ANOMALIES
élevée ; le malade anxieux etabaltu peut èlreen proie à des accidents méningitiques, à des accès de suffocation, etc. Dans quelques cas même, la mort est survenue (obs. de Longet, Lacour, Gaucher, etc.). Bénigne ou grave, la fièvre éruptive vaccinale succède généralement à l’inoculation d’un virus vigoureux, comme le horse-pox Bouley) ou le cow-pox, sans doute aussi le variolo-vaccin ; elle est exceptionnelle à la suite de la vaccinalion de bras à bras (obs. de Dardignac).
Chose curieuse, cette éruption survient éventuellement après l’ingestion de virus vaccinal : il en fut ainsi chez des enfants dont un avait ingéré des croûtes vaccinales pulvérisées (Cazalas), dont d’autres avaient sucé leurs propres pustules (Étienne, Richard), ou celles d’un autre enfant (Richard). Expérimentalement, on reproduit la vaccine généralisée chez le cheval ^Chauveau).
Au point de vue clinique, la fièvre éruptive vaccinale est à distinguer de la variole; les pustules sont identiques, et « les plus malins s’y trompent », dit Bousquet. On se souviendra que dans la variole les phénomènes généraux sont très marqués (rachialgie, etc.), qu’ils surviennent avant l’éruption (non en même lempsque celle-ci), que l’éruption des muqueuses (pharynx, etc.) est la règle, alors qu’elle manque dans la vaccine. Cette dernière enfin n’est pas contagieuse, et les pustules surnuméraires ne laissent pas de cicatrice, contrairement à ce qui se passe dans la variole.
Le diagnostic doit être fait aussi avec la vaccine généralisée par autoinoculation. Celle-ci aété maintes fois reproduite expérimentalement (Trousseau, etc.), et son mécanisme est facile à saisir : le virus est transporté des points d’inoculation à d’autres poinls du corps, par les doigts, les vêtements du malade, ou par simple contact, ou encore par d’autres personnes. Ces pustules surnuméraires sont donc variables d’aspect, les unes précoces et vigoureuses, d’autres tardives et rabougries, suivant que l’inoculation secondaire s’est faite plus ou moins longtemps après la vaccination initiale ; elles siègent sur les parties du corps accessibles au grattage, en particulier sur les doigts (véhicule habituel de la contagion) et sur les parties découvertes face, mains), surlout quandees dernières sont atteintes d affections qui dénudent l’épiderme (eczéma, impétigo, dartres, etc.). Cette éruption polymorphe s’arrête bientôt, par suite de l’immunité conférée parles pustules initiales. S’il existe quelque part de larges placards dénudés, les pustules y sonL plus abondantes ( pullulation vaccinale par auto-inoculation) ; d’après Dauchez (1), au niveau du
(I) Dm:. III/, Thiso (le Paris, 18tS3.
E. SACQUÊPÊE. — VACCINATION ANTIVARIOLIQUE.
périnée, elles peuvent parfois simuler (les plaques muqueuses ulcérées (I).
Dans une curieuse observation de Danziger(2;, une lillette vaccinée transmit la vaccine à sa mère, à sa grand’mère et à son frère : chez ce dernier, la vaccine se généralisa, et le frère, à son tour, transmit l’infection à d’autres enfants, tous atteints de maladies cutanées. Ce vaccin semblait donc particulièrement virulent.
Complications. — Elles sont heureusement rares. De tout temp~, depuis Jenner, on a constaté l’existence d 'éruptions vaccinales. manifestement liées à l’évolution du vaccin. Elles apparaissent presque toujours du neuvième au onzième jour (Hervieux), parfois au troisième (Roger), et jusqu’au dix-huitième (Behrend). Leur pathogénie n’est pas élucidée, mais il paraît bien vraisemblable qu’elles sont provoquées par les substances toxiques (Trousseau ou infectieuses, spécitiques ou non, qui circulent dans l'organisme au moment de la « maturation » du vaccin. Aucune d’elles, d ailleurs, n'est susceptible de reproduire la vaccine. Elles ne s’accompagnent qu’exceptionnellement de phénomènes généraux, ne troublent en rien l’évolution du vaccin (Bousquet).
