G DUJARDIN-BEAU METZ. - VACCINATION ANTIPESTEUSE
Les injections d’émulsion microbienne provenant de cultures sur gelose dduées dans l’eau physiologique sont accompagnées de symptômes plus bénins; moins de sensibilité de la région inoculée et état febnle passager qui a disparu en vingt-quatre heures. Enfin, la résorption se l'ait plus rapidement.
Haflkine, qui a expérimenté sur l’homme les deux procédés, bien que reconnaissant la bénignité de celte dernière méthode,’ croit devoir recommander son liquide vaccinal qui, d’après les statistiques, donnerait une immunité plus solide.
Quant aux accidents consécutifs, tels que phlegmons, tétanos, etc., ils sont imputables, soit à la préparation défectueuse du vaccin mal stérilisé et souillé de germes étrangers, soit à la mauvaise technique de l’inoculateur.
Dans la séro-vaccination, la réaction locale est imperceptible, mais on observe dans la suite les phénomènes sériques habituels, dont la cause tient aux produits toxiques contenus normalement dans le sérum de cheval.
Résultats de la vaccination chez l'homme. — La plupart
des vaccins antipesteux n ont été essayés que sur des animaux, et beaucoup ne sont pas sortis du domaine du laboratoire. L’expérimentation animale prouve que 1 immunité ne se manifeste que dix à douze jours après la vaccination, ce qui est le cas pour les cultures atténuées ou chauffées et les extraits microbiens : le vaccin lerni-Bandi (exsudât péritoneal chauffé) mettrait déjà les animaux à 1 abri de 1 infection, dès le quatrième jour ; enfin la séro-vaccination ou les cultures sensibilisées (Besredka) donneraient une immunité beaucoup plus rapide. Mais les inoculations d’épreuve faites au laboratoire sont toujours plus sévères que dans les conditions naturelles de contagion. En outre, les animaux d’expérience, tels que singes, rats, souris et surtout cobayes, présentent à 1 égard du virus pesteux une extrême sensibilité et on ne peut tabler sur ces données pour préciser l’époque à laquelle l’homme vacciné est à 1 abri d une atteinte pesteuse. C’est ainsi qu’Haffkine, se basant exclusivement sur les statistiques établies sur l'emploi de son vaccin aux Indes, affirme que l’immunité est acquise chez l’homme dès que la réaction thermique est terminée et que la température est revenue à la normale, c’est-à-dire après trente-six heures. Pendant ce court espace de temps, la peste peut se manifester : dans ce cas, il est. vrai, le vaccin li a aucune action préventive, mais il est loin d’avoir une influence aggravante dans l’évolution de la maladie. Bien des cas semblables se sont produits au cours des vaccinations haffkiniennes, et la plupart des malades ont guéri.