LA RAGE
L’immunisation d’un organisme contre la rage peut etre obtenue
à l’aide d’un très grand nombre de procédés.
De même que pour la peste, le choléra, la (ièx 1 e yp 101 e, « rouget, et la plupart des maladies infectieuses, elle peut être réalisée de façon active au moyen de vaccins, dune façon passive à l’aide' ‘de sérum, et il y a lieu de décrire également une méthode mixte ou séro-vaccination.
Immunisation active.
L’immunisation active comporte elle-même de très nombreuses méthodes, les unes applicables à l’homme et aux animaux, les autres aux seuls animaux ou même à quelques espèces seulement. On immunise les herbivores en leur injectant dans la veine jugulaire une émulsion filtrée et diluée de virus rabique fixe. Le chien et le chat peuvent être immunisés par injection intrapéritonéale, le lapin par inoculation intrarectale de virus rabique fixe. L’inoculation sous-cutanée de ce même virus fixe non modifié ou à peine modifie (par un procédé tenu secret) a été appliquée à la vaccination de l’homme par Ferran. La méthode de Ferran nous conduit, par une pente insensible, à la méthode hongroise du traitement de la rage ou méthode d’tlogyes. Celle-ci consiste à inoculer sous la peau des individus mordus une dilution de virus rabique fixe, daboul lits étendue (1/10000, 1/5000), puis graduellement plus concentrée (jusqu'à 1/200 et 1/100). Un virus simplement dilué ne peut guère être considéré, en effet, comme un virus modifié ou atténué. Dan.
P. REMLJNGEJi. — VACCINATION ANTIRABIQUE.
l'immense majorité des cas, c’est au moyen de virus modifiés dans le sens d’une atténuation, d’un affaiblissement, que s'opère la vaccination active.
Le mode d’atténuation le premier en date est celui qui résulte du passage du virus par l’organisme du singe. C’est en 1884 que Pasteur lit voir que l’atténuation par le singe du virus des rues préalablement e.Valté par des passages chez le lapin permettait d’obtenir une « échelle de virulence » étendue, et que les inoculations successives sous la peau du chien de virus d’activité croissante ne déterminaient aucun accident et conféraient l’immunité.
La complexité de celte méthode était un obstacle à son utilisation. Elle ne larda pas à être remplacée par la dessiccation (Pasteur, Chamberland et Roux), utilisée aujourd’hui dans la très grande majorité des Instituts antirabiques; c'est la méthode pastorienne classique. On doit On rapprocher la vaccination à l'aide des virus atténués par la chaleur. Elle constitue la méthode roumaine Babè~, Puscariu) du traitement de la rage. On peut également vacciner à l’aide de produits, non plus alténués, mais totalement dépourvus de virulence. La mort du microbe rabique peut être obtenue au moyen d’un séjour prolongé de la substance nerveuse sur de la potasse, dans la glycérine ; au moyen d’un broyage énergique et prolongé (W. Barrait) de cette même subslance nerveuse; au moyen d'antiseptiques comme le suc gastrique artificiel, et surtout l'acide phénique. Fermi, à Sassari, vaccine contre la rage en injectant deux fois par jour, pendant vingt-cinq à trente jours, 3 centimètres cubes d'une émulsion de virus fixe à o p. 100, dans de l’eau phéniquée à 1 p. 100. Tout en tuant le virus, l'acide phénique ne diminuerait pas le pouvoir immunisant du vaccin. Ces faits ont été contestés.
Immunisation passive.
L’immunisation passive consiste, de même que pour les autres maladies infectieuses, dans l’inoculation d’anticorps spécifiques, c’est-à-dire dans l’injection sous-cutanée ou intravasculaire du sérum d’un animal, généralement le mouton, quelquefois le chien, immunisé contre la rage. L’immunisation passive contre la rage a les défauts et les qualités des autres immunisations passives. Elle est rapide, inoffensive, mais très passagère. L’immunisation active, au contraire, est durable, solide, mais elle est longue à s’établir, et nous aurons à discuter la question de savoir si, avant que cette immunité ne soit complète, l’organisme ne se trouve pas momentanément sensibilisé à l’égard du virus. On a donc eu l’idée de chercher à com-
LA MÉTHODE PASTORIENNE CLASSIQUE
biner les avantages de ces deux modes d’immunisation. C’est la sérovaccination (Marie, Remlinger), surtout utilisée pour la vaccination des animaux, mais qui paraît également susceptible de rendre des services chez l’homme. Chez celui-ci, toutefois, elle n’a pas encore été employée seule, mais elle a toujours été usitée concurremment avec d’autres procédés d’immunisation (Paris : méthode pastorienne classique; Sassari : vaccins phéniqués..., etc.). On ne peut, dans ces conditions, se faire une idée exacte de son efficacité, et il nous suffira de la signaler. Tels sont, en résumé, les principaux procédés de vaccination contre la rage. Dans la pratique, ce terme s’applique presque exclusivement à l’immunisation active au moyen de virus atténués par la dessiccation. C’est la méthode pastorienne classique que nous allons étudier en détail.