V. Godinho : Sanlos
Duprat : Rio-Grande (do Sul) (1902). . .
Hôp. P. Candido : Rio-de-Janeiro (1900).
— il 902)
H ô p. S .-Sebast i Oo : R -de-J an e i ro ( 1 902 1
Campos (1902)
Tavarès de Macedo : Campos (1900)..
A. Ferrari : Rio-de-Janeiro (injection
intraveineuses) (1907)
épidémie de pneumonie pesteuse dont on connaît la gravité et dans laquelle les injections sous-cutanées sont impuissantes.
Delay (t),àMonglzé (Chine), traite 10 malades su desquels 4 meurent1
(I) Dei.ay, Ann. cl'Hyg. cl Méd. Col., 1890, p. 230.
438 DUJARDIN- BEAU METZ. - SÉROTHÉRAPIE ANTIPESTEUSE.
A lamalave, Thiroux (1) applique la sérothérapie sur 20 pestiférés et obtient 9 guérisons.
Lors de l’épidémie qui sévit à Oporlo en 1899, Calmelte et SaUmbeni (2) ont traité à l’hôpital de Bonfîm, du 3 septembre 18 novembre, 142 pestiférés sur lesquels 21 seulement sont morts (mortalité 14, /8 p. 100), alors qu'en ville on comptait 72 malades
qui ne reçurent pas de sérum antipesteux et qui donnèrent une mortalité de 63,72 p. 100.
Ces résultats remarquables étaient dus à l’application des injections intraveineuses dans le traitement des formes graves de la peste, où les complications pulmonaires sont à redouter.
Métin (3), qui succéda à Calmelte et Salimbeni, n'eut à traiter que 6 malades sur lesquels 1 seul succomba.
En Nouvelle-Calédonie, Primet (4) remarque que, dans la période pendant laquelle la thérapeutique a été empirique, la mortalité s'est élevée à 64 p. 100, alors que, dans la période pendant laquelle la méthode sérothérapique a été employée, la mortalité s’est abaissée à 27 p. 100.
A Nouméa (1901), Noc(5) fournit un chiffre plusélevé 16,9 p. 100 1. En effet, sur 1 7 cas traités par le sérum, 9 seulement ont guéri, mais la moitié des malades ont été traités à partir du troisième ou quatrième jour delà maladie. Par contre, tous les cas traités à partir du piemier ou deuxième jour, même les formes septicémiques ou pulmonaires, ont rétrocédé sous l’influence du sérum.
Dans les épidémies qui se sont succédé à la Réunion de 1899 à 1902. la mortalité, grâce à la sérothérapie, a diminué dans de notables proportions.
Aubei (6) traite 8 malades gravement atteints, I seul succombe.
\ assal (7) injecte 18 malades, sur lesquels 7 meurent. Cinq cas où le sérum ne pouvait pas agir, ayant été donné quelques heures avant la mort, doivent être mis à part, ce qui ramène la mortalité à 13,3 p. 100; 51 cas non traités par le sérum donnent une mortalité de 80,3 p. 100.
A lamalave, en 1902, Clarac et Mainguy (8), n'ayant pas de sérum a leur disposition, commencèrent à traiter par des bains froids et des
(1) Thiroux, Ann. d'Ifyg. et Med. Col., 1899, p. 399
<-) Cm.mkttk et Salimukm, An»». Inst. Pasteur, 1899. t. XIII, p. 863.
(3) MiiTi.x, Ann. d'Hyg. et Med. Col., 1900, p. J 1 S.
(4) Piumet, Ann. d'Hyg. et Med. Col., 1901, p. 288.
(5) Noc, Ann. d’Hyg. et Méd. Col., 1901, p. 439.
(0) Altier, A 7i ii. d'Hyg. et Méd. Col., 1901, p. 431.
(') Vassal, Ann. d'Hyg. et Méd. Col., 1902, p. 558.
(8) Ci. aral cl Mai.m.ly, .I/i/i. dl/yg. et Méd. Col., 1904. p. 28.
injections tl’eau phéniquée 42 pestiférés dont 31 succombèrent (moi talilé, 73 p. 100). Dès la réception du sérum venant de Tananarive, ils pratiquèrent des injections sous-culanées sur 43 malades, desquels 23 moururent (mortalité, 58 p. 100), tandis que, sur les malades traités exclusivement par des injections intraveineuses, il n y eut que 5 décès, soit 31 p. 100. Douze autres cas traités de môme, mais avec du sérum plus fraîchement préparé, ne donnèrent que 2 décès, soit
Rouffiandis (1), à Fou-Tcheou (1902), traite 67 malades et obtient 33 guérisons. L’année suivante, au Tonkin, il compare la mortalité entre la population civile et l’armée indigène. Alors que, sur 29 militaires injectés, 9 seulement succombent (mortalité, 31 p. 100), le chiffre des morts parmi les pestiférés civils s’élève à 42 sur 72 traités (mortalité, 58,3 p. 100). Tous les décès, au nombre de 59, survenus moins de six heures après I entrée au lazaret, ont été supprimes. Lel écart entre ces deux statistiques tient à 1 application précoce du sérum chez les tirailleurs tonkinois.
