‹ Médicaments microbiensChapitre 139 sur 216 · PROCÉDÉ DE WRIGHT -LEISHMAN · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE WRIGHT -LEISHMAN

Procédé de Castellani ;

b) de cultures totales, stérilisées :

Procédé de Wright-Leishman ;

Procédé de Pfeiffer-Ivolle ;

Procédé de Chantemesse ;

Procédé de Bassenge et Rimpau ;

Procédé de Friedberger et Moreschi ;

Procédé de Lévy et Blumenthal;

Procédé de M. Raynaud;

Procédé de Courmont et Rochaix ;

c) de produits d'extraction des bacilles morts :

Procédé de Wassermann;

Procédé de Shiga et Neisser;

d) de produits d’extraction des bacilles vivants :

Procédé de Bassenge et Mayer ;

Procédé de Mac Fadyem et Rowland ;

Procédé de H. Vincent.

Nous dirons quelques mots de chacun de ces procédés, en insistant particulièrement sur ceux de Wright-Leishman et de Pfeiffer-Kolle, qui ont été le plus employés jusqu’ici, et sur ceux de Chantemesse et de H. Vincent, qui nous intéressent plus immédiatement.

A. — Vaccination par bacilles typhiques vivants. Castellani a inoculé, sans accidents sérieux, semble-t-il, 0CO, b à 1 centimètre cube d’une culture de vingt-quatre heures en eau peptonée, chauffée pendant une heure à 50° pour atténuer sa virulence, sans tuer les germes.

11 est de toute évidence que l’injection de bacilles vivants est douée d’un pouvoir infectant plus considérable que l’injection de bacilles morts ou d’extraits bacillaires. L'immunisation ainsi conférée doit être particulièrement solide. Mais il serait téméraire de vouloir généraliser une pareille méthode; car, dans la masse des inoculés, il se trouverait certainement des sujets prédisposés qui contracteraient, soit la fièvre typhoïde, soit une autre manifestation éberthienne. 11 faut craindre, en outre, la fixation possible du bacille sur les voies biliaires, et tout le monde connaît aujourd’hui le danger de celte localisation, qui risque de disséminer le bacille et la maladie. Aussi la méthode de Castellani nous parait-elle devoir être abandonnée.

B. — Vaccination par cultures totales stérilisées. —

1° Procédé de Wright-Leishman. — Dans la méthode de Wright, suivant la technique modifiée par Leishman,on emploie des cultures en bouillon pcptonisé, âgées de vingt-quatre à quarante-huit heures,

Médic. microbiens, 2« édit. 21

E. SACQUÉ PÊE. — VACCINATION ANTITYPHIQUE.

et largement aérées pendant leur développement; ces cultures sont ensuite stéiilisées par un chauffage à 5.3° pendant une heure, température qui suffit à tuer le bacille d’Eberth, sans diminuer le pouvoir vaccinant du produit; au contraire, le chauffage à des températures plus élevées, employé antérieurement (chauffage à G0°), lait baisseï sensiblement la valeur du vaccin, au moins vis-à-vis deanimaux de laboratoire (Harrison). La culture tuée est ensuite addilionnée de 2,5 p. loO de lysol, destiné à maintenir la stérilité au cours des manipulations ultérieures. La vaccination se fait en deux temps; les doses optima (1) sont de cinq cent millions de bactéries (soit 0.5 centimètre cube) pour la première inoculation, et 1 000 millions pour la seconde, faite neuf à dix jours après.

Le vaccin doit être âgé de trois semaines au moins et de trois mois au plus. Irop jeune, il détermine des réactions plus marquées; plus âgé, il perd de son efficacité.

Cette technique est celle qui est recommandée à l’heure actuelle; il est bon de rappeler qu'elle diffère dans certains détails des procédés antérieurement préconisés par Wright. Au début, on employait des cultures âgées de dix à onze jours, stérilisées à 60°; l'activité du vaccin était calculée d’après sa virulence pour l’animal, la dose d’inoculation (0,5 centimètre cube) représentant le 1/3 de la dose mortelle pour 250 grammes de cobaye.

La technique indiquée plus tard se rapproche beaucoup de celle qui a été décrite plus haut, mais la culture était stérilisée à 60°, et le nombre de bacilles inoculés était sensiblement plus fort (750 à 1000 millions de germes pour la première inoculation).

Les doses d inoculation données par les auteurs doivent être scrupuleusement respectées. Des inoculations plus faibles seraient insuffisantes ; des inoculations plus fortes risqueraient de provoquer des réactions trop vives, et de plus, chose assez curieuse, elles pourraient n’ètre pas vaccinantes. Ainsi Paladino-Blandini, confirmant une observation de Wright, constate que chez les cobayes on obtient l’immunisation en injectant 0CO,1 à 2 centimètres cubes de

(i) La force du vaccin est calculée d’après le nombre de bacilles qu’il contient. Pour fixer ce chifire, on mélange à parties égales le vaccin avec une dilution de sang à un titre connu (Wright), on examine ensuite au microscope quel est le nombre respectif des bacilles et des globules rouges par champ. Connaissant le chilfre de globules par centimètre cube, il est alors facile de calculer le nombre de bacilles. Antérieurement, la concentration du vaccin était calculée d’après son degré de transparence. L’estimation de la force du vaccin essavé, par rapporté un vaccin d’activité déjà connue, porte le nom de sfanriardisation. Ix* procédé de mensuration de Wright a l’inconvénient d’exposer les microbes à la bactériolyse. Pour tourner celte difficulté, Harrison a recommandé d’utiliser seulement du sang débarrassé du plasma par centrifugations répétées. Les numérations sont faites sur préparations fraîches (non fixées), additionnées au besoin d’une trace de formol pour immobiliser les bacilles.

