‹ Médicaments microbiensChapitre 174 sur 216 · DU J A RD IN -BEAU METZ. — VACCINATION ANTIPESTEUSE · texte numérisé non relu

DU J A RD IN -BEAU METZ. — VACCINATION ANTIPESTEUSE

Il y a lieu de faire remarquer que le mélange de microbes el de sérum doit toujours être fait au moment de l’injection; sans quoi, on obtient, par suite de macération prolongée, ou la neutralisation de l’endotoxine pesteuse parle sérum spécifique, ou, si le sérum est en quantité insuffisante, la production de toxine soluble dont les propriétés vaccinantes se manifestent dans le même laps de temps qu avec les cultures chauffées ordinaires.

Sluga (1) adopte pour la vaccination humaine la technique suivante : la masse bactérienne provenant de cultures sur gélose de trois jours est mélangée à une solution saline physiologique dans la proportion d’une anse pour un centimètre cube de liquide. Cette émulsion est chauffée à 60° pendant une demi-heure, puis additionnée d’acide phénique à 1/2 p. 100. Pour l’emploi, on mélange à parties égales sérum et émulsion, et on injecte ce séro-vaccin à la dose de 1",20 à 2 centimètres cubes. Cette première inoculation est suivie dune nouvelle injection (0Cc,6 à 1 centimètre cube) d'émulsion microbienne non additionnée de sérum.

D auti es auteurs ont recommandé d injecter simultanément, mais séparément, corps microbiens et sérum. En tout cas, il est très important, en matière de séro-vaccination, que ia quantité de sérum soit minime et ne dépasse pas 1 à 2 centimètres cubes. On s’exposerait, en augmentant la dose de sérum spécifique, de masquer complètement 1 effet du vaccin. K. Pfeiffer et Eriedberger, dans leur étude sur le vibrion cholérique, ont démontré combien l’influence du seium était nuisible dans la production de 1 immunité.

Aussi Besredka (2), se basant sur les travaux d'Ehrlich el de Moigeniolh, se proposa de fixer sur les corps microbiens la quantité d’anticorps qu’ils peuvent retenir et de rejeter le reste du sérum.

Voici la technique qu’il a adoptée : il se sert de cultures sur gélose de quarante-huit heures. Les microbes sont émulsionnés dans un peu d’eau physiologique et chauffés à 60° pendant une heure. Cette émulsion épaisse est versée sur les parois d’un vase cylindrique contenant du sérum très agglutinant et n'ayant par conséquent subi aucun chauffage. La couche microbienne, qui se maintient au-dessus du sérum, se désagrège peu à peu et tombe en flocons au fond du vase. Après décantation du sérum surnageant. le depot bactérien est soigneusement lavé plusieurs reprises jusqu a disparition des dernières traces de sérum. Ce vaccin, réparti en tubes, subit, en vue d'éviter toute contamination, un nouveau chauffage à r>4-°-5Go pendant une heure.

(1) Siuga, Ber. liber die Best ni Kobc und Osaka, Tokyo, 1900.

(2) Bksukpka, Ann, Inst. Pasteur . 1902, l. XVI, p. 918.

Page 1