Dans les épidémies de peste de la République Argentine, du Chili et du Brésil, la sérothérapie a été employée systématiquement et avec succès.
Dans leur rapport sur l’épidémie de Rosario (1900), Agote et Médina (2) constatent que la mortalité en ville atteint 75 p. 100. A l'hôpital, on traita 52 malades par la médication symptomatique ; les autres reçurent du sérum antipesteux. Des 52 premiers sujets, 32 moururent, soit 61,5 p. 100. Des 26 autres, Il succombèrent, soit
A la maison d’isolement de Buenos-Aires, les pestiférés traités par Penna(3), exclusivement par la sérothérapie et les injections intraveineuses, forment un total de 204 cas sur lesquels 175 guérissent, soit une mortalité de 14,2 p. 100.
Dans les ports chiliens, la mortalité s’abaisse par suite île l’emploi du sérum antipesteux.
Del Rio et Zegers (4) ont traité à Iquique, lors de l’épidémie de 1903, 85 cas qui n’ont donné que 38 morts, alors que 85 cas n’ayant reçu en ville aucun soin ont fourni 63 décès.
A Antofagasta, 50 malades furent traités et 3 seulement sont morts (Montero).
(1) Roupfiandis, Ann. d'Ifyg. et Mfid. Col., 1901, p. 417 et 1905, p. 609.
(2) Acotk et Médina, La peste bubonique dans la République Argentine et au Paraguay, Buenos-Aires, 1901.
(3) Pensa, Leceiones elinicas sobre la pcsle bubonica, Buenos-Aires, 1902.
(4) Du. Rio et Zegers, Hevisla Chilcna de l/igicne, 1904.
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A Chanaral, il n'y eut qu’un seul décès sur 18 cas traités (Cruzal . Au Brésil, à Santos, V . Godinho (1) traite 19 cas sur lesquels 12 guérissent, soit une mortalité de 36,8 p. 100, alors que les non traités meurent dans la proportion de 71,4 p. 100.
Duprat(2), dans l’épidémie de Rio-Grande(doSul), en ne pratiquant
que des injections hypodermiques, mais à doses massives, abaisse la mortalité à 13 p. 100 sur 45 malades traités.
Enfin, les chiffres intéressants qui suivent ont été fournis par O. Cruz et portent sur un nombre important de cas traités par le sérum. A’oici le mouvement général des malades de l’hôpital Paula Candido à Rio, depuis 1900, époque à laquelle la peste a apparu.
En 1900, 410 traités ont donné 138 morts, soit 33,6 p. 100 de mortalité. L’année suivante, le taux de la mortalité est encore assez élevé (35,6). Cruz l'ai L remarquer qu’à cette époque les chevaux fournisseurs du sérum n’étaient pas suffisamment immunisés. En effet, en 1902, on obtient 200 guérisons sur les 268 pesteux en traitement: en 1903, 124 traités succombent sur 541 (22,9 p. 100); puis, l'année suivante, la mortalité s’abaisse à 20,4 p. 100 sur 504 malades et n'esl plus que de 16,5 p. 100 en 1905.
A 1 hôpital de Sào-Sebastiào, Anlonino Ferrari a obtenu, en 1902. 33 guérisons sur 49 cas; le mouvement général des malades en 1905 porte sur 138 pestiférés dont 30 sont morts (21,7 p. 100': et. durant l’année suivante, 127 ont guéri sur les 187 traités.
A Gampos (1902), le chiffre des morts est de 27 sur 136 traités, soit 19,1 p. 100. Dans cette ville, où un nouveau foyer de peste venait d éclater en 1906, 1 avares de Macedo (3) a eu l’occasion de traiter 14 malades, sur lesquels 2 seulement sont morts, soit une mortalité de 14,2 p. 100. Tous ces malades avaient reçu le sérum par voie endoveineuse.
Dans toutes ces statistiques brésiliennes, tous les pestiférés traités qui sont morts moins de vingt-quatre heures après leur entrée à l’hôpital ont été éliminés.
Dans 1 Inde, la sérothérapie n a pas donné les résultats que l’on en attendait. L’extrême réceptivité des Hindous à la peste pourrait expliquer ces insuccès, comme l’avaient déjà remarqué Yersin et Simond.
Cependant, entre les mains de Mayr, le sérum possède à son actif de nombreuses guérisons. I ne liste d’observations adressée par lui à Roux montre que, chez les traités, le nombre des décès
(I) Godinho, Hcvhta malien de S.-Paulo, 1 ;> rt 2 .
(-) Hochât, Ann. Inst. Pasteur, 1903, I. XVII, p. 5.(7.
(3) I avaiiès dk Macedo, A Peste cm Campos. Rio-de-Janciro, 1900.
est moitié moindre que chez les non traités pris comme témoins.
