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B ACTÉ RIOTHË RAPIE AVEC DES CULTURES DANS DU LAIT

vaut dans plusieurs cas, n’a pas produit d’effet. » Dans un autre cas, il s’est agi d’une colite datant de plus d’un an, avec 1 irritation du cæcum et l’alternance de la diarrhée avec la constipation. A la suite du traitement lacté, les selles sont devenues quotidiennes et le résultat curatif définitif a été obtenu sans aucun autre médicament.

L’effet favorable du lait aigri commençait à se manifester à partir des deux à quatre premiers jours du traitement. A la fin de la période thérapeutique, c’est-à-dire du dixième au douzième jour, le résultat était tellement précis, que la plupart des malades sortaient guéris ou bien réclamaient à passer au régime alimentaire ordinaire (1). , . . .

Dans deux cas d’entérocolite tuberculeuse très grave, la diarrhée a été traitée sans résultat par des moyens pharmaceutiques. « Le traitement avec le lait aigri a donné un effet lavorable sur le fonctionnement des intestins. »

Dans deux cas de constipation rebelle, le lait aigri n a pas donné de résultat satisfaisant, de même que dans un cas de néphrite interstitielle, compliquée d’atrophie du pancréas, ainsi que dans un cas d’entérocolite chronique ayant amené une forte anémie. Seulement le traitement des constipés n’a duré que huit à dix jours, ce qui doit être insuffisant. Le malade atteint de néphrite, chezlequel« letraitement avec le lait aigri n’a donné qu un résultat très sujet à caution », était dans un état de cachexie profonde et est mort avec des signes de tuberculose pulmonaire, de néphrite interstitielle, d atrophie du pancréas et de dégénérescence parench mateuse du loie. Quant au dernier sujet n ayant pas profité du lait aigri, c était une malade tiès anémiée avec une diarrhée acide.

Les malades, atteints d’affections intestinales, on't présenté une augmentation du taux des éthers sulfoconjugués par rapport à la normale. Chez ceux qui ont profité du traitement parle lait aigri, il a été généralement consLaté une diminution de ces substances.

Dans les cas avec résuilal favorable, les matières fécales donnaient, à partir du quatrième ou cinquième jour de traitement, une réaction acide. Dans quelques cas, il a été facile d’en isoler le bacille bulgare.

Voici, à titre de document, un des cas traités par le Dr Grekoil. Un jeune homme de vingt-six ans souffre depuis un an de diarrhée avec des évacuations nombreuses, jusqu'à quinze dans les vingl-

(1) Le régime des malades du Dr Grekoil' avant le commencement du traitement et pendant la cure était uniformément le suivant : « le matin et le soir, du thé sucré ; à dîner, une soupe avec un quart de poule ; au souper, un plat de fécule de pommes de terre (Kiâsel). En plus, ils recevaient une bouteille >7U0 grammes) de lait bouilli ordinaire pendant la période préparatoire ou autant de lait aigri pendant le traitement. Le pain était accordé en quantité de ■408 grammes tune livre russe) par jour» (p. 71).

Mé'dîc. microbiens, 2» édit.

3/' METCHNIKOFF. - BACTÉRIOTHÉRAPIE INTESTINALE.

•liialie heures, mélangées avec du mucus et de réaction alcaline \ plusieurs reprises, il a élé soigné pur des médicaments usuels maisans aucun résultat précis. A partir du deuxième jour du traitement avec du lait aigri, le nombre des selles est tombé d une façon très considérable et, au bout de quelques jours. leur quantité ainsi que la qualité des matières fécales sont devenues absolument normales Lorsque, après la guérison, le patient s’est mis à prendre la nourriture ordinaire, le nombre des défécations s’est relevé jusqu’à trois dans les vingt-quatre heures; mais, en introduisant dans son régime le lait aigri, il est redevenu normal. Le patienta quitté l’hôpital guéri. Résumant ce cas, GrekofT conclut « qu'il lui semble que l’usage du lait aigri a amené rapidement la disparition complète des symptômes morbides, tandis que le traitement par des médicaments à l'hôpital n a pas été suivi de succès malgré un laps de temps beaucoup plus considérable. Il a surtout été remarqué que les mucosités ont disparu avec le traitement par le lait aigri en d' ux jours, tandis que le traitement pharmaceutique ne les a pas fait disparaître en huit jours. Les matières fécales sont devenues acidesà partir du quatrième jour de traitement (par le lait aigri). Le poids du corps est resté stationnaire ». Le taux des éthers sulfoconjugués a sensiblement diminué (p. 84).

En dehors de ses seize malades d’hôpital, GrekofT rapporte Lhisloire de cinq malades ambulatoires, traités avec succès par le lait aigii. Il cite, entre autres, un docteur qui, aprèsavoirsupportéla fièvre typhoïde et la dysenterie pendant la guerre de Mandchourie, en est revenu avec un météorisme rebelle et des selles muqueuses. L'emploi du lait aigri avec un régime mixte a fait disparaître l’évacuation des gaz fétides et diminuer la quantité des mucosités. Après avoir cessé le lait aigi i, ces symptômes morbides réapparurent de nouveau, pour cesser aussitôt après une nouvelle cure avec le lait aigri.

Dans son traité sur l’intoxication intestinale, le Dr Combe d . de Lausanne, parle des recherches entreprises dans son service sur l'action antiputride des laits aigris, travaux qui n’avaient pas encore donné, au moment de la publication de son livre, de résultats définitifs. « Ce que nous pouvons dire actuellement, ajoute Combe p. 439 c’est que, comme le démontrent les deux courbes du travail de notre élève, M1Ie Tchoumakolï : la lactobacilline (2) liquide est un médicament antiputride très énergique, dont l'action se prolonge encore longtemps

(1) L'auto-intoxication intestinale, Paris, 1907.

