F. — MÉCANISME DE LA RÉSISTANCE AUX RÉINFECTIONS TUBERCULEUSES
En réalité, toutes les méthodes de vaccination étudiées jusqu'à présent, soit sur les animaux de laboratoire, soit sur les bovidés dans les élevages, arrivent au même résultat : elles ne réussissent
(I) Ann. de l'Inst. Pasteur, sept. 1011.
RÉSISTANCE AUX RÉINFECTIONS TUBERCULEUSES.
pas à guérir les animaux déjà contaminés. Elles ne réussissent pas davantage aies rendre réfractaires à l’infection bacillaire, c est-àdire inaptes à héberger le bacille tuberculeux. Mais quelques-unes d’entre elles peuvent, soit favoriser la transformation dune tuberculose grave en une maladie chronique à évolution lente, soit conférer à l’organisme encore indemne ou déjà infecté une aptitude particulière à empêcher les bacilles tuberculeux de vivre en symbiose avec les cellules lymphatiques, donc de créer des lésions tollicuculaires. Tant que cette aptitude persiste, les bacilles restent latents ou sont éliminés peu à peu, comme des corps étrangers inotfensifs, par les voies d’excrétion normale des déchets cellulaires (bile el intestin).
Il ne s’agit donc point là d’une véritable immunité, car il n’y a ni résorption intégrale du virus, ni formation de substances bactéricides antitoxiques dans les humeurs du sujet vacciné; mais il n’est pas douteux que les inoculations vaccinales déterminent un état particulier de résistance vis-à-vis des bacilles tuberculeux qui ont déjà crée des foyers de vie symbiotique avec les cellules des différents organes, c’est-à-dire des tubercules, et qu’elles provoquent une intolérance manifeste vis-à-vis des bacilles tuberculeux de réinfeclions.
Ce phénomène d’intolérance que Robert Koch avait observé chez les cobayes, lors de ses premiers travaux sur la tuberculose, et qui est bien connu des bactériologistes sous la domination de phénomène de Koch, existe chez tous les sujets, hommes ou animaux, qui ont éprouvé une première inoculation ou une infection de faible intensité. Il est très facile de le reproduire expérimentalement chez les grands animaux, et les expériences de S. Arloing, de Roemer et Joseph, de J. Courmont et Lcsieur, de Calmette et C. Guérin, de F. Arloing et A. Dufour, de G. Finzi, ont surabondamment démontré que les réinoculations de bacilles, effectuées par les voies cutanée, sous-culanée, intraveineuse, ou que les réinfections par les voies digestives chez les animaux déjà infectés de tuberculose, ne réussissent point à créer de nouvelles lésions évolutives, mais provoquent au conti-aire des réactions plus ou moins violentes, allant jusqu’à la formation très rapide d’abcès, ou tendant à l’élimination par l’intestin des bacilles de réinfection, sans que pourtant les désordres déjà produits dans l’organisme des mêmes sujets par l'infection préexistante soient favorablement influencés.
11 est aisé de comprendre pourquoi ces lésions, témoins de l’infection primitive, ne participent pas au même processus d’intolérance et d’expulsion : c’esl qu’ejles sont constituées, non plus par des