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RÉSULTATS DE LA VACCINATION CHEZ L’HOMME

Pendant combien de temps l’immunité vaccinale peut-elle persister? Chez les animaux, ayant subi une seule inoculation, on peut évaluer à plusieurs mois la durée de l’immunité. Chez l’homme, d’après Haffkine, l’action vaccinale serait encore effective pendant plusieurs années. Cependant les inoculations, pour donner une garantie plus certaine, devraient être renouvelées tous les six mois dans les pays où sévit la peste à bubons provoquée par la simple piqûre de puces infectées. 11 en est tout autrement dans les épidémies de pneumonie pesteuse où la contagion ne se fait plus par l’intermédiaire d’un insecte, mais d’homme à homme, par infection directe des voies aériennes. Dans l’épidémie de Mandchourie, le vaccin antipesteux n’a pas donné les résultats qu on en attendait, parce que les vaccinations n’avaient pas été suffisamment répétées pour immuniser solidement les personnes exposées à la contagion. Dans ces conditions, c’est à six inoculations et plus, renouvelées à quelques jours d’intervalle, qu’il faut recourir pour vacciner contre cette redoutable forme de la peste, en ayant soin aussi d éviter tout voisinage suspect durant la phase négative de quelques jours, pendant laquelle on se trouve en état de moindre résistance vis-à-vis de l’infection pulmonaire. Malgré cette vaccination, on ne saurait trop recommander aux personnes qui approchent les pneumoniques de porter un masque et des lunettes, préservant ainsi non seulement le nez et la bouche, mais les yeux qui sont, plus souvent qu’on ne le pense, la porte d’entrée du virus. On sait, en effet, qu’il suffit de laisser tomber une gouttelette de culture de peste sur la conjonctive d’un cobaye ou d'une souris pour produire une septicémie mortelle.

QuanL à l’abaissement du taux de la morbidité et de la mortalité,

après l’emploi de la vaccination antipesteuse, on ne saurait mieux

faire que de s’en rapporter aux nombreuses statistiques établies par

les autorités anglaises après la pratique de la lymphe d’Hafl'kine (1).

Ces chiffres ont été recueillis avec une minutieuse précision, et

certaines inoculations ont été faites avec toute la rigueur d’une , % expérience de laboratoire.

On peut citer, parexemple, les premières vaccinations pratiquées en janvier 1897, dans la prison de Byculla, à Bombay, où une épidémie de peste avait éclaté. 147 détenus furent inoculés, alors que 172 prisonniers furent conservés comme témoins. Le bilan des cas qui se produisirent fut le suivant : il y eut 12 cas dont fi morts parmi les non-inoculés ; chez les vaccinés, on ne constata que 2 cas qui ont d’ailleurs guéri.

(1) Bakkeruan, Statislics of inoculations with IlalFkine’s antiplague vaccine (1897-1900), Bombay.

Résultats obtenus chez l’homme avec le vaccin Haffkine.

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