EXAMEN DE L'ANIMAL MORDEUR
peuvent reconnaître parce que dans la ville ou le village il \ a beaucoup de chiens semblables (ce cas se présente très irequemmenl en Orient). Dans tous ces cas ou dans presque tous ces cas, e médecin conseillera les inoculations. 11 n’y a d’exception que si le mordu a provoqué l’animal en le menaçant avec un bâton, en marchant sur lui, etc... Encore si une personne a été mordue par un chien sur lequel elle a marché, est-il indispensable de lui demander si le chien s’est levé ensuite et s’est sauvé ou bien si, paralysé, 1 est demeuré immobile au même endroit. 11 faut toujours envisager en effet la possibilité, soit d’une rage paralytique d’emblée, soit de phénomènes paralytiques terminaux au cours d’une rage furieuse
classique.
L’animal est vivant.
11 peul se faire enfin que l’animal mordeur soit encore en vie lorsque le mordu vient consulter le médecin. Celui-ci conseillera alors la mise en observation pendant dix jours à dater de celui de la morsure. Le mieux est naturellement que l’observation soit dirigée par un vétérinaire. Il est cependant des circonstances où le médecin sera obligé de se charger lui-même de ce soin. Différents cas peuvent se présenter.
L’animal peut montrer des symptômes tels que le diagnostic de rage ne fasse aucun doute (agitation, irritabilité; tendance de l’animal à se cacher et à avaler du bois, des pierres, de la paille, etc.; hallucinations, modifications de la voix qui devient bitonale ou rauque, salivation, accès de fureur, phase terminale de paralysie). Il sera abattu et le mordu dirigé vers un Institut antirabique. L’animal peut, au contraire, ne présenter absolument aucun phénomène pathologique. Au dixième jour, il sera relâché el les mordus seront rassurés définitivement. 11 peul mourir au cours de la période d’observation. Le traitement antirabique sera conseillé. L’animal peut présenter certaines manifestations morbides et être encore en vie après les dix jours d’observation. Le cas peut présenter une réelle difficulté, car il n’est pas impossible que la rage se prolonge au delà de sa durée habituelle. Quelques jours d observation supplémentaire seront uliles; le traitement sera conseillé en cas de mort et tenu pour inutile en cas de survie. Nous ne tenons pas compte, on le voit, de la possibilité de la guérison de la rage clinique chez le chien, celle-ci constituant, nous le répétons, une rarissime exception. La conduite du praticien peut, en résumé, se schématiser de la façon suivante :
P. REMLINGEli. — VACCINATION ANTIRABIQUE.
Animal mordeur.
1° Mort moins de dix jours après la morsure.
-° Tué moins do dix jours après la morsure. / Traitement anli- 3° Disparu moins de dix jours après la morsure. ( rabique.
i° Inconnu du mordu.
5° Vivant (à mettre ] en observation pen- { danl 10 jours).
L’animal prend la/ rage. )
L’animal meurt sus- ' pect rie rage ou il suc- / combe à une all'ection \ autre que la rage.
L’animal tombe ma- < lade. Il n’est pas mort \ au dixième jour. \
Traitement antirabique.
Traitement antirabique.
Prolongation de l’observation. Traitement antirabique si l'animal meurt.
cl. L’animal est vivant ■ et bien portant après ^ dix jours.
Pas de traitement antirabique.
Mesures complémentaires à prendre par le médecin.
Lorsque le médecin a posé l’indication du traitement antirabique, il doit avertir l’intéressé de l’importance qu’il y a pour lui à suivre ce traitement au plus tôt et l’inciter à se mettre en route san^ tarder. Toutes les fois que la chose sera possible, il enlèvera sinon le cerveau tout entier, du moins le bulbe de l'animal mordeur, et il l’adressera à l’Institut dans de la glycérine (neutre et stérilisée, si faire se peut) pour la recherche des lésions microscopiques et les inoculations expérimentales qu’il est toujours indiqué de pratiquer dans les laboratoires. A défaut de glycérine, il enrobera purement et simplement le bulbe dans du sel marin où nous avons démontré que le virus conservait intacte sa virulence pendant plus de deux mois, ou encore dans du sucre en poudre (persistance de la virulence : oO jours). Enfin il agira sagement en s’informant si d'autres personnes n’ontpas été contaminées par le même animal (morsures, lèchements. coups de griffe) et en les faisant avertir du danger qu'elles courent.
Bien que ceci soit surtout du ressort des autorités municipales et des vétérinaires, il peut s’informer également si des animaux n’ont pas été contaminés. Aux termes de la loi, tout chien ou tout chat mordu, roulé ou simplement suspect d’avoir été mordu, ou roulé par un animal enragé ou suspect, doit être immédiatement abattu. Les propriétaires des animaux herbivores (chevaux, ânes, mulets, bœufs, vaches, veaux, moulons, chèvres, etc.) mordus par un animal enragé ou suspect, ont huit jours à dater de la morsure