble pas démontrée, jusqu’ici; elle ne résulte pas, du moins, des observations de notre pratique personnelle. Bien que les seules cultures du type Shiga- Kruse aient servi à l’immunisation de nos chevaux, toutes les dysenteries, quelles fussent produites par le bacille de Shiga-Kruse ou celui de Flexner, ont été influencées d’une manière également favorable par le traitement spécifique. Dans tous les cas où il a été appliqué à la dysenterie des enfants en bas âge, ce sérum a produit exactement les mêmes effets que dans la dysenterie ordinaire de l'adulte.
Jusqu’à plus ample informé, il n’y a donc pas lieu, pou i l app îcation de la sérothérapie, de se préoccuper du type bacillaire en cause ; l’essentiel est de savoir que la dysenterie est de nature bacillaire.
Emploi du sérum pour la prévention de la dysenterie. — Le sérum qui guérit la dysenterie peut aussi en empêcher le dévelop-
pement.
Kruse (2) l’a déjàutilisé dans les conditions où son emploi prophylactique semble le plus rationnel , c’est-à-dire pour prévenir 1 extension de la maladie dans les familles atteintes. Sur 10 sujets injectés, un seul a contracté la dysenterie trois jours après I administration
(1) Covnk et Acciiit, Recherches sur le sérum polyvalent de la dysenterie bacillaire (Revue de médecine , 1907).
(2) K miss, Die Blutserumtherapie bei der Dysenterie (Deutsche mcd. It'oc/i., 1903).
262 V Al LL ART) F.TDOPTETl. SlÎROTlltëRAPIT: ANTIDYSENTÉRIQUE.
Pour Liidke (1), l’application prophylactique du sérum ne serait guère indiquée en raison de la courte durée de l'immunisation ; il a vu, en ell'et, la dysenterie survenir deux à quaire semaines après
(1) Ludkk, Centr. f. Hakt., 1903-1906.