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E. SACQUÉ PEE. — VACCINATION ANTIVARIOLIQUE

lion <| 11 i les entoure, leur auréole très accusée, ele. Tournier) 1 .

A la Motte-aux-Rois, il y eul 2 cas de contagion à des personne^ non vaccinées (pustules d'ectliyma, ulcération de la paupière) et quelques éruptions érytnémateuses ou papuleuses. Mais ces deux caractères, contagiosité et apparition d’éruption secondaire, furent beaucoup plus marqués dans d’autres épidémies, généralement rapportées à l'impétigo contagieux. Telles sont les épidémies de l’ile de Rügen (2), de Strasbourg 3), et celle consécutive à l’emploi du vaccin d’Elberfeld (4). Dans ce dernier épisode, on vit survenir à Ansberg des suppurations prolongées; à Elberfeld, des ulcérations avec adénite; à Crangen, des ampoules, et plus tard du onzième au quinzième jour) une éruption impéligineuse généralisée, très contagieuse pour l’entourage. 11 y eul 4 décès, dont 3 chez des sujets vaccinés; 3 fois la mort fut subite. Avec moins de gravité, les accidents furent identiques à l’île de Rügen et à Strasbourg.

La cause de ces mécomptes est inconnue; il est évident qu'il faut incriminer une contamination accidentelle du vaccin.

Parfois on a vu survenir l'érysipèle, des phlegmon s, des épidémiede septico-pyohémie (épidémies de Grabnich, de San Quirico d’Orria. d’Asprières). Dans ces différents cas, le vaccin était mal conservé, parfois putréfié, ou bien il avait été prélevé sur des enfants malade-. De tels accidents, au moins sous forme épidémique, ne sont plus à craindre aujourd’hui.

Parmi les maladies spécifiques, on a signalé la possibilité de transmettre la lèpre, la tuberculose, la syphilis. Pour la lèpre, on ne possède jusqu’ici qu’une seule observation de transmission d'homme à homme, due à Gairdner (3). Quant à la tuberculose, aucune preuve clinique ou expérimentale ne démontre qu’elle puisse être inoculée avec le virus vaccinal prélevé sur l’homme ; les essais expérimentaux de Josserand (0), Straus (7), Lolhar Meyer (S) sont restés complètement négatifs. Néanmoins, c’est là un danger toujours à éviter, et dont la vaccination animale nous met heureusement à I abri.

De beaucoup les plus retentissants ont été les accidents syphilitiques, dont l’histoire a été magistralement établie partournier 9 .

Syphilis vaccinale. — Longtemps niée au nom des principes

(1) Fournier, La syphilis vaccinale. Paris. 1S80.

(2) Verœlfent. des Kaiser). Uesundheitsamlcs, 1885.

(3) Goi.dschmidt, Pyodermies vaccinales contagieuses (Itcvuc d hygiène, 1003).

(4) Veroeflent. des Kaiser!. Gesundheitsamtes, iSSS.

(5) Gairdner, A remarquable ex|ericncc coneerning leprosy i flritish med. Journal. 18s.

(fi) Josserand, Thèse de Lyon, 1 SS t.

(7) Straus, Société incd. des hôpitaux, 1885.

(8) Lot. Meyer, Eultnburgs Vierteljahresb. f. g. Medie., 1892.

(9) Fournier, toc. cil.

SYPHILIS VACCINALE.

(Rousquet), son existence fut nettement démontrée à la suite de £5& malheureuses praliquées à

Dpirml etc ) Depuis, d'autres épisodes de meme ordie ont et Signales plusieurs fols. Ils seul rares d'ailleurs, au loWqod^w centaines de cas sur des millions de vaccinations, " alsJs “"‘ toujours graves, ils sont surtout évitables. Leur gravite est toute d’emprunt, due à ce qu’ils sont méconnus, à ce que les victimes son jeunes et souvent misérables, etc. : ainsi s’expliquent les dix morts de Crémone (Cerioli), les sept morts de Rivalta, etc.

Ces accidents sont évitables, en raison meme de leur cause. I ai lois ils sont dus à ce que le même instrument a successivement vaccine un sujet syphilitique, puis un sujet sain : ce dernier prend la syphilis ( Lorain, Üry, etc.). D’ordinaire, le vaccin a été prélevé sur un sujet humain syphilitique ; et comme ce vaccin humain, en raison meme de sa rareté, sert généralement à inoculer des « fournées » d enfants, le nombre des victimes est généralement éleve. Il 1 est d autant p us qu’on ne se méfie point, et que d’habitude les victimes son des niants: car ceux-ci, à leur tour, peuvent infecter « par ricochet » leur entourage (nourrice, parents) dans les contacts journaliers; ils peuvent être utilisés comme vaccinifères, et transmettre adauties personnes à la fois la vaccine et la syphilis qu’ils ont reçues. Nu exemple de celte « cascade de contaminations » n’est plus instructif et plus dramatique quelescas de Rivalta (Pacchiotti) et de Torre de Rusi (Adelasio). A Rivalta, en 1861, le vaccin d’un enfant, reconnu plus tard syphilitique, sert à inoculer 46 enfants (première sérié); dix jours après, le vaccin de l’un d’entre eux est inoculé à 17 autres enfants (deuxième série) ; 39 enfants dans la première sérié, 7 dans la seconde contractent la syphilis vaccinale. A Torre de Busi, en 1862, 6 enfants sont inoculés avec le même vaccin ; 5 contractent la syphilis; les 5 victimes contaminent ensuite leur entourage : nourrices, mères, frères, sœurs, etc. ; des mères contaminent leurs maris . au total, 18 infeelions par ricochets.

