SË RO -VACCINATION
Yersin a aussi souvent remarqué, dans le cours de ses recherches, qu’une culture virulente ne tue plus, si elle est impure, mais vaccine alors parfaitement contre une nouvelle inoculation du bacille virulent en culture pure. Ce procédé de vaccination consisterait donc à associer au bacille de la peste un bacille non pathogène convenablement choisi.
Ivolle et Otto (1) proposèrent aussi de vacciner avec des cultures atténuées. Prenant comme point de départ une race peu virulente, qu'ils atténuent en la cultivant, soit à 41°-43°, soit dans du bouillon auquel on ajoute des doses croissantes d’alcool (0,5 à 5 p. 100) d’après le procédé de Hetsch (2), ils obtiennent ainsi une culture dénuée de toute virulence, puisqu’on peut l’injecter impunément dans le péritoine du cobaye. Les animaux ainsi vaccinés résistèrent à une inoculation de virus actif dans une proportion beaucoup plus considérable que si l’on avait fait usage de cultures chauffées.
Strong (3), se basant sur les expériences précédentes et considérant que l’immunité conférée est en rapport avec le degré de virulence du vaccin, estime que toute culture de peste, suffisamment atténuée pour ne plus tuer un cobaye de 250 grammes en injection souscutanée à la dose d’un tube de gélose, peut être considérée comme inoffensive et employée chez l’homme; c’est d’ailleurs la dose qu’il recommande dans la vaccination humaine.
Méthode mixte ou séro-vaccination. — Le reproche, que l’on peut faire aux vaccins précédemment décrits, est la lenteur avec laquelle s’établit l’immunité. L’expérimentation montre que ce n’est qu’après un intervalle variant de quatre à douze jours, selon les méthodes employées, que l’animal peut être considéré comme vacciné. En outre, pendant les premiers jours qui suivent l’injection vaccinale, l’organisme se trouve momentanément sensibilisé à l’égard d’une infection, même légère, comme le démontrent les expériences de Calmette et Salimbeni. Aussi ces auteurs conseillentils de mélanger une petite quantité de sérum antipesteux aux cultures tuées; de cette façon, l’immunité conférée parle sérum met le vacciné, pendant cette période négative dangereuse, à l’abri d’une atteinte de peste possible.
Kolle et Otto, en pratiquant le même procédé avec des cultures atténuées, ont obtenu chez les animaux des résultats très satisfaisants.
(1) Kolle et Otto, Zeils. f. //[/#., 13. XLV, 1903, p. 507.
(2) Koli.k, IIktsch et Otto, Zeils. f. KijO-, B. XLV III, 1904, p. 3G8.
(3) Kolle et Strong, üeulsch. mcd. Work., 1900, p. 413. — Strong, Philippine Journal of Science, 1907, p. 155.