RÉSULTATS CHEZ L’HOMME
prend très facilement le choléra intestinal), Zabolotny a vu que les injections sous-cutanées de vibrions vivants ou morts n’empèchent pas les animaux de contracter la maladie par ingestion. Même insuccès dans le choléra intestinal des jeunes lapins à la mamelle, provoqué expérimentalement d’après la méthode de Metchnikoff.
A toutes ces objections et aux insuccès expérimentaux, Ferran et Haffkine répondent par les résultats pratiques obtenus.
Du mois d'avril au mois d’octobre 1885, lorsque le choléra sévissait en Espagne, Ferran et ses collaborateurs pratiquèrent sur 50 000 personnes exposées à la contagion 150 000 inoculations préventives.
De son côté, Haffkine, aux Indes, pendant sa première campagne qui dura du mois d'avril 1893 à la fin août 1895, vaccina 42 197 personnes, et, depuis, le nombre des individus vaccinés par lui et ses collaborateurs s’élèveà 150 000 environ.
Absolument convaincu de l’efficacité de son procédé, Ferran eut le tort d’entreprendre d’emblée la vaccination en grand, au lieu de prouver d’abord le bien fondé de sa méthode par des essais portant sur des groupements limités, dans des conditions nécessaires pour permettre un jugement définitif. Dans le nombre, on trouve bien quelques exemples de cette nature; mais ils sont véritablement trop rares, par rapport à l’immense majorité pour laquelle n’existe aucun détail.
Ceci explique comment, malgré les résultats, qui, dans leur ensemble, étaient sans aucun doute favorables à la vaccination, la méthode de Ferran n’eut que de très rares partisans et des adversaires nombreux.
Haffkine, par contre, dès le début de ses essais, s’efforça d’appliquer la vaccination à des personnes faisant partie de groupements d'individus qui vivaient dans des conditions similaires et étaient placés sous la surveillance du service médical et sanitaire de l’Inde.
Dans chaque localité et dans chaque groupement, seulement la moitié des individus était inoculée; l’autre moitié non inoculée servait de terme de comparaison.
Les nombreuses statistiques et les observations soigneuses faites par Haffkine, semblent prouver que les personnes inoculées se trouvent, à un degré considérable, à l’abri de l’infection naturelle du choléra.
Nous avonssignalé les points expérimentaux qui sont encore obscurs dans la question des vaccinations préventives contre le choléra.
Cela n’empêche que, devant les résultats obtenus, il soit très désirable que les vaccins de Ferran et de Haffkine continuent à
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être soumis à l’épreuve (le la pratique. En raison de leur innocuité, les deux peuvent être recommandés avec confiance.