11 est inutile de multiplier ces exemples : ils sont calqués les uns sur les aulres. Ils montrent que la syphilis vaccinale vient de la syphilis du vaccinifère (sauf le cas exceptionnel de transmission par une lancette malpropre). Ce vaccinifère est presque toujours un enfant atteint de syphilis héréditaire, méconnue ou latente ; ou bien un entant chez qui évolue une syphilis vaccinale, « en incubation » dans la pustule vaccinale, à la suite d une inoculation antérieure. La prophylaxie sedéduit d’elle-môme : il faut substituer à la vaccination interhumaine le vaccin animal.

Au point de vue clinique, trois alternatives sont possibles : 1° la

!•:. SACQUÉPÉh'.

VA CCIN AT I O N A NTI V A HIOLIQ U p; .

vaccine échoue : après vingt joursou plus apparaîl le chancre vaccinal, chancre syphilitique typique, accompagné de son adénopathie caractéristique ; 2" la vaccine prend ; elle a terminé son évolution, quand apparaît a son tour le chancre vaccinal ; 3» la vaccine évolue normalement d'abord, mais la croûte ne tombe pas; c’est souscett* croûte que se développe le chancre. Plus lard, la syphilis évolue comme « ordinaire, et, à part son origine et sa gravité d'emprunt, rien ne la ditlerencie de la syphilis commune.

II ne faudrait pas croire pourtant que toute syphilis apparaissant apres la vaccine est nécessairement d’origine vaccinale. Il faut se méfier des syphilis « pseudo-vaccinales », nullement rares chez 1 enfant. La vaccine a évolué, régulièrement ou non, sans chancre vaccinal; après quelque temps, apparaissent des manifestations syphilitiques. L’absence de chancre initial, le début par des accidents généraux, 1 existence possible des stigmates habituels permettront de reconnaître qu il s agit de syphilis héréditaire, non de svphilis vaccinale.

En définitive, les complications delà vaccine sont rares; la plupart d entre elles — les plus graves surtout — appartiennent à lhistoire, et il n y à plus lieu de les redouter dans l’avenir. Elles ne sauraient être mises en balance avec les bienfaits prouvés de la vaccine ; ces bienfaits se résument dans l’immunité antivariolique, corollaire elle-même de 1 immunité vaccinale.

Immunité et Réceptivité vaccinales. — L’immunité vaccinale, c’est-à-dire l’inaptitude d’un organisme animal à contracter la vaccine, est le point culminant de lhistoire de la vaccine; car elle comporte comme corollaire l’immunité antivariolique. Cette immunité vaccinale est généralement acquise à la suite de la vaccination: pai fois cependant elle est consécutive à une atteinte antérieure de variole. 1res rarement elle est « naturelle », indépendante de toute atteinte de vaccine et de variole. De même qu autrefois on trouvait exceptionnellement des sujets réfractaires à la variole, de même un nombre infime de personnes sont réfractaires au vaccin; mais la plupart des sujets récalcitrants ne résistent pas à une deuxième vaccination bien faite. Il reste néanmoins quelques réfractaires,

1 p. 100 suivant d’Espine, 1 p. 9000 suivant Sealon, chez qui on ne peut faire prendre le vaccin, même en ayant soin « d'affamer les vaisseaux absorbants » par la diète et la saignée (Bousquet): faculté aussi impénétrable pour la vaccine qu’elle l’est pour les autres maladies. D’après Spurgin et Marshall, les sujets réfractaires à la vaccine seraient également réfractaires à la variole.

Peut-être une partie de ces faits s’expliquent-ils par Vhcrdditc ;

IMMUNITÉ BT RÉCEPTIVITÉ VACCINALES.

vaccinée à la Un de la grossesse, 51 sur 53 (Behm) et 4* su. bO (Du l.inuet) prennent le vaccin le plus légitime. De meme la variole c I a'mt-e idsse le fœtus sensible à la vaccine, à moins que cette dernière ne se trouve à la période de dessiccation ou de cicatrisatio au moment de la naissance ; encore, dans ce cas, l^muniteest-eUe rare (Auché et Delmas) et, suivant Lop, disparait-elle apic. - . .

