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PARALYSIES

B. Manifestations générales.

Beaucoup plus difficiles à éviter et souvent aussi beaucoup plus graves sont les phénomènes d’ordre général sur lesquels nous devons maintenant attirer l’attention. Us consistent en éruptions

surtout en paralysies. , . „Wrvpr

Éruptions. — La plus bénigne des éruptions qu on peut obse.ver

au cours du traitement antirabique est Yurticaire U est a peu près constant chez les personnes qui, dans certains Instituts, reçoivent sous la peau, conjointement avec des moelles atténuées par la chaleur ou la dessiccation, du sérum d’animal hyperimmumsé contre la rage; mais, chez des individus doués très probablement d ui idiosyncrasie particulière, il peut s’observer également, indépendamment de toute injection de sérum. Il se réduit du reste, a ^q ques placards à l’endroit où les injections ont été faites , 1 éruption n’est que faiblement prurigineuse et son apparition s accomp g d’une élévation thermique insignifiante ; tout disparaît dans 1 int

valle de deux à trois jours. . ,

L 'érythème polymorphe purpurique, l’érythème scarlatim foi n été signalés à titre tout à fait exceptionnel. Dans une observation ce dernier érythème s’est manifesté sous une forme epidemique toit grave. Quarante personnes sont vaccinées à Varsovie le novembre 1901, vingt-deux tombent malades. Elles présentent des symplèmes généraux et dans les flancs une rougeur dilTuse dont le point de départ est la petite plaie d’inoculation. Chez quatre enfants, l’éruption est généralisée et simule, à s’y méprendre, la scarlatine. Tous quatre succombèrent. Les autres se remirent peu à peu. L’Institut fut fermé, désinfecté, et les vaccinations ne furent reprises que le 20 décembre avec des moelles fraîches, envoyées de Saint- Pétersbourg. 11 n’y avait guère de doute, en effet, que ces accidents n’eussent été produits par une souillure du produit inocule.

Paralysies. - Les accidents paralytiques sont exceptionnels au cours du traitement antirabique. Nous en avons rassemblé une qua rantaine d’observations sur un total de 107 712 personnes inoculées. Ils se présentent le plus souvent sous le masque assez inquiétant de la myélite aiguë. Malgré cela, ils sont essentiellement et spontané ment curables. Sans importance, en raison de leur rareté, au point de vue de la pratique des vaccinations, ces accidents offient, pai contre, un grand intérêt scientifique, car leur pathogénie prête aux théories les plus opposées. Le tableau clinique peut se schématise! de la façon suivante : entre le huitième et le dernier jour du ti alternent ou encore pendant la semaine qui suit sa terminaison, une

P. IîEMUNGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.

personne présenté un état fébrile léger, de l'anorexie, une courbature intense, des douleurs lombaires violentes. Le lendemain, il existe de la parésie des membres inférieurs caractérisée par une sensation de faiblesse, une démarche hésitante et chancelante. Quelquefois, tout se borne lé ; après quelques jours, le malade s’améliore et sa guérison est complète au bout d’une semaine ou de deux. Plus souvent la parésie augmente rapidement et devient bientôt une paraplégie absolue. Le moindre mouvement esL impossible au malade. Les manifestations du côté de la sensibilité sont variables. On note tantôt de l’hyperesthésie cutanée avec exagération des réflexes tendineux, tantôt de l’anesthésie avec abolition. La vessie et le rectum se paralysent à leur tour, et oh observe de l’incontinence ou de la rétention des matières. Souvent les phénomènes restent localisés aux membres inférieurs et aux sphincters. Mais d’autres fois la paralysie suit nettement une marche ascendante et revêt le type classique de la maladie de Landry. On observe — précédée par une phase de douleurs lancinantes — une paralysie ou une parésie des membres supérieurs. On peut observer également une paralysie des muscles de la face et des troubles bulbaires, tels que dyspnée, tachycardie, dysphagie, etc. Après une période très inquiétante où on se demande si ces manifestations bulbaires ne vont pas amener un dénouement fatal, les symptômes s’arrêtent, puis s’améliorent. En un laps de temps qui xrarie le plus souvent entre dix et vingt jours, les phénomènes paralytiques se dissipent, la motilité revient peu à peu et la guérison est complète en quelques jours, plus rarement en quelques semaines. Les sphincters sont souvent les premiers à recouvrer leur tonicité. Ajoutons que le fait d’interrompre le traitement antirabique, de le poursuivre ou même de le renforcer à l’aide, par exemple, d’injections intraveineuses, paraît absolument sans effet sur la marche de la paralysie. A litre exceptionnel, on peut voir cette paralysie se porter non sur la moelle, mais sur les nerfs périphériques : facial, moteur oculaire commun en particulier, soit isolément, soit concurremment avec les nerfs des membres supérieur et inférieur. A titre exceptionnel aussi, ces accidents sont susceptibles de se produire en séries (Nédrigailoff et Ostrjanin).

La pathogénie de ces paralysies a donné lieu à des interprétations très différentes. On a voulu les expliquer par une association microbienne ou par une toxine étrangère à la rage ayant envahi l'organisme par la voie de la morsure ou par celle des émulsions. On a voulu y voir des manifestations hystériques; à différentes reprises, on les a considérées comme une rage paralytique d'origine canine, atténuée et guérie par les inoculations pastoriennes. Tel n’est pas

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