‹ Médicaments microbiensChapitre 32 sur 216 · LAVAGE ET CAUTÉRISATION DES PLAIES · texte numérisé non relu

LAVAGE ET CAUTÉRISATION DES PLAIES

Fréquemment, par contre, on observe une plaie qui peut même être large, profonde et saigner beaucoup. Mais elle a ele ai e pai dessus une robe et un jupon, par-dessus un pantalon et un caleçon par-dessus une veste et une chemise et l’un au moins de ces deux vêtements, souvent l’un et l’autre n’ont pas subi la moindre solution de continuité. Il est évident qu’alors il n’y a morsure qu au sens vulgaire que le public attache à ce terme. U s’agit en reaille d’une plaie par ratissage, produite par le tiraillement des dents de l’animal sur les vêtements de la victime, et celle-ci ne court aucun danger. Les caractères de la plaie corroborent souvent le renseignement fourni par l’intégrité des habits. Au lieu des deux traces de crocs qui d’ordinaire caractérisent une morsure, on trouve une plaie linéaire, le plus souvent superficielle et entourée d’une zone ecchymotique. Ces caractères sont toutefois accessoires, et c est a l’état des vêtements qu’il convient d'accorder la plus grande im-

portance. .

Cette règle que l’absence de toute solution de continuité contie-

indique le traitement antirabique ne va pas sans quelques exceptions. La morsure est faite parfois à travers un tissu lâche, celui d’un bas de fil par exemple. U n’est pas impossible à la dent pointue d’un chien ou d’un chat de passer entre les mailles de l’étoffe qui se referment ensuite. Le traitement antirabique peut être indiqué. D'autres fois, les morsures sont faites à travers une seule épaisseur d’un tissu fin : gant de fil, pantalon de toile, etc.; le tissu ne subit aucune solution de continuité, mais il est humidifié par la bave qui peu t immédiatement venir au contact de la plaie. Ici encore, le traitement sera conseillé. D’autres (ois, la morsure a lieu dans une région du corps qui, comme le poignet, est à la limite des parties nues et recouvertes par des vêtements. 11 est difficile de savoii si la morsure a été faite à nu ou à travers les habits qui n’auraient été nullement lésés. Dans le doute, on conseillera au mordu de suivre le traitement.

Lavage et cautérisation des plaies.

Lorsque le médecin s’est assuré qu il se trouve bien en présence d’une morsure et non d’une contusion ou d’une plaie par ratissage, il doit procéder au lavage des plaies et à leur cautérisation. Le lavage, dont l’action est surtout mécanique, peut se pratiquer avec une solution de sublimé ou d’un antiseptique quelconque ou tout simplement avec de l’eau propre. La cautérisation sera réalisée à l’aide du thermocautère ou, à défaut, d’un fer rouge ordinaire.

Mûdie. microbiens, 2,: édit 6

P. REMIANGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE .

Bien que les caustiques physiques soient préférables, on peut recourir aussi aux caustiques chimiques (nitrate d'argent, sulfate de cuivre, acide sulfurique, acide azotique, etc.)- Cependant, les mordus viennent bien souvent trouver le médecin une demi-heure, une heure et davantage après la morsure, et les faits démontrent que, dans ces conditions, les cautérisations même énergiques demeurent inefficaces. Il y a lieu de se demander si ce n’est pas imposer alors une souffrance inutile que de pratiquer une opération qui, dans aucun cas, ne dispense de suivre le traitement antirabique, et qui en outre amoindrit la vitalité des éléments cellulaires dont l’intervention dans la lutte contre l’infection peut avoir son utilité. Passé le terme d’une demi-heure, nous conseillons l’abstention. Celle-ci est également indiquée dans les délabrements atroces, comme ceux qui résultent de certaines morsures de loups. Dans ces cas, la cautérisation, extrêmement douloureuse, est forcément incomplète. On se contentera de lavages abondanls. Les plaies aseptisées et cautérisées sont recouvertes d’un pansement occlusif. Un pansement sec, simplement destiné à protéger la plaie contre les poussières de l'air et le frottement des habits, suffit dans la grande majorité des cas. Il n’y a rien là du resté qui soit spécial à la rage et nous n’insistons pas. Dans les cas exceptionnels, quelques points de suture pourront être pratiqués. Ce serait une faute lourde que de faire subir à un mordu une autoplastie en règle, retardant ainsi de quinze jours — comme nous l’avons vu une fois — son envoi à l’Institut antirabique.

Nous mentionnerons, à titre de simple indication, que si. par extraordinaire le médecin disposait, au moment où il est consulté pour une morsure, du sérum antirabique dont nous parlons plus loin à propos de la vaccination des herbivores, il pourrait en pratiquer des injections interstitielles autour de la plaie. Celle-ci pourrait également — à l’instar de ce qui se fait pour le tétanos — êlre saupoudrée de sérum antirabique desséché. Sérum liquide et sérum sec jouissent de la propriété de neutraliser in vitro le virus rabique; leur emploi local, avant que le virus n’ait été absorbé par les cordons nerveux, ne peut qu’être recommandé.

Conduite à tenir vis-a-vis des personnes léchées ou griffées.

Il arrive que le médecin soit consulté, non pas pour une morsure mais pour des plaies accidentelles que de la bave aura contaminées ou aura pu contaminer, pour des écorchures qu un chien enragé ou suspect aura léchées. Le danger est le même que pour les morsures.

Page 1