Pour 1 iTm m e a se majorité des sujets, l’immunité est soit

par une vaccination antérieure, soit au prix d une atteinte de variole. Un sujet vacciné ou variolé se trouve être réfractaire a la

variole et à la vaccine. . . •, p

Mais celte immunité n’est pas indélime, au moins qu’elle soit permanente. Chez la plupart des sujets, apres une pieuHèie vaixinalion, suivie .le quelques années d'immun.» ,o | ™ réapparaître l'aptitude à contracter la variole, comme aussi api à prendre à nouveau le vaccin (v'cupéravUê vaccinale). L immunité vaccinale n’a donc qu’une durée limitée: sur ce Poin ’1^ monde est d’accord. Par contre, les opinions diiïèrent davantagi quand il s’agit de préciser cette, durée. En moyenne, dans nos pay , et dans le jeune âge, elle persiste sept à dix ans, mais ce n es qu’une moyenne, sujette à des variations individuelles forletendi.es . chez certaines personnes, une seule vaccination maintient 1 immunité indéliniment ; chez d’autres, on voit la vaccine prendre peu c e temps après une première vaccination positive (de douze mois a cinq ans, d'après II. Roger). Ce sont des exceptions, qui n’inhrmentpas les données de l’observation séculaire. En dehors de ces variations individuelles, d’autres causes peuvent intervenir: ainsi il est admis que la vaccination protège l’adulte beaucoup plus longtemps quel e ne protège l’enfant, fait qu’on explique par la rénovation incessan e et rapide des tissus chez ce dernier. Elle protège moins longtemps dans les pays chauds que dans nos climats tempérés; les observations à l’appui abondent, et sont suffisamment démonstratives pour (iue l’Académie ait demandé la revaccination tous les trois, quatre ou cinq ans en Algérie, alors qu’elle se fait tous les dix ans seulement dans la métropole. Peut-être aussi celte immunité est-elle pluschancelante en temps d’épidémie (Teissier), l’organisme devenant alors

(1) Behm. Zcilsch. f. Geburl. und ( iynaekologic , vol. III. — Dubiqcet, Thèse Lille, 18')0. — Alxué et Deumas, Archives cliniques de Bordeaux, l*üi. — Loi», Gaz. des i<>pi a lur)

(il)

h. SACQUÉPÊE. — VACCINATION ANTIVARIOLIQUE

•il ? 1 nCCT’ U mÔmC ''l,e 10 " 8*nto épidémique , I, . 1 lu> '[ulnérRbI° il lu varioie. En tout cm, dans nos pays .1 h

tula.n < | 11 mie partie (15 à 25 100, Saint-Yves Méninl de-

niants vaccines dans l’enfance sont à nouveau susceptibles de contracter la vaccin? pcndanila période scolaire, de huit à treize ans plus tard, lors du service militaire, le nombre des succès s'accroît ^ngulicrement, atteignant 50 à 00 p. 100. Rien ne démontre mieux

vaccin e? " ™CC,nale/ le ,elou>- de l’aptitude à contracter le

11 cl aussi la variole ; et, comme corollaire, rien ne démontre

mieux non plus la nécessité des revaccinalions

k réCUpéravité vaccinale ^PParait pas seulement à la bUitc de la vaccine, car cette dernière ne fait que suivre en cela

exemple de la variole. On aurait pu croire que cette dernière maladie generale grave, immunisait d’aulanl mieux qu’elle est plu-

anciens x “'T ^ T J h 'ario,e récidiver, et de même I? anciens varioleux sont parfaitement aptes à contracter la vaccine

V n a,nC!.e‘1S vanoIes- Ies vaccinations à l’armée donnent 44 p. 100

(' fai'd)’ f P; 100 (Mo»tor) de succès. Chez eux aussi, les revacrinations sont necessaires.

La vaccine n’immunise pas pour toujours; elle n’immunise pas n plus tout de suite. Entre le moment où le sujet est inoculé et le moment ou le même sujet se trouve être réfractaire a la variole et a la vaccine, il s’écoule un certain temps. Ce temps d’attente a ete net ement précisé par une série d’expériences précises, élégantes souvent répétées depuis les premiers essais de Mongenot. On vaccine un certain nombre de sujets; vingt-quatre heures après, on inocule la variole a 1 un d’eux ; quarante-huit heures après, on variolise un second ; trois jours après, un troisième, et ainsi de suite. La variole <'\o ue, comme la vaccine, chez les sujets inoculés pendant les quatre premiers jours ; elle avorte en partie (absence d éruption secondaire et d’accidents généraux), si l’inoculation variolique est laite cinq jours ou plus après l’inoculation vaccinale. Elle avorte complètement quand la variole est inoculée onze jours après la vaccine (Mongenot, Sacco). C’est donc au onzième jour plein qu’est acquise l’immunité variolique Dans la pratique, il ne faut pas oublier que ces expériences indiquent le moment où la variole devient incapable de contaminer l’organisme vacciné, et non le moment où elle ne peut plus se déclarer; entre la contamination et 1 invasion, il faut compter l’incubation, c’est-à-dire en moyenne dix a treize jours. C’est donc seulement vingt et un à vingt-quatre jours apres 1 inoculation vaccinale que le sujet sera mis à l'abri de 1 apparition de la variole.

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