Parmi ces éruptions, les moins rares sont les rask vaccinmu . analogues à ceux de la variole. Parfois simplement érythémateux , reproduisant ailleurs l’urticaire (ras h » rlié ) ou le purpura Bergeron . le rash va cinal présente plus volontiers l’aspect d'une roséole morbilliforme (Longet), exceptionnellement scarlatiniforme (Widal . Débutant autour ou à distance des pustules vaccinales, ces diverses érupLions disparaissent au bout de deux à cinq jours, sans laisser de traces, après avoir souvent envahi toute la surface du corps. Behrend, Widal ont décri L un érythème exsudatif qui parait se rapprocher singulièrement de l'érythème polymorphe ; (.ourlellemont signale l'érythème noueux.
La miliaire vaccinale et le pemphigus vaccinal sont aussi bénins que les précédents. Us présentent les caractères connus de la miliaire (sudamina) ou du pemphigus. L un et l’au Ire apparaissent d habitude vers le huitième jour ou un peu plus lard; ils peuvent évoluer par poussées successives. Le pemphigus ne s observe guère que chez les enfants en état d’athrepsie (Iiébra, etc. h
(1) Oïl diicril gihitSràlement, à la suite de Slocquart ( Journ ■ ries Se. tniri. et net., Bruxdles, 1882). une troisième forme de vaccine généralisée dite par migration . on \ acci ne au bras, et l'éruption manque au bras, alors qu elle apparaît « u importe où w. En réalité, dans l’observa lit u de Slocquart. le su et ayant été vacciné au bras, présenta une pustule h Pavant bras : il peut fort bien s’agir simplement duuto-inocul&tion effectuée au moment même de la vaccination. La vaccine par migration existe peut-être, mais elle attend encore sa preuve.
(2) Dmvzicer, München, inertie. ïVochcnschr ., 0 août 1907-
PYODERMIES VACCINALES.
C'est également à une prédisposition antérieure <|u’il faut attribuer le psoriasis vcrcintï/ (Rioblanc), et surtout 1 eczéma vaccina l, moins exceptionnel. Cet eczéma débute autour des boutons, peut envahir tout le corps; il disparaît d’ordinaire fort vite, mais il peut aussi donner lieu à des poussées successives interminables. Les eczémateux peuvent souffrir du vaccin, au même titre qu’ils sont fort susceptibles à l’égard de tant d’influences diverses.
Beaucoup plus graves que les précédentes sont les complications de nature infectieuse. 11 s’agit manifestement ici de complications liées à une altération du vaccin, que cette altération vienne d’une contamination accidentelle au cours des manipulations, dune conservation défectueuse ou d’une maladie de sujet vaccinifère.
C’est probablement dans ce groupe qu’il faut ranger la vaccine rouge et la vaccine hémorragique. La première, signalée dès 1892 (Oanvé et Larue) parmi les sujets vaccinés avec le vaccin d’une môme provenance, est ainsi appelée parce qu’avec ou après la pustule vaccinale, souvent mal venue, on voit évoluer une éruption particulière, bulle ou pustule, de coloration rouge (rouge vif, rosée, lie de vin), sans auréole ; elle est inoculable d’homme à homme (Goumy et Cozelte), mais non à la génisse, et ne donne pas l’immunité vaccinale. Sa cause est restée inconnue ; elle accompagnait une atténuation marquée de la pulpe vaccinale.
Quant à la vaccine hémorragique, elle est rare : la pustule devient hémorragique, en même temps qu’apparaissent en divers points du corps des pétéchies ou des ecchymoses ; en même temps, il y a de l’hématurie, desépistaxis et des phénomènes généraux graves (Gregory). Dans un cas de Burlureaux, cette vaccine hémorragique fut mortelle.
Particulièrement sévères se sont montrées \espyodermies vaccinales contagieuses, heureusement exceptionnelles. Leur forme la plussimpleest la vwcinc ulcéreuse, signalée dans l’épidémie de la Motteaux Bois(i). Chez presque tous les enfants vaccinés, on constata vers le huitième jour,surles scarifications, des ulcérations mesurant l/2à 2 centimètres, à fond empâté, à bords indurés, plus ou moins douloureuses, accompagnées de tuméfaction inflammatoire étendue, d’adénite axillaire et de phénomènes généraux. On pourrait croire à un chancre syphilitique vaccinal, d’autant plus que le vaccin avait été emprunté à un enfant; mais ces ulcérations diffèrent du chancre syphilitique par leur apparition précoce, la nature ulcéreuse et suppurative des lésions, leur multiplicité, l’inflamma-
(I) Heuvif.ux, Vidai., Bull. Acad, médecine, 1 S 0 8 .