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RÉACTIONS SYMPTOMATIQUES

Parmi les réactions générales, la plus caractéristique est la fièvre, variable dans son intensité (37°4 à 40°5) ; elle apparaît deux à quaire heures après l’injection ; exceptionnellement elle est tardive (après trente-six heures). L’élévation thermique est le plus souvent transitoire, la courbe est en clocher (tig. 43). Plus rarement, elle dure deux ou même trois jours, ou bien se relève le deuxième jour (tig. 44). Avant la lièvre, le sujet se plaint souvent de frissons (une demi-heure à une heure après l’injection), avec céphalée et fatigue générale; dans 19,4 p. 100 des cas, il survient des vomissements. D’autres symptômes sont plus rares : coliques, diarrhée, arthralgie, dyspnée, albuminurie, éruption vésiculeuse de la langue et des lèvres. La deuxième inoculation est suivie des mêmes réactions générales, le plus souvent moins marquées ; la lièvre peut cependant être élevée quand elle a été faible ou nulle la première fois.

Fig. 43. — Réaction habituelle, Fig. 44. — Réaction plus rare,

courbe en clocher. fièvre prolongée.

Fig. 43 et 44. — Réaction fébrile après vaccination antilyphique (d’après Hctsch et Kutscher).

Avec la méthode de Wright, la réaction locale serait souvent plus étendue, la fièvre plus tardive (apparaît après trois heures ou trois heures et demie) et un peu plus prolongée (quarante-huit heures). Au point d’inoculation, il persiste souvent pendant des semaines un nodule gros comme un pois. Chose curieuse, si le sujet vacciné prend ultérieurement la fièvre typhoïde, la région inoculée redevient douloureuse. Contre ces accidents locaux, Wright recommande l’usage interne du chlorure de calcium.

Au Transvaal, on inocula à diverses reprises par erreur des doses

376 E. SACQUÉPÉE. — VACCINATION ANTITYPHIQUE.

Irop fortes, qui provoquèrent des frissons, des nausées et une tendance au collapsus.

11 convient de noter que les remarques précédentes s’appliquent au vaccin primitif de Wright. Le vaccin actuel (technique de Leishman) ne donne naissance qu’à des réactions, locales et générales, très modérées, dont la gravité ne peut en rien se comparer à celle du vaccin antivariolique.

Le procédé de Bassenge-Mayer donne des réactions générales sensiblement identiques aux précédentes, avec des signes locaux moins accusés (Bischoiï). Il en est de même du vaccin irradié de M. Renaud. Inversement, les phénomènes généraux sont faibles, mais les symptômes locaux sont marqués après les inoculations de Bassenge-Rimpau et de Neisser-Shiga : ce dernier procédé donne naissance à une inflammation tellement semblable à l’érysipèle, qu’un des 3 sujets inoculés dut être hospitalisé avec le diagnostic d’érysipèle (Hetsch et Kutscher). La poudre de Wassermann serait la mieux supportée, en ce sens que les réactions consécutives sont très atténuées. L’inoculation intraveineuse de Friedberger et Moreschi provoque aussi de la fièvre, des frissons, etc.

Le vaccin de Ghantemesse détermine des réactions locales et générales de même ordre, mais beaucoup moins marquées, etd'ailleurs très variables suivant les sujets. Celte innocuité relative s’explique sans doute par le choix de la race de bacilles et par la dilution considérable de l’antiseptique ajouté pour la conservation.

Le vaccin de H. Vincent (1) provoque une douleur locale, le plus souvent insignifiante ou nulle, parfaitement tolérable dans tous les cas, et disparaissant presque toujours en moins de vingt-quatre heures, avec parfois un peu d’adénite axillaire, fugace et indolore: la fièvre manque le plus souvent; quand elle survient, elle se montre deux à trois heures après les inoculations, en même temps que de la céphalée et de la courbature, parfois de l’insomnie. Ces divers accidents, très légers, n’apparaissent qu’après les deux premières inoculations seulement; l’administration de 1 gramme d’antipyrine suffit à rendre les réactions générales très supportables. Vincent, qui a pratiqué des inoculations de son vaccin et du vaccin de Wright, donne les proportions suivantes :

Réaction nulle ou très faible, sans fièvre.

Réaction faible, 37" à 38®.

i faible, Réaction 38®. moyenne ou

forte, au-dessus de 38® ou 39».

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