Certaines statistiques recueillies dans les hôpitaux de Bombay donnent des chiffres défavorables à la méthode et môme déconcertants. On y constate, par exemple, que le nombre des décès est plus considérable chez les pestiférés traités que chez ceux qui n’ont reçu qu’une médication symptomatique et ont servi de contrôle.
Mais l'examen attentif de chacune des observations de ces malades permet d’expliquer une telle différence. Le sérum antipesteux leur est donné, soit trop tardivement, soit à doses insuffisantes et rarement par voie intraveineuse. Enfin le traitement sérothérapique est interrompu brusquement, dès que l’hyperthermie a disparu, et fréquemment le malade ainsi abandonné succombe quinze jours et même trente jours après la dernière injection de sérum.
D’autre part, ces statistiques sont basées sur le système alternant. Cette méthode, qui repose sur le hasard des entrées à l’hôpital, ne présente de garantie scientifique que si elle porte sur un nombre suffisamment grand de cas. Aussi Choksy (1), à l’hôpital de Maratha, a choisi comme conlrôledes cas aussi semblables que possible à ceux qui recevaient le sérum, tout en éliminant les malades atteints de lares cardio-vasculaires et les semi-convalescents.
Celle «alternation rationnelle » lui a donné, durant 1 année 19015,
les résultats suivants :
Nombre.
Morts.
Guéris.
Mortalité
Groupe « contrôle ».. . .
ai
Groupe « sérum »
Différence en faveur du groupe «sérum» D,8
11 faut ajouter que ces malades n’ont été traités que par la voie hypodermique, et il y a tout lieu de penser qu’en pratiquant des injections massives par la voie intraveineuse, les résultats eussent été bien meilleurs que ceux énumérés ci-dessus.
11 est donc à souhaiter que de nouveaux essais soient faits dans les hôpitaux de l’Inde et que le sérum y soit employé d’une manière plus judicieuse pour pouvoir juger de l'efficacité de la sérothérapie antipesteuse chez la race hindoue.
Dans la très sévère épidémie de pneumonie pesteuse, qui a sévi en Mandchourie pendant l’hiver 1910-1911, la sérothérapie anlipesleusea échoué commeprécédemmenf dans une épidémie semblable observée en Mongolie orientale par Zabolotny (1898), qui n’avait pu obtenir,
(I) Choksy, Report on llio treatment of plague witli Yersin-Roux sérum, Bombay,
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après injection sous-cutanée de sérum, qu’une survie et jamais la guérison. 11 en a été de même en Mandchourie; les injections intraveineuses massives ont été suivies d’amélioration de courte durée et n ont que retardé l’issue toujours fatale.
Ces échecs dans le traitement de la pneumonie pesteuse n'ont rien de surprenant, car Batzaroff (1) avait montré expérimentalement, chez le cobaye contaminé par badigeonnage des fosses nasales avec de la pulpe splénique pesteuse, que l’injection de sérum, une heure après l’infection, ne peut empêcher le développement delà pneumonie et ne sert qu’à prolonger la maladie. Dans le poumon, en elfet, le microbe de la peste se trouve à l’abri des cellules protectrices de 1 organisme, dans des conditions extrêmement favorables pour son évolution, et Batzaroff concluait endisantquelapneumoniepesteu.se primitive est une forme de la peste qu’il sera difficile de guérir avec le sérum antipesteux.
Mode d'administration du sérum antipesteux. — L'action
thérapeutique du sérum est variable selon Y époque de la maladie à laquelle on intervient, la quantité injectée et la voie d'introduction qui a été utilisée.
Plus le traitement sérique est appliqué tardivement, et plus les chances de guérison sont minimes. L’expérimentation sur les animaux le démontre bien : lorsqu on a laissé s’écouler après l'infection expei i mentale un certain délai qui oscille entre la moitié ou les deux tiers de la maladie, l’animal succombe, quelle que soit la dose de sérum injectée; il en est de même chez l'homme. Chez lui, la peste évolue en cinq et six jours, et, s’il n est traité que le troisième ou le quali ième jour de la maladie, la guérison sera exceptionnelle.
Simond, en 189b, c est-à-dire à une époque où l’activité du sérum antipesteux était moins grande qu aujourdhui, donne à ce sujet des ch il 1res éloquents. Chez les Hindous traités, il constate que ceux qui reçoivent le sérum le premier jourde la maladie ne donnent qu’une mortalité de 20 p. 100, les traités au troisième jour 30 p. 100. au quatrième jourOO p. 100, et enfin, au cinquièmejour, la proportion des morts s’élève à 100 p. 100.
Or, la sérothérapie est souvent difficilement applicable, dès le début de 1 affection, et les malades, rebelles en général à l’hospitalisation, se tiennent à l’abri des recherches, et ce n'est que trop tard et quand I état s est aggravé qu'ils reçoivent des soins. Ces cas fréquents se terminent par la mort et, en augmentant la liste nécrologique des statistiques, servent aux détracteurs de Cette méthode pour prouver la faillite de la sérothérapie antipesteuse.
(I) IUtzahopf, Ann. Inst. Pasteur, 1 soi», t. XIII, p. 383.