TUBERCULOSE
bacilles passivement véhiculés par des leucocytes, mais bien par des cellules spéciales, cellules tuberculeuses, dans lesquelles le bacille s’est installé en état de vie symbiotique, comme un parasite actit. Les effets uliles d’une vaccination subséquente ne peuvent donc s exercer que sur les bacilles libres, issus de ces lésions tuberculeuses et déversés dans la circulation lymphatique ou sanguine ou apportés de l’extérieur.
Ces vues sont pleinement justifiées par les faits expérimentaux et par les faits cliniques observés en médecine humaine. Elles le sont également par les résultats de quelques tentatives hardies telleque celles de F. Klemperer, qui n’a pas craint de traiter des malade? tuberculeux par des injections successives d’émulsions de bacille? vivants d’origine bovine. A la suite de ce traitement, dont le seul inconvénient fut de produire des abcès de plus en plus volumineux au point d’inoculation, accompagnés de fièvre, l’état des malade? s’était, paraît-il, manifestement amélioré (1 ).
L emploi préventif des vaccins microbiens chez les animaux indemnes de tuberculose n’a donc pas d'autre résultat que de placer ces derniers dans les mêmes conditions que celles présentées vis-àvis des réinfections par des sujets déjà tuberculeux. Le seul bénéfice - assurément non négligeable — qu’il leur procure est de les préserver sûrement des formes de tuberculose aiguë et de les mettre à l’abri de toute infection grave, — (celle-ci fut-elle même provoquée par 1 inoculation intraveineuse de bacilles virulents d’épreuve) pendant un laps de temps dont il est impossible de préciser la duiée, mais qui n est jamais inférieur à une année chez les veaux, et qui semble devoir être beaucoup plus long suivant la qualité et la quantité de « bacilles-vaccins » choisis.
C’est déjà un résultat économique très intéressant pour les éleveurs et, lorsqu'il sera possible de mettre à la disposition de ce? derniers un procédé de vaccination qui, présentant toutes les garanties d efficacité désirables, soit exempt de dangers, il n'est pa? douteux que la richesse publique retirera un grand profit de son adoption.
Il est légitime de se demander s'il n'y aurait pas un réel avantage social à procurer aux êtres humains, dès leur plus tendre enfance, cet étal de résistance a l’infection tuberculeuse aiguë que nous savons déjà réaliser et qui, pour n ôtre pas une véritable immunité antituberculeuse, constitue cependant un moyen de défense précieux contre un mal qui enlève prématurément un cinquième de l’humanité.
(I) F. Ki.f.mi'krrk, Zcits. f. Med., 1905, p. 241,
LES TUBERCULINES.
U semble qu’on atteindrait ce but en choisissant une race de bacilles tuberculeux convenablement atténués, inaptes à former des lésions folliculaires, et en les introduisant dans l’organisme des nourrissons par la voie digestive, à cette époque de la vie où, grâce à l’extrême perméabilité de l’intestin, se réalise en silence l’immunité naturelle contre beaucoup de microbes, futurs hôtes normaux du tube digestif.
En attendant que nous soyons en mesure d’envisager comme possible la réalisation d'un (cl progrès, tournons du moins nos efforts vers l’emploi judicieux des diverses substances sécrétées par le bacille de la tuberculose dans les milieux de culture artificiels, ou extraites des corps des microbes eux-mêmes, et que nous réunissons ici sous la dénomination de tuberculin.es.