(2) Sous ce nom « lactobaril ine », on désigne les produits préparés avec des cultures de deux microbes lactiques dont un est précisément le bacille bu Icare ou bacille ,1e Massol ou le streptobacille du lebeu de Rist et Khoury

bactériothérapie avec des cultures DANS DU LAIT. 35

après que l'onen a cesse l'emploi. Ceci semble bien démontrer que l'action antiputride tient à la vitalité du bacille de iMassol (bacille bulgare) qui lutte énergiquement contre les microbes protéolytes anaérobies. » Nous avons connaissance, à litre privé, de plusieurs essais sur l emploi du lait aigri dans les maladies intestinales, essais entrepris par des médecins français et couronnés d’effet favorable. Malheureusement, ces résultats n’ayant pas été publiés, on ne peut pas en parler ici. On dirait que les médecins ne se décident pas à rendre publiques leurs observations par crainte de la réclame commerciale qui ne larde pas à s’emparer de toute découverte. O esL ainsi qu en Allemagne la notion sur l'application thérapeutique des microbes lactiques a commencé par des réclames exagérées des commerçants, ce qui a amené la protestation de la part de plusieurs médecins, et notamment du célèbre clinicien viennois, D1 von Noorden.

C’est donc avec un esprit très sceptique que plusieurs médecins allemands se sont mis à étudier la bactériothérapie intestinale, et c’est là que réside le principal intérêt de leurs recherches. Le L>r Wegele, médecin spécialiste des maladies de l’estomac à Konigsborn, en Westphalie, a publié une note (1) sur les premiers résultats du traitement bactériothérapiquc des maladies du tube digestit. 11 a choisi pour ses essais une vingtaine de malades qu il a observés pendant plusieurs semainesdans son sanatorium. \ o ici quelques résultats de ses recherches. « Dans le catarrhe chronique avec diminution de sécrétion de sucs digestifs et dans VAchylia gastrica (autant dans la forme atrophique que dans la forme nerveuse), le lait aigri bulgare agit, non seulement comme une nourriture convenable à cause de la préparation digestive par les microbes des matières albuminoïdes, mais aussi comme remplaçant de l’acide chlorhydrique de 1 estomac. L'absence ou la faible quantité de ce dernier empêche son action désinfectante qui est remplie par l'acide lactique d’une laçon des plus favorables, ce qui est important, car les phénomènes de putréfaction dans le tube digestif ne présentent rien d’extraordinaire ». « J’ai eu occasion dans le courant.de celte année, continue Wegele, d'observer, dans un cas de maladie tropicale rare, Indian sprue ( Aphtæ trupicæ), l’action extrêmement lavorable du yahourth sur la putréfaction intestinale particulièrement caractéristique. Celle-ci se rencontre très fréquemment dans les diarrhées qui résultent de VAchylia gastrica. Dans ce cas, le passage du contenu gastrique, n’ayant subi qu’une digestion insullisante et n’étant pas influencé par l’action désinfectante d’acide chlorhydrique, provoque

(I) Deutsche medicinischc Wochenschrift, 1908> u° 1.^

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B ACTÉ RI OT I J É RAPIK I NTESTI N ALE .

série de cas sans exception. >»

A côté de ces résultats, obtenus sur des adultes, il est intéressant

dans le (railemenl des toxicoses aiguës des nourrissons avec du « lait caillé à la lactobacilline », il a voulu se rendre compte de son action dans les afTeclions chroniques. «Ainsi il est arrivé — raconte le D' Klotz — que nous avions abordé noire second sujet, le traitement désaffections chroniques de la nutrition par le yahourlh, sans grand espoir. Mais nous étions bientôt désillusionné agréablement, ayant obtenu des résultats favorables dansquelques cas d’affections de nuliition chroniques, suiviesd atrophie. Plusieurs nourrissonsqui, pendant des mois, n avançaient pas aveclallaitemenlau sein, avec le babeurre etavcc l’allaitement mixte, réagissaient d’une façon nettementbonne au nouvel aliment, composé, soit simplement de lait aigri, soit de combinaisons qui nous sont propres. Dans tous les cas, nos résultats sous ce rapport sont tels, qu’il nous parait indiqué de reprendre encore une fois le traitement des toxicoses aiguës, surtout pendant les mois d’été avec le petit-lait ou le babeurre à la lactobacilline (p. 27). « Pouroblenirun tableau très précisde l'activité du yahourlh. nous avons d’abord éliminé tous les cas légers ou moyens et nous n’avons soumis au traitement que les cas particulièrement graves. L’épreuve a été donc sévère » (Ibid.).

Klotz cite le cas d’un nourrisson de cinq mois ayant un eczéma de la figure très grave. Pendant près de trois mois tout traitement ne donnait aucun résultat, lorsque, après trois semaines d’alimentation avec le lait à lactobacilline, il s’est produit une guérison inéprochable. « Ce résultat a été tellement extraordinaire que depuis nous avons attiré notre attention sur le traitement diététique des eczémas chroniques avec la lactobacilline »... (p. 38).

J’ajouterai à ces données un cas d’autant plus intéressant qu'il a été observé dans le service clinique du professeur Von Noorden, à Vienne. Il s’agit d’une jeune femme atteinte d’entérite chronique, maladie qui s'était montrée rebelle à tout traitement : pendant 13 ans, la personne en question souffrait de diarrhée opiniâtre, qui avait amené un amaigrissement considérable. Après avoir, sans succès.

(1) Zentralbfatt fur iiinerc Mcdicin., 1008, p. 53.

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