II. — SÉROTHÉRAPIE
Depuis la découverte de Koch, on considère le choléra comme une intoxication aiguë provoquée par un poison violent que le vibrion, qui pullule en grande quantité dans l’intestin des cholériques, lance dans 1 économie. Produit de sécrétion pour les uns, produit résultant de la destruction des vibrions eux-mêmes pour les autres, l’origine vibrionienne de ce poison semble définitivement établie.
Cela étant donné, il est évident que toute médication efficace du choléra ne peut être basée que sur l’emploi d’un remède capable de neutraliser dans l’organisme l'action du poison cholérique. La découverte du pouvoir antilo.xique des sérums et les merveilleux résultats obtenus par leur usage dans le traitement préventif du tétanos et curalif de la diphtérie firenL entrevoir la possibilité de combattre efficacement d’autres maladies infectieuses à l’aide de sérums antitoxiques.
Le choléra, par ses caractères éminemment toxiques, est certainement parmi les maladies infectieuses celle qui présente les plus grandes analogies avec le tétanos et la diphtérie. Dans le choléra comme dans le tétanos et la diphtérie, le microbe n’envahit pas l’économie et il agit en empoisonnant l’organisme par les produits toxiques qu’il élabore dans l’intestin où il pullule en grande quantité. On pouvait donc espérer qu’une fois en possession du poison cholérique, il serait possible d’obtenir un sérum antitoxique efficace dans le traitement du choléra humain.
Les premières recherches faites en vue de retirer des cultures cholériques une toxine soluble ne donnèrent pas de résultats bien satisfaisants; mais peu à peu, grâce aux efforts persévérants et constants de plusieurs observateurs, de grands progrès furent réalisés clans cette voie.
Nous possédons à l’heure actuelle plusieurs méthodes permettant d’obtenir, des cultures cholériques, un poison soluble, à action rapide chez les animaux dont il provoque la mort avec des symptômes qui rappellent ceux de l’intoxication cholérique. Avec ce poison, en accoutumant peu à peu les animaux à son action, on est arrivé à obtenir un sérum doué de propriété antitoxique.
Dès le début, Pfeiffer et son école s’élevèrent contre l'affirmation de ceux qui considéraient le poison soluble obtenu des cultures cholériques comme la vraie toxine cholérique. Pour Pfeiffer, le poison