AUTRES PROCÉDÉS, vaccin, mais qu’on ne l’obtient plus en injectant 4 centimètres Cllt)6S.

2° Procédé de Pfeiffer-Kolle. — Aux cultures en bouillon, qui renferment une certaine proportion de substances toxiques inutiles a l’immunisation et qui sont en outre difficiles à doser rigoureusement, Pfeiffer et Kolle préfèrent les cultures sur gélose. On émulsionne des cultures de vingt-quatre heures dans l’eau physiologique (4o centimètres cubes pour 10 tubes); le mélange est chauffé à 60“ pendant une heure et demie à deux heures, additionné de 3 p. 100 d’acide phénique,- réparti en flacons et de nouveau chauffé à 60“ pendant une demi-heure. Chaque tube donne 10 anses de culture ; une anse correspond à 2 milligrammes de microbes, soit 0CC,5 d’émulsion. Kolle recommande, quand c’est possible, trois inoculations de doses croissantes. Dans la pratique, on se contente presque toujours de deux inoculations, espacées de huit à dix jours, la première de une anse, la seconde de trois anses. Une troisième inoculation (cinq anses) est particulièrement désirable si les deux premières n ontamené qu une réaction faible. Depuis mai 1905, à la suite de quelques réactions particulièrement violentes, les trois doses ont été réduites respectivement à 0CO,3, 0cO,8 et 1 centimètre cube (1).

3° Procédé de Chantemesse. — Le bacille typhique est ensemencé sur gélose. Après 18 à 24 heures de culture, on verse dans les récipients de l’eau physiologique, et on agite, de manière à émulsionner petit à petit. L émulsion terminée, on en prélève une peti te quantité, sur laquelle est pratiquée une numération exacte après addition de formol et coloration.

Se basant sur les résultats de la numération, on ajoute à la masse restante de l’émulsion une quantité déterminée d eau physiologique, de manière à ce que cette émulsion renferme 1 milliard de germes par centimètre cube; un chauffage à 56° pendant 45 minutes assure la stérilisation; on répartit en tubes, après avoir ajouté 2,5 p. 1000 de crésol.

La vaccination demande quatre inoculations successives, qu il est préférable de pratiquer à intervalles de 8 à 14 jours l’une de 1 autre. Les doses inoculées comportent successivement 0,25; 0,50; 0,75 et 1 centimètre cube.

4 "Autres procédés. — La plupart des autres procédés sont inspirés des précédents dans leurs grandes lignes.

Ilassenge et Rimpau préconisent, comme Pfeiffer eL Kolle, les émul-

(1) D’après la description qu’en donne Nettf.r ( Huit . Acad. A/àd., t. LXV), le procédé de Rcssp.ix, employé en Amérique, est à peu près identique à celui de Pfeiffer et Kolle* Les cultures tuées sont additionnées de tricresol.

372 E. SACQUÉPÊE. — VACCINATION AJJTITYPIITQUE.

sions de cultures sur gélose tuées à 00°, mais à doses sensiblement moindres : 1/3 a 1/5 d’anse, en deux inoculations.

1* îiedbergei et Moreschi, utilisant une remarque antérieure de Loffler, stérilisent leurs cultures à 120°; ils inoculent ensuite dont les veines (c est le seul procédé qui emploie l’inoculation intra- ■\eineuse) la quantité correspondant à 1/50' ou jusque 1/4000* d’anse.

Lévy et Blumenlhal obtiennent expérimentalement de bons effets en inoculant des émulsions bactériennes en solutions sucrées (glucose ou galactose) ou en solutions d’urée très concentrées.

Maurice Renaud stérilise le bacille (émulsion de cultures de quarante-huit heures en eau physiologique), en les exposant pendant trente minutes à l’irradiation d’une lampe en quartz (vaccin irradié).

Courmonl et Rochaix préconisent l’introduction par le rectum de cultures stérilisées; ce lavement vaccinal est additionné de laudanum.

Dans les méthodes qui précèdent, on inocule à la fois les corps mêmes des microbes et les produits toxiques des cultures; il y a sans doute dans ces mélanges, à côté de produits immunisants, d’autres substances inutiles ou toxiques. La toxicilé n’est pas nécessaire à l’immunisation, au moins peut-on le supposer par analogie avec les faits mis en évidence par Ehrlich à propos des toxines et des toxoïdes; malheureusement, nous ne sommes aucunement fixés sur la séparation stricte des substances nécessaires à la production de l’immunité.

Les procédés dont il reste à parleront tous pour but de laisser de côté les corps microbiens, après leur avoir enlevé autant que possible les substances supposées indispensables à la vaccination. On peut les désigner en bloc sous le nom de procédés par extraction.

G. — Vaccination par les produits d’extraction des bacilles morts (autolyse cadavérique). — Wassermann utilise des émulsions dans l’eau distillée (o centimètres cubes par tube) de cultures de vingt-quatre heures sur gélose ; l’émulsion est chauffée vingt-quatre heures à 60°, abandonnée ensuite à l’autolyse à 37° pendant cinq jours, filtrée sur bougie, et finalement concentrée dans le vide jusqu'à dessiccation complète. On obtient ainsi une poudre, qu’on dilue au moment de l’usage dans le sérum physiologique phéniqué. La dose d’inoculation est de ÜBr,0017 de poudre. Suivant Jletsch et Kutscher, la complexité des manipulations expose beaucoup aux impuretés.

Le procédé de Sliiga et Neisser (procédé des récepteurs libres ) est

Page 1